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La Silva bonita

L’histoire dure depuis maintenant sept saisons. Sept ans à regarder David Silva travailler pour faire briller les autres, avancer à l’ombre et dans la peau du footballeur exquis que personne ne veut regarder. Lui n’a jamais joué pour le Barça, ni pour le Real, et sait que son CV a longtemps été un handicap. Peu importe, le voilà plongé dans une romance naturelle avec Pep Guardiola pour le meilleur de City et de l’Angleterre. Un Royaume qu’il s’apprête aujourd’hui à regarder dans les yeux et avec un brassard.

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David Silva a toujours connu son rôle. Au fond, il ne pouvait en être autrement. S’il cavale chaque week-end, c’est pour les autres et pour rien d’autre. Il le raconte ainsi : « Mon rôle, c’est de faire jouer l’équipe, d’assurer la transition défense-attaque et de créer des occasions. (...) Je suis milieu de terrain, c’est tout. Le problème, entre parenthèses, c’est que je suis polyvalent. Je me suis toujours considéré comme un meneur de jeu, même si je me suis retrouvé sur un côté. Quand c’est arrivé, je ne restais pas collé à la ligne pendant tout le match. Ma chance, c’est d’avoir eu des entraîneurs qui me donnaient beaucoup de liberté de mouvement. » Alors, le format de poche d’Arguineguín n’attire pas la lumière, mais la fabrique. Sur un terrain, ça n’a jamais changé. Il est au départ, rarement à l’arrivée, mais est souvent celui dont on rappelle le nom en fin de match pour que personne n’oublie. Mais personne à Manchester ne peut oublier, et encore moins dans les couloirs de l’Etihad Stadium. Car sans David Silva, City n’aurait probablement jamais soulevé son premier trophée de champion d’Angleterre depuis quarante-quatre ans le 13 mai 2012 au bout d’un scénario que tout le monde connaît sur le bout des doigts. Lui est arrivé au début de l’été 2010 avec « l’idée de chercher ce qu’[il] a trouvé : un football différent. J’ai joué dans des vieux stades anglais, j’ai goûté à l’essence de ce vieux football, et si on ne me vire pas avant, j’irai au bout de mon contrat avec City. » Soit au moins jusqu’en juin 2019. Simple pour un trentenaire qui a préféré écrire son histoire en Premier League plutôt qu’au Real ou au Barça, là où certains de ses semblables se sont cassé les dents. Ou comment faire comprendre à l’Angleterre du foot qu’il y avait une place pour les petits de ce monde.

Le cadeau, la philosophie et les cajoles


Six saisons pleines. Une septième en cours d’écriture. Deux titres de champion d’Angleterre en 2012 et 2014. Une FA Cup en 2011. Deux League Cup en 2014 et 2016. Un Community Shield. Il y a quelques mois encore, son désormais ancien entraîneur à City, Manuel Pellegrini, parlait de lui comme d’un « cadeau » pour le foot anglais. « Il montre à chaque match à quel point c’est un joueur important. C’est un joueur différent, tellement technique et avec tellement de passes-clés durant un match. Il ne base pas son jeu sur la force, ou la vitesse, il le construit avec style et talent. » , complétait alors à l’époque l’Ingénieur qui a depuis laissé sa place à la philosophie de Pep Guardiola. Ce mariage philosophique, tant du point de vue de l’approche que des convictions, sonnait comme une évidence. Silva aurait eu sa place dans le Barça de Guardiola. Il a donc forcément une place centrale dans la mécanique que le Catalan est en train de mettre en place à City depuis le début de la saison. Au point de récupérer le brassard quand Zabaleta et Kompany ne sont pas là et surtout au point d’être la tête pensante de la face offensive façon Harlem Globetrotters des Citizens dans un rôle de créateur derrière Sterling, De Bruyne, Nolito et Agüero. Son rôle est aujourd’hui différent, plus reculé, plus axial, mais la romance a pris comme il l’expliquait récemment : « La vérité, c’est que j’avais beaucoup d’attentes le concernant. En sélection, tout le monde m’avait parlé en bien de lui, et je dois dire qu’ils ne m’ont pas menti. Guardiola a des solutions pour tout. Avec lui, tout est facile, tout coule de source. La clé de sa réussite, c’est la manière dont il parle de football. Il est capable de prédire ce qui va se produire pendant les matchs. C’est fascinant. (...) Il veut qu’on cajole la balle, qu’on cherche des espaces, des lignes de passes... La seule chose qui change avec lui, ce sont les détails. »

Le candidat anti-système


Le détail justement est l’essence du jeu de David Silva, qui s’amuse chaque week-end à casser des lignes et à fracturer les espaces comme il a toujours aimé le faire. Progressivement, il est devenu une figure forte du City blindé et reste l’un des seuls joueurs pros à se plaire à Manchester. Au point de repousser les avances d’un Real qui l’avait dégagé jeune pour sa petite taille. La discrétion est sa force, mais certaines statistiques dégueulent son influence énorme. C’est simple : lors des six dernières saisons, il est le footballeur qui a claqué le plus de passes décisives. Son début de saison actuel est la meilleure réponse possible à un dernier exercice sur le plan personnel et collectif, mais la reconnaissance reste rare. Au fond, il s’en fiche, lui veut seulement avoir des responsabilités. Et c’est ce que fait Guardiola au cœur d’un City qui ronronne après un début de saison explosif, mais qui reste impressionnant lorsque la partition se lance. Il n’y a qu’à tendre l’oreille comme à West Bromwich le 29 octobre dernier où City menait 2-0 après une demi-heure de jeu. Silva était en feu, Agüero avec et le Hawthorns s’est mis à chambrer ses joueurs en gueulant à la trente-cinquième minute un « We’ve got the ball, we’ve got the ball ! » qui racontait beaucoup.



Silva s’assure donc que tout le monde soit heureux à la fin d’un match. C’est simple et doux à la fois, mais voilà ce qui lui a permis, à force de patience, de s’imposer dans la durée en sélection à l’heure de se déplacer en amical en Angleterre mardi soir. Face à la Macédoine samedi à Grenade (4-0), le milieu de City était même capitaine de la Roja en l’absence de Ramos et a régalé aux côtés de Victor Vitolo, un autre modèle qui s’est construit loin des deux gros bras du pays. Comme un symbole d’un renouvellement de génération voulu par Julen Lopetegui qui est, lui-même, un acharné de Premier League comme il l’a expliqué au Guardian ce week-end. Loin de son statut de puni de la défaite contre la Suisse (0-1) à la Coupe du monde 2010 et devant un Fàbregas en quête de confiance à Londres. Même à bientôt trente et un ans, le futur doit s’écrire avec David Silva. Alors, il faut en profiter. Définitivement.

Par Maxime Brigand Propos de David Silva tirés d'El Pais.
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