La Sicile fait peur

Palerme, pour résumer, c'est : un palmarès proche du néant (au mieux champion de Serie B), des supporters chauds comme la braise et une île (la Sicile) de psychopathes. Malgré tout, le club du sulfureux homme d'affaires Maurizio Zamparini est en passe de se qualifier pour la première Ligue des Champions de son histoire. Décryptage d'un phénomène.

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Palerme est à l'image de son président, Maurizio Zamparini, totalement instable. Depuis son rachat du club en 2002, sept entraineurs se sont succédé... avec notamment Francesco Guidolin qui a fait trois allers-retours ! Pourtant, la saison dernière, Palerme trouve, avec Davide Ballardini, un système de jeu qui lui va bien, le 4-3-1-2 et décroche une prometteuse huitième place. Insuffisant pour son président qui ne le conserve pas. Walter Zenga, ancien gardien international, est appelé à débuter la saison 2009/2010. Résultat : un début de championnat merdique pour Zenga qui ne peut s'en prendre qu'à lui même. Le coach italien change de tactique à chaque match. L'équipe n'a aucun style et les joueurs ne se trouvent pas sur le terrain. En quelques semaines, Zenga a foutu tout le travail de Ballardini en l'air. Il faut attendre un triste nul 1-1 dans le derby sicilien face à Catane (ancien club de Zenga) pour que Zamparini dégage l'entraineur en place.

Le docteur Rossi

Pour une fois, le président sicilien prend la bonne décision pour réparer sa connerie du début de saison en faisant venir Delio Rossi. L'ancien coach de la Lazio impose sont style d'entrée et a la veine de récupérer Liverani, maitre à jouer de l'entrejeu palermitain, blessé depuis le début de saison. Le 4-3-1-2 de la saison dernière refait son apparition. Bingo ! Le jeu pourri de Zenga laisse place à celui de Rossi, léché et flamboyant. Palerme décroche des victoires de prestige à San Siro face au Milan AC (2-0), contre la Viola (3-0) et chez la Juve (2-0). Autant dire qu'il ne s'agit pas que d'un coup de cul. Rossi a compris qu'il fallait insérer Pastore petit à petit et non le titulariser tout le temps comme le faisait Zenga. Zamparini ne s'y trompe pas et voit en son Argentin un futur grand : « C'est un fuoriclasse, le seul de l'équipe. Miccoli a beaucoup de classe mais Pastore en a plus. Avec Kjaer, d'ici trois/quatre ans, ils iront dans des grands clubs. Kjaer ne quittera pas le club en juin, mieux vaut être titulaire à Palerme que remplaçant à Chelsea » .

La C1 en ligne de mire

Depuis son arrivée, Delio Rossi a pris 29 points en 14 journées contre 17 unités en 13 matches pour Zenga. Sans commentaire. L'équipe est désormais quatrième de Serie A et entrevoit la première participation à la Ligue des Champions de son histoire. Avec une défense retrouvée, exceptées les deux branlées reçues face à Bari et l'AS Roma, et une attaque de fous, composée de Miccoli et Cavani, les Siciliens n'ont peur de rien. Visiblement, Delio Rossi a su trouver le parfait amalgame entre expérience (Balzaretti, Miccoli, etc.) et jeunesse (avec Sirigu, Kjaer, Pastore, Hernandez, Cavani). Bien aidée par la Juventus et la Fiorentina qui réalisent des saisons dignes de promus, Palerme se prend à rêver. Avec un calendrier favorable (il ne reste que les deux Milan comme grosses écuries à affronter), on ne voit pas ce qui pourrait freiner l'équipe de Rossi.

En début de saison, Zamparini avait fait rire tout le monde en déclarant vouloir remporter la Serie A. Force est de constater que l'US Cittá di Palermo n'amuse plus personne. Et faut bien avouer qu'un club sicilien en Ligue des Champions, ça aurait de la gueule quand même...

Sylvain Michel

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