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La rouste de Rüstü

Au match aller, spécialistes et téléspectateurs se sont focalisés sur le duel Stegen-Sirigu. Pourtant, les Barcelonais ont longtemps mangé leur pain noir niveau gardien. Le symptôme de la crise catalane à ce poste portait un nom : Rüstü Reçber.

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Tout juste élu en 2003, Joan Laporta présente la première recrue de sa présidence barcelonaise. Lui qui avait promis aux socios de signer Beckham, se pointe aux côtés d'un gaillard trentenaire, pas métrosexuel pour un sou, préférant l'eye black aux crèmes hydratantes, à savoir Rüstü Reçber. En fin de contrat à Fenerbahçe et encore auréolé du prestige de sa Coupe du monde asiatique, le Turc pas très sexy est présenté comme le remède contre la malédiction des gardiens catalans ayant eu raison de Vitor Baia, Dutruel, Enke ou Bonano. La nouvelle direction se gargarise de compter un gardien international expérimenté dans ses rangs, pendant que, côté communication, le natif d'Antalya soigne l'assemblée : « Fenerbahçe est mon club de cœur, mais depuis mes sept ans, ma deuxième équipe a toujours été le Barça. Je regrette juste d'arriver un peu tard. (…) J'espère apprendre le catalan le plus vite possible » .

Sport, musique et sexe


Au vrai, Rüstü avait d'abord donné sa préférence à Arsenal, mais il est refroidi par Wenger qui l'aurait traité « comme un enfant  » . Désormais sous les ordres de Rijkaard, il s'établit logiquement au sommet de la chaîne alimentaire des portiers devant Víctor Valdés (21 ans) et Jorquera (24 ans). Seulement, durant la tournée américaine, il se blesse à la cheville, sent le souffle du jeune Valdés sur sa nuque et finit par connaître l'inéluctable déclassement. Sur les conseils de l'entraîneur des gardiens, Rijkaard justifie le changement de numéro 1 : « Rüstü ne parle pas catalan ni castillan. Il n'arrive pas à communiquer avec ses coéquipiers, alors que c'est vital » . Difficile à encaisser quand on a baragouiné en forme de promesse un « Estic molt content de estar al Barcelona » à sa descente de l'avion.

Sûr de lui, Rüstü rétorque alors aux arguments de l'équipe technique : « Il y a trois choses au monde où l'on se comprend sans parole : le sport, la musique et le sexe » . Imparable. S'il enfile le bleu de chauffe avec professionnalisme, il met la pression sur la direction qui en a fait une des têtes de gondole de l'été aux côtés d'un certain Ronaldinho. D'autant qu'assister depuis le banc aux premières arabesques du Brésilien et à l'éclosion de Valdés ne sont pas au goût de l'ex-Stambouliote qui a consenti à baisser son salaire en Catalogne contre une confortable prime aux matchs joués. Au total, il en disputera une poignée.

« On n'accepte pas les excuses »


Suite à une manita reçue à Málaga et un revers à domicile dans le Clásico, Rijkaard se plie aux ordres de la présidence, écarte Valdés et donne sa chance à Rüstü. Au mois de décembre, il dispute enfin sa première rencontre et commence par une victoire face à l'Espanyol. Par la suite, il ne sera pas en verve lors du nul contre le Celta Vigo avant de se vautrer à Santander (3-0). « Au Barça, j'ai bossé comme jamais dans ma carrière. Là-bas, on n'accepte pas les excuses quand tu commets une erreur, alors qu'en Turquie, ils comprennent et acceptent » , souffle-t-il. C'est le capitaine, Luis Enrique, qui réclame sa tête et obtient le retour de Valdés. « Rijkaard a été victime de pressions venant d'Espagnols de l'équipe » , affirmera après coup Rüstü qui, un an plus tard, s'en retourne à Fenerbahçe comme un amant victime du démon de midi retrouve la couche conjugale aux derniers feux de la passion. Mais il gardera l'intime conviction d'être meilleur que Valdés.

Le passage de Rüstü au Barça fut un échec qui permit au club de miser définitivement sur Valdés : « Avec Rüstü, nous voulions donner de la solidité au poste de gardien et je crois que, d'une façon directe ou indirecte, il nous a aidés à réussir cela » , déclarera, presque reconnaissant, Sandro Rosell alors vice-président. Dernièrement, au moment de la signature de Ter Stegen, Rüstü n'hésite pas à donner son avis sur ce poste si spécial chez les Blaugrana : « Stegen n'a pas le niveau de Valdés. Et si l'on regarde les gardiens allemands, on constate qu'ils n'ont jamais réussi en Espagne » . À Barcelone, Rüstü fut aussi bon gardien que fin observateur.

Par Adrien Rodríguez-Ares
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Dans cet article

L'article est sympa, cependant je partage pas l'avis selon lequel Rustu symbolise le rapport foireux du Mes Que avec ses gardiens pendant les années 2000.

Pour moi, "ce privilège" revient plutôt à notre Richard Dutruel national.
Avec le Celta, il était un taulier et un gardien hyper confirmé de Liga et pourtant, ça l'a pas empêché de se planter n'importe comment.

Pour revenir à Rustu et toutes proportions gardées, j'ai l'impression que les joueurs turcs souffrent un peu du même mal que les joueurs anglais.
Superstars excessivement bien payées dans leur championnat local, ils ont peu d'exemple de joueurs parti et ayant réussi à l'étranger et semblent avoir énormément de mal à partir à s'adapter à une autre culture footballistique.

Mais jl'aimais bien moi...
Ca me rapelle Hakan Sukür serial buteur à Galatasaray et avec sa sélection et une carrière foirée à l'étranger.
"Coupe du monde asiatique" ??
mixmaster Niveau : DHR
"Et si l'on regarde les gardiens allemands, on constate qu'ils n'ont jamais réussi en Espagne" Et Illgner alors ?
@ammizle

Les anglais n'y vont tout simplement pas a l'etranger. Les seuls qui s'y sont risques sont loin de s'y etre plantes pour la plupart: Ray Wilkins, Waddle, Beckham, Mc Manaman, Owen Lineker ont tous fait des passages honorables a l'etranger.
Message posté par McKebab
"Coupe du monde asiatique" ??


La coupe du monde 2002 s'est bien passé au Japon/en Corée non ? Celle-là même où la Turquie est arrivée en demi-finale, se faisant juste éliminer par le Brésil.
chewbie42 Niveau : CFA2
Je me souviens mon seul match au Camp Nou. J'avais vu le Trofeo Gamper la saison de l'arrivée de Rustu et Ronaldinho. Il y avait eu un petit film-dessin animé sur la présentation de l'équipe cette année là.
Et le public était à fond derrière Rustu et scandait pas mal son nom. D'ailleurs je crois me souvenir qu'il avait fait gagner le Barça aux tirs au but après un match nul 1-1 contre Boca Junior.
Super souvenir pour le jeunot que j'étais !
Et perso, j'adorais Rustu, son personnage de bucheron turc, ses peintures...
« Stegen n'a pas le niveau de Valdés. »

Je pense que Ter Stegen a largement le même niveau que Valdés lorsque ce dernier avait son âge.
Après, cela n'est pas un gage de réussite et d'intégration, mais à ce problème, l'approche de Lucho me semble être une bonne solution : le jeune gardien prometteur qu'il est ne se brûlera pas les ailes en recevant de plein fouet tout le poids des responsabilités qu'incombe la charge de titulaire dans un club comme le Barça, où la moindre erreur peut coûter très cher ; mais il peut néanmoins d'ores et déjà disputer des rencontres de haut niveau en C1 et se concentrer sur celles ci sans se laisser distraire par le championnat, histoire de goûter à la pression du très haut niveau mais sans excès.
La transition avec Bravo se fera en douceur, et si tout se passe bien, quand Ter Stegen sera prêt à assumer la charge de titulaire dans toutes les compétitions, le poste de gardien sera assuré au Barça pour de longues saison.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par AriGold
@ammizle

Les anglais n'y vont tout simplement pas a l'etranger. Les seuls qui s'y sont risques sont loin de s'y etre plantes pour la plupart: Ray Wilkins, Waddle, Beckham, Mc Manaman, Owen Lineker ont tous fait des passages honorables a l'etranger.


Sans oublier Glenn Hoddle et Mark Hateley...
Et pour Waddle et Mc Manaman (mes deux joueurs anglais préférés), on peut même parler de passages franchement réussis, que ce soit pour le premier à l'OM ou le second au Real !
Coach Kévinovitch Niveau : Ligue 1
Message posté par amizzle
L'article est sympa, cependant je partage pas l'avis selon lequel Rustu symbolise le rapport foireux du Mes Que avec ses gardiens pendant les années 2000.

Pour moi, "ce privilège" revient plutôt à notre Richard Dutruel national.
Avec le Celta, il était un taulier et un gardien hyper confirmé de Liga et pourtant, ça l'a pas empêché de se planter n'importe comment.

Pour revenir à Rustu et toutes proportions gardées, j'ai l'impression que les joueurs turcs souffrent un peu du même mal que les joueurs anglais.
Superstars excessivement bien payées dans leur championnat local, ils ont peu d'exemple de joueurs parti et ayant réussi à l'étranger et semblent avoir énormément de mal à partir à s'adapter à une autre culture footballistique.

Mais jl'aimais bien moi...



Merci pour avoir rétabli la vérité! Dutruel est l'auteur de l'un des deux passages dans les buts du Barça le plus foireux de ces 20 dernières années à égalité avec Vitor Baia. Même Lee Bowyer devenait Juninho face à lui!
Message posté par Alain Proviste


Sans oublier Glenn Hoddle et Mark Hateley...
Et pour Waddle et Mc Manaman (mes deux joueurs anglais préférés), on peut même parler de passages franchement réussis, que ce soit pour le premier à l'OM ou le second au Real !


Plus récemment, on peut citer Woodgate, Joe Cole et Joey Barton. Mais les souvenirs qu'ils ont laissés sont loin d'être impérissables... Je ne regarde pas trop la Roma, ça donne quoi, Ashley Cole ?
Youri Tielemans Niveau : District
Message posté par NFKubala
« Stegen n'a pas le niveau de Valdés. »

Je pense que Ter Stegen a largement le même niveau que Valdés lorsque ce dernier avait son âge.
Après, cela n'est pas un gage de réussite et d'intégration, mais à ce problème, l'approche de Lucho me semble être une bonne solution : le jeune gardien prometteur qu'il est ne se brûlera pas les ailes en recevant de plein fouet tout le poids des responsabilités qu'incombe la charge de titulaire dans un club comme le Barça, où la moindre erreur peut coûter très cher ; mais il peut néanmoins d'ores et déjà disputer des rencontres de haut niveau en C1 et se concentrer sur celles ci sans se laisser distraire par le championnat, histoire de goûter à la pression du très haut niveau mais sans excès.
La transition avec Bravo se fera en douceur, et si tout se passe bien, quand Ter Stegen sera prêt à assumer la charge de titulaire dans toutes les compétitions, le poste de gardien sera assuré au Barça pour de longues saison.

C'est juste n'importe quoi. Donc Enrique fait jouer Te Stegen lors des "petits" matchs de CL pour le préserver de la pression de la Liga? Logique, c'est toujours plus facile de jouer le PSG ou City que Levante.
Ter Stegen n'était même pas assez bon pour être dans les 23 allemands our la CDM, je doute qu'il ait un jour le niveau pour être un taulier du Barça
Mouais... Les dirigeants du barça qui considèrent qu'ils ont réglé leur problème de gardien après Rustu, c'est un peu bidon. C'est vite oublier qu'à ses débuts dans les bois du barça, Valdès filait des sueurs froides à tout le Camp Nou, coéquipiers et entraineur compris tant il était rassurant ! Il a bien mis 3 saisons avant de devenir crédible et après, c'est vrai, il est devenu un taulier du club mais le barça a longtemps chercher à le remplacer avant de se convaincre qu'il était le meilleur compromis : Valdes est catalan ; il est arrivé au club à 10 ans; il a tout accepté avant de devenir n°1... De plus, il ne faut oublier que c'est Pinto qui fût n°2 pendant des années derrière Valdès ! Le mec était quand même plus considéré pour ses qualités de psychologue de vestiaire et de producteur de hip-hop (c'est dire !) que celles de gardien de but...

Mais la mise à l'écart de Valdès a remis en lumière les problèmes du barça avec ses gardiens. Et, en attendant de voir ce que feront Bravo et Ter Stegen sur la durée, le constat est celui-ci : seulement 2 gardiens ont réussi à Barcelone sur les 30 dernières saisons : Zubizarreta et Valdès, et pour les deux ça a été laborieux et ça a pris du temps. Ce sont deux époques différentes et les deux ont fin par avoir ce qu'il fallait au bon moment : Zubi était le patron, le capitaine du barça et de la Roja, un meneur d'hommes. Valdès avait les qualités pour jouer dans une équipe qui jouait au ballon et concédait très peu d'occasion, il était efficace aux pieds, le premier relanceur et il a appris justement à devenir décisif sur le peu d'actions que l'équipe concédait.

Bref, je pense que pour qu'un gardien soit bon au barça, on doit lui laisser le temps, d'où l'importance pour le dirigeant de ne pas se planter au départ dans le casting...
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