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La semaine noire du football argentin

Un tunnel gonflable troué, des gaz poivrés jetés sur les joueurs de River Plate, et un drame. Jeudi, à la Bombonera, le football argentin a montré son pire visage. Celui où l'irrationalité l'emporte, celui où la violence gangrène et régit le sport roi.

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Sur les écrans de télévision, on voit un supporter de Boca trouer le tunnel gonflable, en plastique, de la Bombonera. Au bord du terrain, après avoir reçu du gaz poivré dans le tunnel, Leonardo Ponzio résume, en larmes et brûlé sur le dos : « Nous vivons dans une société assez compliquée. » Le milieu de terrain vient de subir une attaque qui met en péril le football argentin. Jamais un Superclásico n'avait été suspendu pour de tels faits. Historiquement gangréné par la violence, le football a jeudi soir été sacrifié sur l'autel de la passion, de « l'aguante » , cette notion bien argentine justifiant tous les moyens pour se montrer supérieur à son adversaire. Alors que River se planque dans le tunnel, un drone dirigé par les fans de Boca survole la scène, assorti d'un drapeau rappelant le fantôme de la D2 à River. Une escalade. Rapidement, Sergio Berni, secrétaire à la sécurité argentine, se défend : « La sécurité a été bien assurée. Boca est le seul responsable de ces incidents. Il y a eu de la négligence de la part du club : c'est un problème de sécurité interne. »

Grondement et grondonisme


Si les barras bravas seront pointées du doigt – à juste titre –, il est temps que l'Argentine s'occupe du vrai problème : le football n'a plus de raison de subsister. Ce supporter de Boca à l'assaut du tunnel n'a toujours pas été arrêté, mais va avoir bon dos. Coupable idéal, il permettra sans doute à la Doce (barra brava de Boca Juniors) de s'en sortir indemne, même si elle a certainement eu un rôle dans l'entrée des objets interdits au sein de la Bombonera. Certains médias avancent quand même l'introduction d'un fer à souder… Les codes du football argentin sont trop puissants. Infiltrés depuis longtemps dans le lucratif business du sport roi, les barras et les personnalités politiques ont conduit au marasme la raison de vivre de millions d'Argentins.

Ce chaos, Diego Murzi, sociologue argentin et membre de l'association « Salvemos al fútbol » , qui lutte contre la violence dans le football depuis 2008, l'explique par le rôle social démesuré du football au pays de Maradona : « La dimension atteinte par un Superclásico dépasse l'entendement. Tous les acteurs y participant subissent une pression sportive, sociale et médiatique. » Et d'ajouter : « Dans le football argentin, la violence est devenue un élément légitime pour obtenir ce que l'on désire. Non seulement pour les barras, qui s'en servent pour leur business, mais aussi pour tous les acteurs institutionnalisés du football. » La politique de l'AFA (Fédération argentine) est aussi visée, encore plus depuis le décès de son illustre président Julio Grondona : « Nous assistons maintenant à un grondonismo sans Grondona. Les problèmes sont les mêmes. Seulement, la couverture politique qu'avait Don Julio n'existe plus. Grondona savait contenter tous les acteurs qui luttent pour leurs propres intérêts. »

« Nous étions otages de cette situation, comme les joueurs de River »


Le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner, qui a fait du football son meilleur outil d'endoctrinement, ne reculera jamais. Si l'Argentine décidait de s'échapper des griffes serviles de la violence dans le football, elle ne pourrait pas. Parce que la passion justifie tout et ne peut pas se remplacer en Argentine : sans ambages, l'hincha insulte, crie, chante, pour que son équipe « laisse sa vie sur le terrain » . La manière irrationnelle que les Argentins ont de vivre le football se résume dans le verbe « entregarse » (tout donner, en VF). Même au détriment de la raison. Suralimentée par les médias, cette passion se transforme en drame permanent, en stéréotype de la démesure. Jeudi, après plus de deux heures d'interruption, Agustín Orión, le gardien de Boca, a regroupé ses troupes pour ne pas être de ceux qui abandonnent. Ils ont tout simplement refusé de quitter le terrain, laissant les joueurs de River entrer dans le tunnel sous une pluie de projectiles.

Pire, Orión, soldat invétéré de la barra de Boca, a convaincu ses coéquipiers de saluer la tribune d'où sont venus les incidents. Une « attitude honteuse des joueurs de Boca » pour Diego Murzi. « Si on ne les salue pas, ils nous accusent de les laisser seuls. Nous étions otages de cette situation, comme les joueurs de River. On a fait ce qu'il fallait » s'est défendu Orión après la rencontre. Pablo Osvaldo, seul joueur de Boca à s'être approché des joueurs blessés de River, s'est exprimé aux micros de Fox Sports : « C'est une décision de la Conmebol (de suspendre le match, ndlr). Mais on voulait jouer, car nous sommes victimes de la situation. Nous sommes tous moralistes dans ce pays. Mais personne n'a de solutions. » Leonardo Ponzio, joueur le plus touché par les gaz lacrymos, reste lucide sur la situation : « Cela ressemble plus à une guerre qu'à un match de football. Mais nous générons tous ça. »

Le précédent Tigre-São Paulo


Le règlement de la Conmebol est clair : une interruption ne peut pas durer plus de 45 minutes. Or, entre le retour mouvementé des vestiaires et l'évacuation des joueurs et du public de la Bombonera, plus de deux heures et vingt minutes se sont déroulées. « Tout a été fait pour que le match reprenne » assure l'arbitre de la rencontre, Dario Herrera, 30 ans, dont c'était le premier Superclásico. Le médecin de la Conmebol a finalement décidé de suspendre la rencontre, au regard de l'état physique de Ponzio. Si Boca est jugé responsable des incidents, le match sera perdu sur tapis vert et serait donc éliminé d'une compétition internationale de façon inédite. Mais les cols blancs de la Conmebol ont tout de même tenu une réunion ce vendredi matin, au Paraguay, pour déterminer de la prochaine tenue ou non de cette seconde mi-temps suspendue. L'entité du football latino pourrait même profiter de la suspension du football argentin ce week-end (due à la mort d'Emmanuel Ortega, jeune joueur amateur qui s'est cogné contre un mur lors d'un match) pour faire disputer les 45 minutes restantes dans un stade neutre.

La Bombonera risque tout de même une grosse suspension pouvant aller jusqu'à 2 ans. Mais la Conmebol est capable de beaucoup, et de prendre des décisions surréalistes, comme en 2012. Lors de la finale de la Copa Sudamericana entre Tigre et São Paulo, les joueurs argentins avaient été menacés à l'arme à feu et frappés par des « gardes de sécurité » brésiliens. Le match avait été suspendu, alors que São Paulo menait 2 à 0. Pourtant, selon les patrons du foot sud-américain, le vainqueur de la compétition est bien brésilien, arguant l'abandon de poste des joueurs de Tigre. Du côté de la justice, peut-être un peu plus sérieuse, on enquête. Le procureur Martín Ocampo a décidé de fermer le stade et a ordonné l'enlèvement des maillots des joueurs de River, pour expertise. Hier, le 29 avril, un jeune footballeur amateur argentin a perdu la vie sur un terrain. Jeudi soir, c'est le football argentin qui est mort.


Par Ruben Curiel
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