La surprise Jallet ?

Sylvain Marveaux, Charles N'Zogbia, Mathieu Valbuena, Stéphane Ruffier, voire le retour du légionnaire, Claude MC Makélélé. Et si la surprise de Domenech se nommait plutôt Christophe Jallet ? Quoi, sa chevelure ? Le titulaire se promène bien avec un bol de nouilles au safran sur la tête.

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La rumeur grandissait en Armorique. Enfin, surtout à Lorient. Deux joueurs des Merlus auraient pu prétendre aux Bleus s'ils n'évoluaient pas dans la confidentialité de l'établissement tenu par Christian Gourcuff. Pas question ici de Koscielny, ni de Gameiro, car l'action se situe entre 2006 et 2009. Le premier de ses internationaux en puissance se nommait alors Mickaël Ciani et le bien-fondé de la rumeur populaire se trouva validée avec la convocation en bleu du défenseur central, une fois celui-ci passé chez le champion en titre bordelais. Le second labourait son couloir droit à la cadence d'un cheval d'orgueil, et récoltera après trois moissons un aller simple en TGV Ouest pour Paris. Une arrivée dans la capitale qui avait d'ailleurs à peine fait soulever un oeil, et avait même fait sourire certains. Mais le provincial, Christophe Jallet, est bien la grande satisfaction de l'année parisienne.

Les résultats insuffisants du PSG comme le climat dramatique qui a miné le club une bonne partie de la saison ne constituaient cependant pas un podium propice à la mise en avant de nouveau produit parisien. Recruté pour jouer la doublure de Marcos Ceara, c'est bien ainsi qu'il débuta la saison. Mais au bout de l'exercice, c'est en quasi double-titulaire qu'il s'est installé. Car si Kombouaré pouvait le cloner, nul doute qu'il ferait squatter tout le couloir droit au natif de Cognac. Son bilan chiffré ne dit pas autre chose : 50% de titularisations comme milieu, et 50 autres comme défenseur.

Sa polyvalence, Jallet la doit à son substantiel apport offensif, avec une qualité de centres plus proche de Willy Sagnol que de Bacary Sagna ou de Rod Fanni. L'ex de la Gourcuff academy a ainsi distribué huit caviars cette saison, un total qui en fait un cinquième du classement des meilleurs passeurs de Ligue 1. Ses devanciers étant tous des joueurs à vocation très offensive, cela dit tout de la performance de Jallet. Son bilan flatteur, le défenseur qui évoluait à Niort l'année de la dernière Coupe du Monde, le doit autant à sa qualité gestuelle qu'à une spontanéité qui fait tellement défaut aux hommes de Domenech. Se remémorer simplement que le but d'Hoarau en finale de Coupe de France trouve sa source dans une frappe pleine de conviction de l'ex lorientais, malgré l'angle fermé de Stéphane Ruffier.

Le match le plus important de la saison du PSG constituait d'ailleurs la seule fenêtre d'exposition digne de ce nom pour le latéral galopant. Et Jallet a saisi l'opportunité en se distinguant tout simplement comme le meilleur joueur du match, autre témoin de sa solidité mentale dans une saison propice aux naufrages. Cette finale, il la débute comme arrière droit, avec le consentement de ... Ceara. Voici ce que déclarait le philanthrope évangéliste dans Le Parisien : « Aujourd'hui, Antoine Kombouaré préfère Christophe. Je ne suis pas aigri. Il mérite sa place de titulaire. Avec Mevlut Erding, il est l'un des joueurs les plus performants du PSG » .

Mais être le meilleur joueur du PSG suffit-il à briguer une candidature chez les Bleus ? Dans nombre de cas, sans doute pas, mais comme latéral droit, cela pourrait suffire. Car s'il y a bien un poste pauvre en ressources en France, c'est celui occupé par Bacary Sagna. Solidement installé par Domenech, le Gunner restera bien évidemment le titulaire du poste, mais quid de Fanni ? Le Rennais n'a pas franchement plus d'expérience internationale que Jallet et surtout sort d'une année plutôt terne, comme si une saison de haut niveau avec les Rouge et Noir avait suffi à assécher son enthousiasme. Celui qui fait tant défaut à l'EdF.

Au Rennais, Jallet rend sans doute en élégance, et peut-être aussi en densité musculaire, mais ce profil moins formaté, l'ex-Lorientais le compense par des armes classiques mais trop souvent oubliées du football français. Jallet est un joueur de fondamentaux : concentration extrême dans le placement, engagement physique d'Anglais, et on l'a déjà vu, qualité de centre, comme de jeu de tête. Le latéral est un joueur limpide, qui ne s'embarrasse pas de détails. Des arguments qui auraient toutefois pu aussi être avancés en faveur de Mickaël Ciani, et on a constaté l'ampleur des dégâts face à l'Espagne. Reste que dans une équipe de France qui s'évertue à se compliquer la tâche, un peu de simplicité serait la bienvenue. Au pire, Jallet ne jouera pas une minute mais rapportera au moins un contrat publicitaire à la Fédé avec Crescina. Et à ça, Fanni ne pourra rien redire.

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Jallet le dire !

(j'ai honte)
Pas de technique, que de l'abnégation. C'est bien peu pour être joueur pro, mais pour aller en équipe de France, ça peut passer :-)
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