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La revue de presse d'Espagne-France

Si l'humeur et le ton diffèrent en fonction du camp où elles se situent, celui du vainqueur ou du vaincu, presses ibère et tricolore s'accordent sur un élément : la frilosité de Laurent Blanc.

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France

Fini l’Euro 2012, donc, pour l’équipe de France. Les médias français ont déjà tiré quelques leçons de cette élimination en quarts contre l’Espagne (0-2), championne d’Europe en 2008 et du monde en 2010. Pros jusqu’au bout, ils ont d’abord commencé par qualifier cette défaite de logique. L’Agence France-Presse écrit ainsi : « Il n’y a pas eu de miracle, face à un rival qui lui a été supérieur et a enfin vaincu le signe indien en s’imposant pour la première fois en compétition officielle après cinq défaites et un nul concédé dans leur histoire commune. » Les Français pourront toujours se raccrocher au souvenir de la finale de l’Euro 84 ou du huitième de finale du Mondial 2006…

Hier, Laurent Blanc avait tenté un coup de poker sur la pelouse de Donetsk. En gros : verrouiller le couloir droit en plaçant au milieu de terrain Debuchy (pourtant arrière, d’habitude) et Réveillère en défense. Du coup, exit Nasri. L’envoyé spécial du journal Le Monde commente ce pari tactique : « En cas de victoire, on aurait crié au génie. Dans la défaite, on pourra regretter la composition défensive concoctée par Laurent Blanc, laissant l'amer sentiment que les Bleus, avec un peu plus d'ambition et de percussion, auraient pu venir à bout d'une équipe espagnole qui ne semble plus invincible. »

L’art est difficile et la critique facile, hein ! Encore plus facile quand le premier but ibère vient d’un débordement sur le couloir occupé par Debuchy et Reveillère (lequel provoquera le penalty de l’Espagne en fin de match). À la 18e minute, le supersonique Alba déborde et son centre offre le but à Xabi Alonso. Sympa, comme cadeau, pour la centième sélection du Madrilène. Des frustrations, côté tricolore ? Les coéquipiers de Benzema, resté muet pendant la compétition, seraient quand même en droit d’en nourrir, selon L’Équipe. « Même si le penalty transformé par Alonso en fin de match devrait atténuer leurs regrets, ils quitteront sans doute Donetsk avec le sentiment qu'il était finalement possible de bousculer la "meilleure équipe du monde". Pour la faire trébucher, il aurait peut-être fallu jouer pendant le premier acte. Et concrétiser leurs temps forts en seconde. » Dans cet Euro, les Bleus avaient pour objectif de se frayer un chemin jusqu’aux quarts de finale. Ils ont rempli le contrat. Sans chercher vraiment à aller plus loin, semble-t-il.

Espagne

Entre cette France moribonde, cette roue qui a enfin tourné ou la capacité de cette Roja à s'adapter aux problèmes posés, les thèmes de prédilection de la presse espagnole varient ce dimanche matin. Concernant le niveau et la stratégie des Bleus, les plumes qui en parlent le mieux sont sans doute celles de Marca, avec un titre malicieux et un brin taquin, « Un guignol entre les mains de l'Espagne » . Évoquant le « dispositif timoré de l'entraîneur français » , Marca charge ouvertement Laurent Blanc : « La France a été trahie par la peur de son sélectionneur. » Et le canard d'utiliser une formule qui illustre le diable espagnol : « Peut-être est-ce la force de cette équipe que d'effrayer ses adversaires au point de les faire déjouer. »

L'autre quotidien sportif de la ville, As, ne dit en tout cas pas autre chose : « Merci à Laurent Blanc de nous avoir rendu le chemin des demies aussi supportable. » Si les journalistes de cette publication soulignent la frilosité de Blanc, ils font aussi état du manque d'âme des Bleus : « Ce n'est pas tant que la France se divise entre ceux qui chantent l'hymne et ceux qui restent bouche-cousue. Il y a d'autres signes : une faible solidarité ou un enthousiasme minime. » As n'en oublie pas moins de porter en triomphe cette sélection espagnole décriée durant le premier tour : « Sous le prétexte d'un beau football, les Espagnols ont soumis leur adversaire à une torture d'un sadisme extrême. »

Loin d'uniquement tirer à boulets rouges sur les Bleus, la presse ibérique a aussi fait état de cette « Espagne qui en a fini avec sa malédiction » contre la France, comme l'évoque el Mundo Deportivo, qui titre « Adieu aux fantasmes » . Cette issue heureuse, Sport l'attribue en partie à Xabi Alonso, auteur de deux buts pour sa centième avec la Roja, mais aussi et surtout à Jordi Alba, la fusée espagnole qui a mis à mal ce double rideau Debuchy-Réveillère sur son côté. Dans un article qui lui est consacré, le journal pro-Barça encense la probable future recrue catalane en la qualifiant de « meilleur défenseur latéral de l'Euro » . Ça serait oublier un peu rapidement les Lahm ou Coentrão...

L'occasion leur sera donnée de départager le Valencien et le Portugais durant la prochaine demie, les publications sur l'affiche à venir remplaçant déjà celles de France-Espagne dans la matinée.

Par Arnaud Clement et Adrien Pécout
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JeChausseDesPatrick Niveau : District
On aurait pu croire Laurent génie de la tactique, mais il avait tout pompé sur son copain croate. Son bon copain qui l'avait déjà enfumé en 98. Un coquin ce Bilic, ou un maso ce Lolo?
waynerooney Niveau : CFA
Gagner un match sur quatre et être fier cte blague
waynerooney Niveau : CFA
JeChausseDesPatrick +1 juste pour ton pseudo
ce qui me choque le plus dans cette defaite c'est l'attitude d'après match, on dirait qu'ils ont atteint leur objectif et que le quart face à l'espagne c'etait juste du bonus bah tanpis ils ont perdu mais ils en sont fiers ( 1 seule victoire en 4 match contre la plus faible equipe ). Je crois qu'il est temps de faire un grand ménage dans cette equipe et de prendre des joeuurs, des vrais, pas ceux qui viennent pour toucher leur 100000 e de prime et basta !
Pourquoi n'a t'on pas plus piocher dans les equipes de montpellier, du psg et lille tant ils ont prouvés cette saison du caractère et de l'envie ?
La presse espagnole ne se pose donc aucune question quant à la performance de sa sélection? Bizarre.

Perso, j'ai pas le souvenir d'un aussi mauvais match de la Roja. Sauf le quart contre l'Italie de 2008.
@Mario,
deja si tu veux avoir des avis plus objetcifs que Marca ou sport, il faut mieux lire El Pais, ou pire encore lire des buout d'articles traduit par Sofoot.

De plus, si personne ne se pose des questions, c'est peut etre que y en a pas tant que ça à se poser.

Je n'ai pas vu l'espagne en difficulté sur 90 mn, le tout en jouant tranquilement. pour moi c'est un match super controlé, grace evidement a un but tot ds la partie qui permet cette gestion.

La force de cette roja (a qui il manque quand meme cruellement Villa) c'est cette adaptation à l'equipe ds face, sans pour autant perde son jeux.

A+
General Delacroix Niveau : District
Deux ans de plus perdus. Blanc avait deux ans pour construire un groupe cohérent et voilà le résultat. J'avais dit que quand on est content d'un match comme le France-Angleterre de la première journée, on s'expose à ce genre de déconvenues. C'est fait.

Le plus grand accomplissement de l'équipe de France ces 10 dernières années aura été de transformer n'importe quelle rencontre d'importance en match de préparation. A chaque fois que la France joue, on dirait le match des célébrités organisé par Michael Schumacher au Stade Louis II. La même intensité, la même vitesse, le même engagement. Que ce soit un quart de final d'Euro ou un match amical de rentrée à la fin du mois d'Août, l'équipe joue toujours, toujours sur le même rythme.

Depuis l'Euro 2008 on n'a pas avancé. Oui parce qu'il ne faut pas se leurrer, l'équipe tourne exactement pareil qu'avec Domenech. On joue en marchant, on ne sait pas quoi faire du ballon, personne ne bouge, une passe sur deux prend à contre-pieds son destinataire etc. Et si Ray Strange avait décidé de mettre un défenseur latéral ailier droit, il aurait été guillotiné. Enfin peu importe puisque le quart de final était l'objectif. Tout va bien.

Le plus tragique dans cette mascarade est qu'ils semblent tous satisfaits de leur performance. "On a bien joué, bien défendu", "on sort la tête haute, on a pas à rougir", "on a tout donné". Le Président pousse même le vice jusqu'à nous prendre carrément pour des débiles en essayant de nous faire croire qu'à 0-0 à la mi-temps tout aurait été différent. "A 0-0 à la mi-temps on aurait pu les mettre en difficulté. On avait pas prévu de prendre ce but". Sérieusement ? Il se fout de notre gueule* ou quoi ? Il n'avait pas prévu quoi, de prendre un but contre l'Espagne ? Incroyable. Vous imaginez le sélectionneur italien ou allemand dire qu'il n'avait pas prévu de prendre un but contre l'Espagne ? Il fut un temps où je rigolais des mésaventures de l'équipe de France, aujourd'hui ça me donne envie de pleurer. Oui tu as raison Laurent, à 0-0 à la mi-temps on aurait pu espérer aller se qualifier aux tirs au but en se couvrant de gloire.

Quand Blanc et ses joueurs regardent les autres matches ( si tant est qu'ils les regardent ) il n'y a rien qui les choque ? L'Italie contre l'Espagne par exemple, au premier tour. Rien ne les frappe dans la performance italienne ? Apparemment non, ils ne voient pas la différence. Quand ils voient les Croates effondrés sur le terrain après leur élimination, ils ne disent pas "tiens, quelle est cette émotion qui semble envahir ces joueurs ? La déception ? Lol c'est quoi ?". Mais pour être déçu, encore faut-il se battre et avoir eu un jour le sentiment de pouvoir gagner.

Le pire étant que je vois encore des commentaires qui sous-entendent que ce n'est pas si mal, qu'il faut les soutenir, des jours meilleurs viendront. Jacquet lui-même veut conserver Laurent Blanc. Eh bien allons-y, continuons comme ça. Dans deux ans, on sortira du mondial brésilien en 8ème après avoir perdu 1-0 contre l’Équateur et Blanc, ou un autre pantin de la DTN qui l'aura remplacé, nous expliquera que c'est encouragent pour l'Euro 2016.

La belle France du football.
@Cil,
Perso, je l'ai vue en difficulté, l'Espagne.

L'EdF a eu un très bon quart d'heure, juste avant les remplacements. Elle aurait pu et du égaliser.

Étrange comme les remplacement pourtant réclamés par tout le monde ont complètement éteint l'EdF!

Du coté espagnol, que des passes ratées! Quelle absence d'ambition offensive! Quelle fébrilité défensive!

Selon moi, les espagnols n'ont pas contrôlé le match. Contrôler un match c'est autre chose.

On dirait qu'ils sont au bout du rouleau. Physiquement et même mentalement. A part trois ou quatre tauliers.

Certains prétendent qu'elle l'a fait exprès mais j'en doute.
En fait, je pense que l'Espagne vit sur ses acquis. Pas d'enthousiasme. Pas de remise en question. C'est la faiblesse des équipes qui ont tout gagné.

Elle fait peur à ses adversaires à priori mais c'est tout. Sur le terrain, c'est plus ça.

J'espère me tromper.

Plus que Villa, je trouve que c'est Puyol qui manque.

Je résume:

Casillas, impeccable, heureusement.

La défense, fébrile, à l'image de Piqué.

Le milieu, fatigué, à l'image de Xavi.

L'attaque, pratiquement inexistante.

Del Bosque, enfermé dans ses certitudes.

Bref, bof!

Bah, j'suis aussi dégoûté que les autres.
On a vu mieux en termes de mouillage de maillot et de pressing. Voir la fédé et les joueurs contents du tournoi, on a envie d'éclater de rire. Ce n'est qu'un jeu, certes, mais c'est quand-même mieux quand on joue, c'est-à-dire quand on part du principe que la défaite n'est pas une fatalité quand on décide de se bouger un peu les fesses.
Et ça serait pas mal non plus s'ils paraissaient un peu fier de porter le maillot du pays. Ils ont toujours l'option de décliner la sélection s'ils s'en branlent vraiment. Ca au moins c'est pas quelque chose qu'on peut pas reprocher aux Ritals.
Vivelesarbitres Niveau : District
Merci général Delacroix pour ce bon résumé. Pour ma part j'ajouterais volontiers qu'à l'évidence le problème ne s'est jamais appelé Domenech (RD), mais bien plutôt la FFF et les "glorieux" champions du monde. Ma théorie est que RD n'a jamais eu les mains libres, il a commencé en essayant de bâtir, a dû se rendre à l'évidence devant la médiocrité footballistique et humaine des cadres, a dû reprendre les grands anciens et a fini -et là c'est sa faute- par ne plus faire ses propres choix. Les "champions du monde" ont imposé Laurent Blanc, sélectionneur médiocre et stratège pire encore. Avec les résultats que l'on sait. La seule chose qui me fasse plaisir est que l'habillage fait par les communicants pour que les sponsors ne partent pas a volé en éclats dès la fin des centaines de matches amicaux contre toutes les équipes B de la terre. Espérons (sans trop y croire) en un grand nettoyage.
@ mario : j'aurais été ravi que la France marque, et dans un élan de chauvinisme poussé, j'y ai même vraiment cru.
Mais au vu du match, je ne sais même pas si il y a eu une seule occasion dans le jeu (i.e. sans le CF de Cabaye et le corner de Koscielny).
Donc c'est bien dur de marquer comme ça
merci gal delacroix - bonne analyse je pense.
Et d'accord aussi avec Vivelesarbitres,

mais qui pour la suite ??
Qui peut être capable de réellement construire qqch ? et ça avec des choix osés et justes ?
Je ne vois pas
vinceletah Niveau : CFA
Effectivement General, c est le plus navrant et le plus symbolique l attitude!
Les croates etaient effondres de sortir de l Euro, parce qu ils ont tout donnes! Les Francais sortent du match comme s ils sortaient de classe le dernier jour de l annee scolaire! Youpi l ecole est finie!
La tu comprends mieux l absence de revolte apres le but!
Juste une précision: El mundo deportivo aurait pas écrit "adios a las fantasmas" par hazard? parce que c'est "au revoir aux fantômes" ce qui aurait plus de ses que au revoir aux fantasmes. Même si battre l'Espagne en devient un beau de fantasme. Bref, j'ai pas trouvé la "une" dont vous parlez, donc je peux difficilement vérifier.
Et meme si les bleus étaient loin d'etre parfait, y'avait une sacré différence technique dans les choses simples (passes, controle, regarder le jeu).
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