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La vérité du gazon

Guardiola change de tactique et décide de clasher Mourinho la veille du match contre le Real. Sauf que clasher le Special One c'est comme cracher vers le ciel, c'est inutile. Présentation.

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«  C'est laquelle la caméra de José ? démarre Pep, un brin agacé. Demain à 20h45 nous avons un match à jouer, sur ce terrain, juste à côté. Sur celui-ci, il m'a déjà battu. Je lui fais volontiers cadeau de sa Champions à lui, celle qu'il joue en dehors des terrains. Je lui souhaite de bien s'amuser avec et de l'emmener chez lui (...). Dans cette salle on sait bien que c'est lui le patron, le putain de chef. Jamais je ne lui disputerai ce titre » . Pour la première fois en 3 ans de titres, de conférence de presse à l'eau de rose et de déclarations d'amour à Andrés Iniesta, Pep a craqué. C'était hier vers 20h20, en salle de presse de Santiago-Bernabeu. Guardiola buvait une gorgée d'eau juste avant de s'asseoir et de tomber dans la gueule du loup portugais. Le Mou peut se délecter car il vient de réussir son dernier gros coup : faire dire un gros mot au gendre idéal. Nerveux le Pep ?

La phrase de trop a duré 3 minutes et Mou l'a prononcée un peu plus tôt dans la journée au centre d'entrainement du Real. Mourinho faisait mine de s'étonner de la réaction de Guardiola sur le but refusé de Pedro en finale de Coupe du Roi: « Nous sommes rentré dans une nouvelle ère. Jusqu'à présent il y avait un groupe d'entraineur, très restreint, qui ne critique jamais les arbitres. Et puis un autre groupe, auquel j'appartiens, qui commente les erreurs d'arbitrage. Avec les déclarations de Guardiola, nous entrons dans une nouvelle ère avec un nouveau groupe dont il est le seul membre : celui qui critique les décisions correctes. Je n'avais jamais vu ça » . Ces propos sont violents dans la forme (attaque ad hominem) et dans le fond pour ce qu'ils sous-tendent (faveurs arbitrales, irresponsabilité de Guardiola). Pep est humain, il a réagi. Mais Pep s'est trompé. Sur le terrain médiatique l'idiot n'est jamais celui qui attaque, mais celui qui répond. Sur ce gazon-là, l'honneur n'est jamais sauf et il n'y a que les monstres qui triomphent.

La Ligue des Champions et rien d'autre

Pep c'est le Barça. Et quand Pep est nerveux, c'est toute la Catalogne qui tremble. A la faveur d'un échauffement (le match de Liga) et d'un one shot sans grande conséquence (la finale de Copa), le Real a repris des forces avant de passer aux choses sérieuses. La Liga c'est sympa, la Coupe c'est même parfois marrant. Mais la musique de la Champions League, ça c'est du football. La preuve, en 1998. Cette année-là le Real termine quatrième de Liga. Mais le Real de Mijatovic est champion d'Europe pour la première fois depuis 32 ans. 1998 en Espagne, c'est l'année de la septima remportée à Amsterdam; « mon plus beau souvenir » rappelle Fernando Hierro qui s'y connaît pas mal en palmarès. La même année, le Barça de Van Gaal fait le doublé Coupe-Championnat mais là personne pour s'en souvenir. Comme toujours il n'y en a que pour celle aux grandes oreilles et les autres peuvent aller se rhabiller.


La victoire en Coupe du Roi a eu des vertus thérapeutiques au Real. Le fantôme de la saison blanche s'est éloigné et les madrilènes peuvent enfin rêver tout haut sans peur du ridicule. Après le carton des remplaçants à Valence (victoire 6-3), les incertitudes sont surtout d'ordre disciplinaire. Ramos, Albiol, Di Maria et Ronaldo doivent se tenir à carreaux s'ils ont l'intention de jouer le match retour au Camp Nou. Pepe bien installé dans le milieu 2.0 du Mou, il reste néanmoins une incertitude sportive. La suspension de Carvalho et les titularisations de Ramos et Albiol dans l'axe ne rassurent personne. Le premier est tactiquement analphabète et le second a déjà pris un rouge en Liga contre le Barça. Gare aux mains baladeuses. L'équipe ce sera donc le désormais célèbre 4-3-3 musclé derrière et rapide devant : Casillas/Marcelo-Albiol-Ramos-Arbeloa/Alonso-Pepe-Lass/Ozil-Ronaldo-Di Maria. Sur le bord de la pelouse, José et Pep ont rendez-vous pour la vraie finale de la Champions. Celle du gazon vert.

Thibaud Leplat, à Madrid

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