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La Scala : « Cela fait cinq-six ans que le Milan n'a pas de projet sportif »

Alors que sur le plan sportif, Montella est en train de redonner au Milan son statut d'antan, en coulisse se joue un autre match. Non pas celui de la cession du club, déjà actée, mais celui de la gouvernance d'un club à la dérive. État des lieux avec Giuseppe La Scala, vice-président de l'Association des petits actionnaires du Milan.

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C'est quoi cette Association des petits actionnaires du Milan ?
L'association est née il y a un an, lorsque l'assemblée des actionnaires a approuvé le bilan 2014. À ce moment-là, nous nous sommes rendu compte que le club était géré de manière très discutable. Nous sommes tous actionnaires depuis bien longtemps, à titre personnel, je suis actionnaire depuis plus de vingt-cinq ans. La APA est composée des actionnaires minoritaires qui disposent de 0,07% des parts du Milan et ambitionne de représenter la voix des tifosi. Nous voulons être les contrôleurs de la situation en profitant de nos droits en tant qu'actionnaires selon le Code civil. Ainsi, nous nous sommes présentés sous forme d'association à la dernière assemblée en mai dernier. C'est à cette occasion que nous avons contesté la gestion de l'administrateur délégué (Adriano Galliani, ndlr) et du conseil d'administration.

Et donc ? Qu'est-ce qui coince exactement au Milan ?
Cela fait cinq-six ans que le Milan n'a simplement pas de projet sportif. Galliani a géré la situation sans aucune perspective, se contentant d'une activité médiocre. Le Milan perd presque cent millions d'euros par an à cause d'une diminution considérable des recettes, d'un stade vide, d'une absence de compétition européenne, ainsi que des mercatos désastreux. Nous achetons mal. Il n'y a pas eu de changement de génération. On a pensé pouvoir vendre Thiago Silva et Ibrahimović sans remplacer de tels piliers, ou en les remplaçant avec des joueurs surpayés comme Montolivo. À ce titre, depuis qu'il est blessé, les résultats s'en ressentent positivement.

Un projet sportif en berne pas seulement pour l'équipe fanion, mais pour le club d'une manière générale ?
En effet, nous avons aussi dénoncé un projet sportif qui implique 64 joueurs sous contrat ainsi que 108 professionnels travaillant à Milanello, alors que la Juventus dispose de 51 joueurs sous contrat et 48 professionnels. Ainsi, sur les trois dernières années, le club a perdu un tiers de son chiffre d'affaires, passant de plus de 300 millions à 200 millions par an. Une politique sportive globale désastreuse imagée par l'équipe première : nous achetons mal, nous avons une masse salariale extrêmement élevée et nous vendons mal.

« Quand le supporter anglais ou allemand va au stade, il dépense plus ou moins vingt euros en plus du prix de son billet. Le supporter italien, lui, en dépense quatre. »

Le 21 avril dernier, la politique marketing du club a pris un sacré coup lors d'une tentative de reproduction du haka avant le match contre Carpi, un exemple parmi d'autres ?
Ce Haka... La responsable marketing est la fille de Berlusconi, Barbara. Une dame de trente ans, sans expérience, qui pense pouvoir assumer un rôle clé dans un club aussi important que le Milan sans aucun bagage. La fille du patron devient administratrice déléguée même si elle n'est pas compétente : nous sommes dans une situation en opposition complète par rapport aux principes de méritocratie. Et on ne va pas loin quand on gère un club de la sorte.

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Et San Siro dans tout ça ?
San Siro est à moitié vide, quand tout va bien, on atteint les 30 000 spectateurs. Tout cela est dû à la mauvaise gestion : si l'équipe s'affaiblit, elle gagne moins et produit moins. C'est une spirale négative qui fait du Milan une équipe économiquement médiocre. De plus, les stades italiens sont ceux dans lesquels les spectateurs consomment le moins. Il n'y a pas de structure, pas de merchandising, pas de musée du club. Ainsi, quand le supporter anglais ou allemand va au stade, il dépense plus ou moins vingt euros en plus du prix de son billet. Le supporter italien, lui, en dépense quatre.

D'où l'idée d'un nouveau stade, là encore un projet instable...
Le Milan, après avoir engagé des discussions pour faire construire le stade dans la zone de l'ancienne foire de la ville, a interrompu soudainement le dialogue. La direction de la foire a alors engagé des poursuites, dont la potentielle résolution pourrait avoir un coût de 36 millions d'euros pour le club. Un autre fardeau pour les finances. La conclusion est qu'il n'y a jamais eu de projet sérieux quant à la construction du stade alors qu'aujourd'hui, un grand club européen ne peut se passer de son propre stade.

Mais si sous Berlusconi, le Milan a su rayonner pendant plus de vingt ans, que s'est-il passé pour que le Milan devienne si médiocre ?

Le foot a changé. Et ces personnes ne s'en sont pas rendu compte. Avant, il suffisait d'avoir beaucoup d'argent et d'acheter les meilleurs joueurs. Aujourd'hui, la compétition s'est accrue, l'argent ne suffit plus, il faut des idées. Et Berlusconi et Galliani n'en ont pas. Il ne sont plus capables de faire ce qui était auparavant facile de faire. Berlusconi a quatre-vingts ans, Galliani soixante-douze, ils sont d'une autre époque. Et la situation actuelle n'est pas due au fait que l'argent de Berlusconi manque. Car dans les grands clubs, il n'y a pas besoin que de riches magnats investissent, il y a besoin d'un projet sérieux et d'une direction compétente.

« Nous espérons que les nouveaux propriétaires chinois soient porteurs d'un projet fort. Nous voulons un projet sportif, un « projet stade » et un mercato confié à des personnes compétentes. »

En tant qu'actionnaires minoritaires, quelle est votre relation avec la direction ?
Nous ne sommes pas au CA, nous sommes à l'assemblée. Et même à l'assemblée, le seul administrateur à se présenter est Galliani. Lors de la dernière assemblée, nous avions présenté une série de dix questions sur le futur du club durant une trentaine de minutes. Alors que la parole lui était remise, Galliani s'est simplement levé, a suspendu l'assemblée pendant une heure et quarante minutes pour ensuite revenir et répondre à nos questions, en cinq minutes et de manière tout à fait insatisfaisante, avant de clore l'assemblée.

Du coup, vous attendez avec impatience l'arrivée des investisseurs chinois...
Pour l'instant, il y a un contrat préliminaire entre Fininvest et le fond chinois pour la vente du Milan. C'est un contrat obligatoire qui se convertira en contrat définitif, mais qui ne sera célébré que dans quelques mois, dans l'attente de l'établissement d'un prix final. Le closing devrait se faire fin novembre, début décembre.

En attendant la vente définitive, des attentes vis-à-vis de la nouvelle direction ?
Nous espérons que les nouveaux propriétaires chinois soient porteurs d'un projet fort. Une fois la vente réalisée, nous nous confronterons aux propriétaires et leur ferons part de nos observations et de nos questions en espérant obtenir des réponses convaincantes. Nous voulons un projet sportif, un « projet stade » et un mercato confié à des personnes compétentes. Par exemple, lors de la dernière assemblée, nous avions proposé de remplacer certains membres du CA actuel par des grands noms de l'histoire du Milan : Rivera, Maldini, Seedorf, Albertini, Ancelotti. Sans suite...

Propos recueillis par Josselin Juncker
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