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La tête dans les étoiles

La Celeste, emblème d'une paisible nation qui compte plus de bovins que d'habitants, a déjà réussi sa Coupe du monde, avant même d'affronter l'Allemagne dans la petite finale. Mais Forlan et sa bande auront à cœur de ramener le bronze dans le Rio de la Plata.

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On attendait le Brésil ou l'Argentine dans le dernier carré du Mondial. Les deux ogres sud-américains se sont arrêtés en quarts de finale, stoppés par deux formations germaniques au jeu offensif réglé comme une mécanique de précision, à l'instar d'une surprenante équipe du Paraguay, qui a cédé en fin de match contre les champions d'Europe espagnols. Mais la grande satisfaction latino-américaine de cette Coupe du monde, c'est bel et bien l'Uruguay. Championne du monde en 1930 et 1950, la Celeste n'avait plus atteint le dernier carré depuis 1970 et une demi-finale perdue à Guadalajara contre le Brésil de Pelé (3-1). Mardi, les joueurs d'Oscar Tabarez ont fait bonne figure pendant plus d'une heure, avant de céder sur un but de Sneijder qui fait encore parler du côté de l'Uruguay, à cause de la position litigieuse de Van Persie, qui fait écran sur la frappe du numéro 10 hollandais. Après la défaite, la presse uruguayenne a surtout salué le beau parcours et la ténacité de ses troupes en Afrique du Sud. Ainsi, El Observador estime que « la Celeste est tombée debout » et que si celle-ci « n'a pu atteindre la finale, elle a une nouvelle fois gagné le respect du monde entier. Les joueurs ont réussi quelque chose de jamais vu depuis quarante ans et malgré la tristesse, le temps se chargera d'immortaliser tous les Celestes qui ont défendu le maillot en Afrique du Sud en 2010 » .

L'odyssée celeste

«  L'odyssée celeste est terminée » , titrait pour sa part El Pais mercredi, après la défaite contre les Pays-Bas. «  C'est loin d'être un échec. L'Uruguay, avec la tête bien haute, a perdu contre la Hollande 3 à 2 et jouera samedi pour la troisième place » , ajoutait le principal quotidien du pays, au lendemain de la demi-finale. Les Uruguayens – qui se sont jetés sur les derniers maillots celeste en vente, désormais épuisés, tout comme les drapeaux et autres objets aux couleurs de la sélection – sont bien conscients que leur équipe a encore une dernière occasion de briller samedi, face aux vice-champions d'Europe. Ces derniers jours, les maternités du pays ont enregistré un nombre croissant de demande farfelue. Parmi les innombrables Maria Celeste et Victoria Celeste, à noter la naissance – pas encore entérinée toutefois – d'une Maria...Vuvuzela ! La Celeste, qui n'a jamais terminé troisième mais a déjà pris deux fois la quatrième place en 1954 et 1970, fera tout pour atteindre son premier podium mondial depuis soixante ans et la victoire historique au Maracana de Rio de Janeiro, face au Brésil (2-1).

Rendez-vous en 2014 ?

Quoiqu'il arrive, la sélection uruguayenne sera accueillie en grande pompe lundi à Montevideo, avec un grand défilé depuis l'aéroport jusqu'au Parlement, où elle sera reçu par le président et ex-guerillero « Pepe » Mujica et une partie de son gouvernement. Oscar Tabarez, auteur d'un admirable travail depuis son arrivée à la tête de la sélection, devrait être reconduit, selon la volonté de la fédération et des supporters charruas. « Cela ne dépend pas de moi, je ne peux pas faire acte de candidature pour continuer à la tête de la sélection » , s'est contenté de déclarer le Maestro. L'Uruguay, petit pays à l'échelle mondial mais grand pays de football, s'illustre tous les vingt ans sur la scène internationale (une victoire en 1930 et 1950, une demi-finale en 1970, un huitième en 1990 perdue contre le pays organisateur – l'Italie – et de nouveau le dernier carré cette année). Alors, rendez-vous en 2030 – peut-être en Uruguay d'ailleurs – avec une talentueuse génération charrua ? Impatients, les Uruguayens rêvent même secrètement d'un nouveau Maracanazo, dès la prochaine édition, organisée chez le voisin brésilien...

Alejandro Carbone

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