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  2. // 14e journée

La Roma au fond du trou

Martyrisée par la Fiorentina, l’AS Roma a touché le fond, cet après-midi. Battus 3-0 par la Fiorentina, les giallorossi ont même terminé la rencontre à huit. Luis Enrique vacille. D’autant que la semaine prochaine, lui et sa troupe recevront la Juventus, qui a repris aujourd’hui la tête de la Serie A, grâce à une victoire poussive contre Cesena (2-0).

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La hiérarchie voudrait que la Juve soit à l’honneur, cet après-midi. Car leader. Car invaincue cette saison. Car gagnante même lorsqu’elle ne joue pas bien. Mais non. Rendons à César ce qui lui appartient. Aujourd’hui, la Une est pour l’AS Roma. Elle le mérite. Les Romains ont sombré à Florence, et Luis Enrique, désormais, va devoir rendre des comptes. Perdre est une chose. Tout le monde perd, à un moment ou à un autre. Le Barça a perdu à Getafe, le Real à Levante. Cela arrive. Mais pas de cette manière. Face à la Fiorentina, la Roma n’a pas seulement perdu. Elle a coulé. Dans tout. Dans son jeu, dans son état d’esprit. Une défaite 3-0, deux pénaltys concédés (un comble pour une équipe qui, lors des dernières saisons, était souvent la reine des pénos) et surtout, trois exclus. Le dernier carton rouge, reçu par Bojan à cinq minutes du terme, a même quelque chose d'irréel. L’ancien du Barça, posté sur sa ligne de but, repousse des deux mains, façon Luis Suarez, une reprise de Nastasic, qui n’était même pas cadrée. Un geste insensé, qui résume à lui-seul le moment des giallorossi.

Luis Enrique, à son arrivée, devait être l’importateur du jeu à la barcelonaise, fait de passes rapides, de jeu à une touche de balle, porté vers l’offensive. La Roma n’est rien de tout cela, malgré une petite passade, au début du moins de novembre, où la mayonnaise semblait prendre. Avec six défaites au compteur, la Louve a rangé ses crocs et revu ses ambitions à la baisse. La semaine prochaine, elle recevra justement le leader turinois. Sans ses suspendus, Bojan, Gago, Juan, et sans ses blessés, Burdisso, Rosi et Kjaer. Le coach espagnol, s’il est encore là d’ici là, devra certainement s’en remettre à Francesco Totti, laissé sur le banc pendant toute la rencontre, aujourd’hui. Enfin, mention spéciale à Delio Rossi. L’ancien technicien de la Lazio a pris la fâcheuse habitude de battre la Roma à chaque fois qu’il l’a retrouve. Il n’a, encore une fois, pas failli à sa réputation.

Y’a pas Pirlo ? Y’a Marchisio

La Juve non plus, n’a pas manqué le coche. Mis sous pression par les victoires du Milan AC et de l’Udinese, les Turinois devaient absolument s’imposer, face à Cesena, pour reprendre la tête de la Serie A. Le verrou de l’équipe d’Arrigoni aura tenu 72 minutes, jusqu’à ce que Claudio Marchisio le fasse sauter, d’une frappe puissante du pied gauche. Le milieu de terrain est résolument l’homme-fort de la formation d’Antonio Conte, et ce n’est certainement pas un hasard si la seule fois où la Juve a encaissé trois buts (mardi soir contre le Napoli), il était absent. Heureusement, en tous cas, que le « Petit Prince » était là. Car jusque là, la Vieille Dame n’avait pas montré grand chose, hormis quelques tentatives isolées. Preuve que sans Pirlo, suspendu, le jeu des bianconeri est bien moins fluide. Si l’on excepte le but libérateur de Marchisio, les deux grands faits de match demeurent la sortie sur civière de Del Piero, et l’expulsion du portier de Cesena Antonioli. Le premier, entré en jeu à la 56ème minute, en est ressorti sept minutes plus tard, le visage en sang, après une rencontre avec les crampons de Rossi. Le second a été exclu sans aucune raison, pour une sortie totalement régulière sur Giaccherini, qui a également provoqué un pénalty, transformé par Vidal. Les mauvaises langues diront certainement que toutes les équipes n’ont pas droit au même traitement.

Peu importe la manière : la Juve est ce soir, encore, tout en haut de la Serie A, avec deux points d’avance sur le Milan AC, vainqueur du Genoa vendredi soir (0-2), et sur l’Udinese, qui est allée s’imposer à San Siro contre l’Inter hier soir (0-1). Ces trois équipes ont désormais fait le trou, puisque le quatrième du classement, la Lazio, est relégué à cinq longueurs. Mais les coéquipiers de Djibril Cissé recevront demain soir Novara, avec l’espoir de recoller au peloton de tête. Le Napoli est quant à lui cinquième, toujours à neuf points du leader, malgré son joli succès hier contre Lecce (4-2). Dur de courir aussi vite que ceux qui sprintent.

Ibarbo et Marco sur un bateau

La belle opération du jour, elle est pour Cagliari. Les Sardes, qui n’avaient plus obtenu le moindre succès depuis le 2 octobre dernier, ont dû changer d’île pour goûter à nouveau aux trois points. De la Sardaigne à la Sicile, et voilà la troupe de Ballardini qui gagne face au Catane de Montella, en baisse de régime depuis quelques semaines. Le coach aux lunettes noires peut remercier son Colombien, Victor Ibarbo, auteur d’un but magnifique qui a résolu la situation. Cagliari gagne six positions, et se retrouve à la septième place, juste devant la Roma. Le Chievo aussi, a un Colombien. Il s’appelle Uribe, mais lui, ne joue pas. Du coup, pas de Colombien ? Bah, pas de buts. Un triste 0-0 entre l’équipe de Vérone et l’Atalanta qui, mine de rien, n’a perdu que deux fois cette saison en championnat. On peut facilement refaire le monde avec des « si » : si l’Atalanta ne trainait pas ses six points de pénalité comme un boulet, les Bergamaschi seraient actuellement cinquièmes, devant Naples.

Enfin, dans le dernier match de l’après-midi, Bologne s’est imposé face à Siena (1-0), grâce à un but de Marco Di Vaio, qui n’avait plus inscrit un pion synonyme de trois points depuis le 26 février dernier, face à la Juventus. Il s’agit là d’une excellente opération pour les rossoblù. Si Novara ne réalise pas un exploit demain soir au stadio Olimpico, ils auront en effet quatre points d’avance sur la zone de relégation. Or, avec un calendrier qui leur offre le Milan AC, le Genoa et la Roma lors des prochaines journées, prendre un peu d’avance est loin d’être un luxe. Alors, grazie Marco.

Les résultats :

Genoa – Milan 0-2
Ibrahimovic 56’, Nocerino 79’
Inter – Udinese 0-1
Isla 73’
Napoli – Lecce 4-2
Lavezzi 26’, Cavani 33’ et 84’, Dzemaili 41’ / Muriel 54’, Corvia 94’
Bologna - Siena 1-0
Di Vaio 28'
Catania - Cagliari 0-1
Ibarbo 64'
Chievo - Atalanta 0-0
Fiorentina - AS Roma 3-0
Jovetic 17', Gamberini 44', Santiago Silva 86'
Juventus - Cesena 2-0
Marchisio 72', Vidal 83'

Parma - Palermo, ce soir, 20h45
Lazio - Novara, demain, 20h45

Eric Maggiori
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Pas si poussive que ça, la Juve. Au contraire, j'y vois un test concluant. Pas de Pirlo et une équipe qui défend à 11 en face, il fallait aller les chercher les 3 points, surtout avec un Matri complètement à l'ouest (Quagliarella a été bien meilleur quand il est entré). C'est plus ce genre de match que le nul arraché à Naples qui va me convaincre des chances de ramener un scudetto à Turin.
Effectivement, test concluant mais dans la douleur. Heureusement qu'il y a Pirlo !
Miles Morales Niveau : DHR
Ah ça Luis Enrique, il devrait demander l'envoi d'arbitres de Liga, c'est mieux pour gagner quand on se revendique du Barça...
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