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La troisième Europe d'Antonetti

Avec Lille, Frédéric Antonetti a l’occasion de disputer une nouvelle fois une compétition européenne. Chose qu’il a déjà faite à Bastia et à Rennes il y a longtemps. En restent des souvenirs mitigés.

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Il n’a pas la réputation de jouer le haut de tableau. Par rebond, il n’a donc pas la réputation de disputer des compétitions européennes avec les équipes qu’il dirige. Et pourtant. Pourtant, l’Europe évoque des souvenirs précis à un Frédéric Antonetti bien conscient qu’il s’agit du top niveau dans le monde du ballon rond. Le palmarès de l’entraîneur ne compte d’ailleurs que deux lignes : un championnat de France de deuxième division en 2004 avec Saint-Étienne… et une coupe intertoto avec Bastia, dès 1997. De là à dire qu’il existe une histoire d’amour entre le coach et l’Europe ? La réponse est non. Au vu du prestige de l’intertoto et du peu d’expérience d’Antonetti avec l’Europe, on est loin du compte. Reste qu’il y a tout de même eu quelques épisodes hors frontières dans la carrière du Corse.

Des débuts prometteurs


La Corse, justement. C’est avec l’Île de Beauté que l’ancien joueur professionnel a très rapidement rencontré la Coupe d'Europe en tant que technicien. Propulsé à la tête de Bastia en 1994 à seulement 33 ans, Frédéric Antonetti consacre ses deux premières années à maintenir le club dans l'élite avant d’élever ses objectifs lors de la saison 1996-1997. Une des meilleures années pour le Sporting, qui termine septième et se donne le droit de participer à l'intertoto. « Fred était très jeune, et même s’il ne parlait pas de Coupe d'Europe dans le vestiaire, on savait qu’il avait l’ambition d’y accéder très vite, se rappelle Patrick Valéry, latéral de l’équipe cette année-là. Vu notre groupe, il savait qu’on allait rien lâcher.  » Car Antonetti a construit une team de gros durs – avec notamment Franck Jurietti et Cyril Rool –, et en même temps un groupe de copains : « On était très, très soudé. On était toujours ensemble, on mangeait ensemble après les matchs et on allait boire un coup… On était une bande de potes comme on n’en voit plus beaucoup. Ce qui n’empêchait pas Fred de se montrer hyper actif. Il criait tout le temps ! »

L'exploit portugais


En intertoto, Bastia ne se démonte pas. Après les éliminations d’Hrvatski Dragovoljac Zagreb et d’Hambourg, le SCB écarte Halmstads en prolongation, et offre le premier titre à son coach. Ce dernier devient le premier technicien à envoyer le club en Coupe d’Europe depuis Pierre Cahuzac en 1978. En UEFA, les hommes d’Antonetti ne s’endorment pas et dégagent le grand Benfica Lisbonne en 32e de finale grâce à un but de Pierre-Yves André (0-0, 1-0). Avant de terminer leur beau parcours par la grande porte en cédant face au Steaua Bucarest à cause de la règle du but à l’extérieur (0-1, 3-2). Une petite épopée sympa que compte bien revivre le natif de Venzolasca. En témoigne sa motivation pendant le tournoi, que Wilfried Gohel, un des joueurs de l’époque, décrit dans 20 Minutes : « Je me souviens de ses causeries quand on jouait la coupe UEFA en 1997. Ça me hérissait les poils. Et puis, il connaissait tout sur notre adversaire avant de le jouer. On savait quand il allait pisser, quand il mangeait, on savait tout. Alors quand tu sortais sur le terrain après ça, s’il y avait dix mecs en face qui m’insultaient, je pouvais aller leur taper sur la gueule. On n’avait peur de personne. C’est un grand meneur d’hommes.  »

Vidéo

Sauf que Frédéric Antonetti va attendre longtemps avant de regoûter aux joies européennes. La saison suivante, son SCB se vautre en Intertoto devant les Yougoslaves du Vojvodina Novi Sad (2-0, 0-4). La grande gueule doit attendre 2011 pour retrouver la C3. C’est avec le Stade rennais, après une sixième place difficilement obtenue. Malgré un tour préliminaire facile (victoires 2-0 et 5-2 face au Metalurgi Rustavi), l'épopée ne relève pas du grand cru. Bilan de la campagne : trois défaites, trois nuls, zéro victoire et une dernière place dans un groupe de Ligue Europa tout de même assez relevé (Atlético de Madrid, Udinese et le Celtic Glasgow).


Pas de quoi véritablement frustrer Antonetti, qui comprend bien que son équipe n’avait pas le niveau réclamé : « Malgré la déception, je pense que c'est un bel apprentissage pour nous, jeunes joueurs. On a pris conscience qu'il fallait oser plus, laisser nos complexes au vestiaire. Rien que pour cela, c'est une belle expérience. Je retiens aussi que c'est en jouant des matchs de Coupe d'Europe qu'on apprend. » Cinq ans plus tard, Fred a une nouvelle chance de se mesurer aux meilleurs et d’échapper à la tranquillité des compétitions nationales. L’entraîneur en a d’ailleurs fait une priorité : « La Ligue Europa est pour nous aussi importante que la Ligue 1. On a bataillé pour y être et on veut la jouer à fond. C'est bon pour l'expérience des joueurs et on veut vraiment bien y figurer (…) Faisons tout pour passer. » À Qäbälä, Lille devra profiter de sa petite expérience.



Par Florian Cadu Propos de PV recueillis par FC
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