1. // Éliminatoires Euro 2016
  2. // Groupe C
  3. //
  4. // Macédoine/Espagne

La Roja se met à l'anglais

Alors que le championnat anglais n'a jamais compté autant d'Espagnols, la Roja n'a, elle, jamais autant parlé la langue de Shakespeare. Un constat implacable qui pose une question : quel impact sur la sélection de Vicente del Bosque ?

4 17
L'horloge n'annonce que le début de la sieste. Loin de son hamac et de ses oliviers méditerranéens, Pedro Rodríguez enfile pourtant son barda de nouvelle attraction. Sous le déluge peu accueillant des Midlands, il entame son apprentissage anglais dans le si British stade des Hawthorns de West Bromwich. Aux ordres cérébraux de Luis Enrique s'opposent désormais le discours quelque peu incontinent de José Mourinho qui, en l'espace d'une mi-temps, entraperçoit tout le bien fondé de ce recrutement de dernière minute. À l'ouverture du score de Pedrito font suite deux autres pions de ses compatriotes Diego Costa et Azpilicueta. Et une première victoire étriquée des champions d'Angleterre sortants. Pour le Special One, ces prémices « n'ont pas été ceux de Maradona, mais presque » . Surtout, ils mettent en exergue une tendance dont la croissance a de quoi faire pâlir tous les observateurs du FMI : la Liga est le plus gros pourvoyeur de talents outre-Manche. Une vérité des chiffres, mais aussi des terrains qui pose question du côté de l'office de Vicente del Bosque : quelle incidence sur la Roja et son jeu si latin ?

Vicente et « l'enrichissement » de sa sélection


L'influence espagnole en Premier League ne se dément pas depuis le Spanish Liverpool de Rafa Benítez. Premier entraîneur du pays de Don Quichotte à traverser la Manche en 2004, le Madrilène réussit à faire changer quelques mentalités et idées reçues en perfide Albion. L'inverse se veut plus relatif. Bien entendu, nombre de joueurs espagnols évoluent en Premier League. Une tendance qui ne cesse de croître depuis le début du millénaire, au gré des mercatos et des changements de direction sportive. L'appât économique aidant, les pensionnaires du championnat anglais se gavent d'amateurs de tapas et de tiki-taka. Si bien qu'après les premiers succès de la Roja vient la première vague d'exode massif. Après le départ de Fernando Torres en 2007 vers Liverpool, David Silva, à Manchester City en 2010, David de Gea, à United en 2011, ou encore Juan Mata, à Chelsea en 2011, lui emboîtent le pas. Des transferts onéreux qui font le bonheur des acquéreurs, parés de nouveaux renforts aux performances régulières, et des vendeurs, dont les comptes en banque dans le rouge reçoivent du cash. Les principaux intéressés, eux, perçoivent des mensualités que seuls Barça et Real peuvent leur proposer.

Plus problématique est le pillage des canteras outre-Pyrénées. Depuis le recrutement précoce de Cesc Fàbregas par les Gunners de Wenger, les clubs anglais se sont fait une habitude de venir dépouiller les centres de formation espagnols. Pour la moustache de Vicente del Bosque, le constat prête à l'optimisme : « Ils sont partis très jeunes, c'est un facteur d'enrichissement. Ces jeunes nous permettent de perdre des complexes que nous avions dans le passé. » De même, il estime que « cela signifie que le football espagnol vit une période faste. Nous avons désormais plus de responsabilités. » Ce modèle, copié et exporté, n'est pourtant pas gage de réussite. L'exemple de Manchester City et de Denis Suárez parle de lui-même. Fleuron des sélections de jeunes de la Roja, le Galicien s'engage à 17 ans avec les Citizens. Trop frêle, il peine à imposer sa vista et repart, la queue entre les jambes, pour l'Espagne et le FC Barcelone deux ans plus tard. Aujourd'hui encore, Héctor Bellerín et Aleix Garcia épousent une fin de formation à l'accent britannique. Leurs fortunes, elles, divergent.

Un plus physique, une identité toujours blaugrana


Cette exportation massive s'applique autant aux mastodontes de Premier League qu'aux autres fanions d'Angleterre. Ainsi, jamais le Championship n'a compté autant d'Espagnols dans ses rangs. Une tendance qui pourrait offrir de nouveaux maux de tête à Vicente del Bosque si seulement les profils étaient différents… Car la réussite anglaise des Espagnols répond, bien souvent, au même prototype de joueur. De Chelsea à Manchester United en passant par City et Arsenal, toutes ses escouades connaissent un meneur de jeu hispanique. De fait, le dernier onze de la Roja aligné face à la Slovaquie offrait un quatuor offensif estampillé Premier League - Pedro, Diego Costa, David Silva, Cesc Fàbregas. L'arrière-garde de la sélection reste, elle, propriété de la Liga, tandis que l'essence de son jeu rappelle des origines blaugrana. Le style anglais, plus direct, permet au mieux aux joueurs offensifs de gagner en physique et en intensité. Mais, si le championnat anglais se nourrit des manieurs de ballon espagnols, la sélection de Vicente del Bosque conserve bien sa colonne vertébrale à mi-chemin entre le FC Barcelone, les deux géants de Madrid et David Silva.

Par Robin Delorme, à Madrid
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Bald&bearded Niveau : CFA2
J'ai bien l'impression que ce pillage en règle n'aide pas les clubs Anglais à obtenir des résultats sur la scène Européenne, et en plus de ca bouche l'horizon des jeunes British.
Il va falloir arreter avec ce terme de pillage.
Si demain des brigands rentrent chez toi et te piquent ta TV en laissant 1000 balles sur le buffet, ce n'est pas un pillage en regle.
Bald&bearded Niveau : CFA2
Il y a des sommes qu'on ne peut refuser Ari. On en a suffisement parlé au moment de la distribution des droits TV Anglais et de leur marché dans les différents championnats.
Mais si tu veux chipoter et prendre la mouche sur la mauvaise interprétation d'un terme pas de pb.
Putain en lisant l'article j'ai presque l'impression de lire Captain Tsubasa (oui le nom original claque plus qu'Olive et Tom) des joueurs techniques qui s'en vont se frotter à "la crême de la crême" du football (selon la BPL) qui sont tous aussi bon techniquement mais vachement plus fort sur le plan physique
La_Rousse_Tourne Niveau : District
Alalala ce David Silva, tellement jouissif de le voir tâter le ballon.

Si lui a bien sa place en Espagne, c'est bien sûr grâce à son toucher de balle exceptionnel, mais surtout grâce à sa régularité dans le jeu !
Et lui, à l'Euro 2012, si je me rappelle bien, c'était le SEUL joueur hors Barça/Real à être titulaire, c'est pas pour rien !

Sir Alex l'a lui même dit, il regrette de n'avoir pu le faire signer en 2010. Et comment !!
Note : -1
Message posté par AriGold
Il va falloir arreter avec ce terme de pillage.
Si demain des brigands rentrent chez toi et te piquent ta TV en laissant 1000 balles sur le buffet, ce n'est pas un pillage en regle.


Oui mais si tu te sers des 1000 balles pour rembourser ton emprunt sur la télé, et ensuite en racheter une autre je suis pas sur que t'y gagnes au change.

Bon après on peut toujours que si les clubs français savaient mieux gérer leur finances, les transferts de la première league aurait pu être réinvesti soit dans la formation, les salaires ou le recrutement.
Message posté par La_Rousse_Tourne

Et lui, à l'Euro 2012, si je me rappelle bien, c'était le SEUL joueur hors Barça/Real à être titulaire, c'est pas pour rien !


Il y avait aussi Jordi Alba, qui signe à Barcelone pendant la compétition.
Nan mais je comprends ce que tu veux dire mec, juste que le terme "pillage" me semble exagere.
Sans rancune :)
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 2
Note : 1
Ca rappelle un peu le cas de la France. La base de l'equipe signee calcio en 98 et 2000 peu a peu remplacee par une base PL. Sans enter dans le super débat PL contre serie A ca n'a pas rendu service a l'EDF.
Si l'espagne garde une ossature espagnole ca devrait aller pour eux. Surtout qu'un gars comme Silva peut jouer dans n'importe quel championnat il sera toujours au top.
Le foot ce joue à 50-60% dans la tête à ce niveau,

https://www.youtube.com/watch?v=p_YhijCzccs
Regardez l'action à 44:41 minutes de la video, pas du match, de la video

Sylva à le ballon du 2-0, fin du Game, passage en 8 eme, peut etre la 2 eme étoile sur le maillot, 2 minutes plus tard, 1-1 et début du cauchemar,

Je pense qu'avant de parler de style, premier league ou real barca etc... il serait bon de ce demander, qu'est ce qui a flanché dans la mentalité des joueurs? et c'est là qu'un Mourinho est vraiment au dessus, mais jamais dans la durée car c'est un boulot très dur à maintenir (ce que Pep à réussit le plus longtemps).

Est ce que ce piqué, moqueur, de Sylva n'est pas le symbole d'une équipe qui s'est cru trop forte pour les autres, et que le but magique de RVP (plus le Bukkake qui à suivit) à réussis à briser 6 ans de hight level?

Ca marche avec toutes les équipes, après le talent entre en compte, mais pour moi avant de parler des défaut et avantages qu'apporte une culture de championnat, on devrait se pencher sur cette aspect psychologique, au combien important et souvent mis de coté, surtout en France.

Quand je vois la soumission des équipe de L1 quand ca va jouer Paris, ok il faut pas manquer de respect mais bon un peu de psyco pourrait en aider certains.
pierre ménès 2.0 Niveau : Ligue 1
Note : 2
Nous aussi belges, on a une colonne vertébrale made in PL.
Et on a un jeu de merde, mais je ne dis pas qu'il y a un lien de cause à effet hein!

Après de plus en plus de team nationale sont made in PL, je viens de voir qu'il y a 33% d'anglais dans les effectifs professionnels d'outre-manche. Ca pique quand même.
Message posté par pierre ménès 2.0
Nous aussi belges, on a une colonne vertébrale made in PL.
Et on a un jeu de merde, mais je ne dis pas qu'il y a un lien de cause à effet hein!

Après de plus en plus de team nationale sont made in PL, je viens de voir qu'il y a 33% d'anglais dans les effectifs professionnels d'outre-manche. Ca pique quand même.


D'ailleurs est ce qu'une enquête a été réalisé par quelqu'un pour savoir comment le pactole des droits télés étaient utilisés, savoir si les clubs anglais, allait accepter de passer toujours pour des pigeons ou bien si une partie avait été investie dans des projets de rénovation/extension de stades, centres d'entrainements.
@garagnas

Oui une part (trop faible) sera investie dans les "grassroot facilities"). Des infos sont dispos en ligne.
Message posté par garagnas


Oui mais si tu te sers des 1000 balles pour rembourser ton emprunt sur la télé, et ensuite en racheter une autre je suis pas sur que t'y gagnes au change.

Bon après on peut toujours que si les clubs français savaient mieux gérer leur finances, les transferts de la première league aurait pu être réinvesti soit dans la formation, les salaires ou le recrutement.


Il aurait dû dire 10 000 balles alors...

C'est dans cet ordre là que les anglais paient les Tv étrangères!
Message posté par numero99
Le foot ce joue à 50-60% dans la tête à ce niveau,

https://www.youtube.com/watch?v=p_YhijCzccs
Regardez l'action à 44:41 minutes de la video, pas du match, de la video

Sylva à le ballon du 2-0, fin du Game, passage en 8 eme, peut etre la 2 eme étoile sur le maillot, 2 minutes plus tard, 1-1 et début du cauchemar,

Je pense qu'avant de parler de style, premier league ou real barca etc... il serait bon de ce demander, qu'est ce qui a flanché dans la mentalité des joueurs? et c'est là qu'un Mourinho est vraiment au dessus, mais jamais dans la durée car c'est un boulot très dur à maintenir (ce que Pep à réussit le plus longtemps).

Est ce que ce piqué, moqueur, de Sylva n'est pas le symbole d'une équipe qui s'est cru trop forte pour les autres, et que le but magique de RVP (plus le Bukkake qui à suivit) à réussis à briser 6 ans de hight level?

Ca marche avec toutes les équipes, après le talent entre en compte, mais pour moi avant de parler des défaut et avantages qu'apporte une culture de championnat, on devrait se pencher sur cette aspect psychologique, au combien important et souvent mis de coté, surtout en France.

Quand je vois la soumission des équipe de L1 quand ca va jouer Paris, ok il faut pas manquer de respect mais bon un peu de psyco pourrait en aider certains.


Là tu parles de Tony SYlva je pense.
Message posté par Bald&bearded
J'ai bien l'impression que ce pillage en règle n'aide pas les clubs Anglais à obtenir des résultats sur la scène Européenne, et en plus de ca bouche l'horizon des jeunes British.





Je te répondrai par un raisonnement tout bête mais assez évident:Les clubs anglais se tournent de moins en moins vers du produit local, peut-être parce qu'il est de mauvaise qualité non?
Parce que je crois bien que les équipes espagnoles ont tendance à recruter beaucoup de sud-américains/portugais, et la problématique ne se pose pas.
Quand tu regardes les jeunes british dont on vantait les mérites il ya quelques années, combien ont réellement prouvé qu'ils méritaient tant d'éloges et un statut de titulaire? Welbeck? Walcott? Gibbs? Cleverley (lui, sur son premier match en community shield, il m'avait bluffé, certainement en surrégime)? Phil Jones? Mc Eachran?
montrealyonnais Niveau : DHR
Ouais, enfin, les anglais se tournent surtout vers les étrangers pour avoir de bons joueurs opérationnels tout de suite. Pas de temps à perdre dans la formation. La France, l'Espagne et tous les pays du monde sont là pour ça. Je gage que s'il y avait davantage de place dans les clubs anglais pour que les meilleurs jeunes puissent jouer, le niveau général des jeunes augmenterait. Le faible nombre de petits brits qui émergent expliquent leur "starification" précoce.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
4 17