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La revue de presse d'Allemagne-Italie

Presse italienne et presse allemande, difficile de ne pas être unanime. L'Italie a réalisé un très grand match, et l'Allemagne une toute petite rencontre. Voyons en détails ce qu'en disent les journaux sportifs des deux pays.

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ITALIE

Évidemment, côté italien, c’est l’euphorie pour cette qualification en finale de l’Euro. D’une part, la joie de retrouver une finale de l’Euro, douze ans après la défaite contre les Bleus. De l’autre, le plaisir d’avoir éliminé la puissante Allemagne, avec forcément une symbolique politico-économique derrière tout ça. D’ailleurs, en Une du Corriere dello Sport, qui titre en énorme « Les géants d’Italie » , on peut apercevoir une photo d’Angela Merkel, avec l’annotation : « On vous a fait un spread gros comme ça » , un spread étant, en économie, le différentiel entre deux taux. D’un point de vue plus footballistique, le Corriere annonce que Balotelli a été « splendide » et que l’Italie a donné « une leçon de football aux Allemands » , avant de développer : « Les Azzurri de Prandelli battent l’Allemagne favorite 2-1 et s’envolent comme dans un rêve vers la finale de l’Euro contre l’Espagne, un objectif que même les plus optimistes n’auraient pas pu prévoir. » Dans son édito, le directeur adjoint du journal, Stefano Agresti, explique à quel point cette victoire « redonne de la joie à tout un pays » , en revenant sur une année pour le moins mouvementée en Italie (crise, tremblements de terre, Calcioscommesse…).

Célébrations également du côté de la Gazzetta dello Sport. Le quotidien rose titre « C’est nous !!! » avec une grosse photo de Balotelli et des clichés des moments forts du match. Petite pique dès les premières lignes : « Nous avons encore battu l’Allemagne (2-1). Et maintenant, l’Espagne. » À l’intérieur du journal, pas moins de 20 pages sont dédiées à la rencontre. Le premier gros titre est clair pour comprendre qui est le héros de la soirée : « Straordimario » , jeu de mot entre straordinario (extraordinaire) et Mario. L’attaquant de Manchester City prend d’ailleurs un 8,5, la meilleure note de son équipe : « Le canonnier qui est en Mario s’est réveillé. Fin de la léthargie. Quels buts, messieurs dames. Le premier, une tête, belle, mais normale. Mais le deuxième… Une fugue vers Neuer et une frappe folle, comparable à une arme improvisée. » À vrai dire, toutes les notes sont excellentes. Pirlo prend aussi son 8,5 ( « touché par la grâce, on dirait Mozart en train de composer son Requiem  » ), tandis que Buffon, Balzaretti, Bonucci, De Rossi et Cassano reçoivent un 7,5. La Gazzetta est plus sévère avec les Allemands (normal). La meilleure note est pour Reus (6) et la pire est réservée à Mario Gómez, qui récolte un 4 avec le commentaire : « Et dire qu’on l’attendait comme le SuperMario allemand. En fait, c’est plutôt MiniMario… » C'est Bowser qui doit bien se marrer !



Le troisième quotidien sportif, Tuttosport, y va de sa petite vanne en Une. Comme sur tous les autres, c’est une photo de Balotelli qui orne la première page, ce coup-ci avec le commentaire « Li abbiamo fatti neri  » . Là encore, jeu de mots : l’expression signifie « On les a démontés  » , mais l’utilisation du mot neri (noirs) à côté de la photo de Balo torse nu n’est évidemment pas anodine. Le quotidien turinois, dithyrambique envers les Azzurri, n’élude toutefois pas la rage de Gigi Buffon à la fin de la rencontre, en reprenant sa déclaration : « J’étais énervé, on est train de jouer quelque chose de si prestigieux. Nous n’avons pas le droit de souffrir autant et de jouer avec le feu. Imaginez si, à la fin, sur un cafouillage, ils avaient égalisé… » Le coup de gueule est passé. Quant à la Repubblica, qui n’est pas un quotidien sportif, elle dédie également sa Une à la Nazionale, en titrant : « Le match parfait, les Azzurri en finale » , avant de préciser que 23 millions de téléspectateurs ont suivi l’exploit de l’équipe de Prandelli. Sur le site de la Republicca, l’éditorialiste Fabrizio Bocca assure qu’il s’agit là du « plus grand match de l’Italie depuis le Mondial 2006 » et pose une problématique en vue de l’été qui arrive : « Cette Nazionale, belle, est celle des Diamanti & Cie. Et pourtant, nos clubs continuent à chercher seulement des joueurs étrangers… » C’est dit.

ALLEMAGNE

L’Allemagne y croyait. Plus dure fut la chute. Élimination en demi-finale contre l’Italie. En perdant sans grand panache (2-1), hier, les hommes de Joachim Löw ont filé un sacré coup de blues à la presse allemande. « Pas de finale de rêve contre l’Espagne, pas de récompense pour un tournoi jusqu’alors si bon  » , déplore Die Zeit. L’hebdomadaire généraliste rappelle que la Mannschaft court toujours après un titre depuis son sacre à l’Euro 1996… « Parce que les joueurs les plus importants de la Nationalmannschaft, comme Schweinsteiger et Özil, se sont rarement montrés inspirés contre l’Italie, l’Allemagne est éliminée » , expliquent les journalistes du mensuel 11 Freunde. Lesquels ont observé des joueurs « fatigués » , « découragés » , « désemparés » .

Aucun allant offensif, donc, et bien trop de largesses défensives. Il n’y a qu’à voir la facilité avec laquelle Mats Hummels s’est laissé enrhumer par Cassano sur le premier but italien. « Dommage quand même que celui qui a peut-être été le meilleur défenseur central du tournoi ait commis une telle faute de débutant à la 20e minute sur le côté droit de la défense contre Antonio Cassano. » Une erreur qui a permis à l’Italien de déposer la balle sur le crâne de Mario Balotelli. Et bing, ouverture du score ! Auteur des deux buts italiens, Super Mario s’est bien régalé devant la fébrilité d’un Hummels ou d’un Badstuber. Seule réplique de l’Allemagne : le but sur penalty d’Özil dans le temps additionnel. Pas de quoi apaiser la frustration du tabloïd Bild, quotidien le plus lu du pays, qui a remis en cause les choix tactiques du sélectionneur Jogi Löw. C’est-à-dire les titularisations de Gómez, Podolski et Kroos, respectivement en lieu et place de Klose, Schürrle et Reus. « Gómez et Podolski ont été un échec total. Les deux ont dû sortir à la mi-temps. Un aveu, de la part de Löw, qu’il s’était trompé. Mais la correction est venue trop tard. »



Pour la quatrième fois consécutive en demi-finales d’une compétition majeure, l’Allemagne vient à nouveau de se faire bouter par l’Italie aux portes de la finale. Comme au Mondial 2006 qu’elle avait organisé. Alors, le bihebdomadaire Kicker préfère prévenir : « Cette Mannschaft a du talent, de la classe, et c’est pour cela qu’elle a un avenir prometteur. Ces belles prédispositions demandent toutefois confirmation, c’est-à-dire enfin un titre. L’enthousiasme autour de cette sympathique Nationalmannschaft est joli à voir ; mais l’ambiance festive est une chose, le succès sportif en est une autre. » Philipp Lahm et Bastian Schweinsteiger n'étant plus tout jeunes, ils ont intérêt à avoir capté le message lors du Mondial 2014.

Eric Maggiori et Adrien Pécout
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Spike Spiegel Niveau : CFA2
Je suis étonné que la presse allemande ne soit pas plus vindicative à l'égard de ses joueurs, eux qui attendant un titre depuis bientôt 20 ans... Les retours que j'ai vont d'ailleurs dans ce sens, "c'est sympa de bien jouer, mais si c'est toujours pour se faire taper en finale ou demi finale, ça sert pas à grand chose".

Les commentaires de la Gazzetta dello sports sur Pirlo et Balotelli sont très bien trouvés. J'espère un jour retrouver un tel niveau dans un quotidien français dédié au sport, mais avec l'Equipe c'est pas demain la veille...
Les deux équipes ont beaucoup de talents, mais à mon avis l'Italie en avait plus, et surtout elle a de l'expérience et des tauliers. L'équipe d'Allemagne a besoin de laisser grandir Hummels et Boateng, et d'une affirmation plus franche de Lahm et Schweinsteiger. En tout cas, c'est comme ça que je le perçois.
Il ne peut y avoir qu'un vainqueur tous les deux ans. Du coup, quitte à faire partie de tous les autres (qui ne gagnent pas), autant être à la place de l'Allemagne, qui propose un jeu offensif et des matches agréables. Ca ne remplace pas les trophées, Low doit en gagner un, 2014 sera je pense sa dernière occasion, mais ça compense pas mal et ça aide à faire passer la pilule.
Côté joueurs, Schweinsteiger a quand même traversé l'Euro comme un fantôme...
Putain que ce romantisme footballistique est bon!

La Nazionale nous la joue à chaque fois comme ça.
Façon le monde s'acharne, nous accable! Rien à foutre! Nous n'en sortirons que plus beaux, plus forts, plus élégants, plus classes!
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Note : 2
je crois bien que moralement et mentalement c'est un énorme coup dur pour cette génération allemande qui se croyait invincible.
Y a deux ans la défaite contre l'Espagne était excusable du fait qu'ils étaient tous extrêmement jeunes et sans expérience, mais là ils se pensaient au dessus du lot, supérieurs aux autres, plus techniques, plus collectifs, plus tout... Pourtant le résultat est encore une fois le même...

J'ai bien l'impression que les allemands s'habituent à être les beaux perdants de chaque compétition, une sorte de Hollande réincarnée...

C'est l'acculturation de la défaite qui les gagne. Les Ozil, Gomez, Muller, Podolski sont de bons joueurs mais ce ne sont pas des gagnants. Ce ne sont pas des mecs qui se transcendent quand la tension est à son paroxysme, quand la montagne devient plus haute...

L'Allemagne encore une fois sort contre la première vraie "équipe" qu'elle rencontre, comme en 2006, comme en 2008 et comme en 2010... J'entends par vraie équipe, une équipe complète à tous niveaux, avec une grosse défense et un vrai collectif.
Pauvre Angela Merkel, ça doit pas être facile d'avoir raison toute seule...
Pour faire plaisir aux amoureux des stats foireuses mais amusantes L'Iatlie respecte sa "loi des 6 ans" depuis 82 l'italie est présente au plus haut niveau tout les 6 ans : 82 victoire, 88 demie finale, 94 finale, 2000 finale, 2006 victoire, 2012 finale au minimum.
Les grandes compétitions appartiennent toujours a une même poignée d'élus !
Faut pas oublier que l'Allemagne était l'équipe la plus jeune du tournoi... devant la France...
@maxlojuventino
je ne crois pas du tout que l'Allemagne, au niveau des joueurs, de la presse ou des fans, se voyait "invincible".
Tu ne peux pas te croire invincible quand tu n'as jamais rien gagné.
Non, je pense qu'ils sont jeunes et ont des faiblesses, mentales et tactiques.
Je n'ai jamais vu d'arrogance dans le jeu de l'Allemagne cette année (et pas depuis un moment, j'avoue).
Ils ont désormais beaucoup de boulot mais ça, ça ne leur fait pas peur.
L'Allemagne continue de sortir des talents à la pelle donc ils sont encore là pour un bon bout de temps... même les dits "tauliers", Scheini, Lahm, Gomez, Podolski n'ont que 26-27-28 ans. Le reste est en début de carrière.

Côté italien, y a une génération assez jeune mais avec des leaders qui ont déjà tout connu, c'est aussi ça qui fait la différence. C'est aussi ça qu'on a pas du tout chez nous (et à bien plus forte raison)
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
bunk: je suis désolé mais après 15 victoires d'affilée, les allemands se croyaient invincibles.
Il suffit d'avoir lu les titres des journaux allemands la veille du match pour le savoir...;)

Certains annonçaient "Arrivederci Italia" en couverture... D'autres disaient que cette fois ils étaient trop forts pour l'Italie et que la série noire allait enfin s'arrêter...

Bref je suis persuadé qu'ils se sont vus trop beaux
Les allemands sous-estiment toujours (c'est incorrigible chez eux) l'Italie. C'est la seule explication à leurs défaites systématiques face aux Azzurri.

Complexe de supériorité qui leur joue des tours mais sur lequel ils ne reviennent pas.
Ca fait quand même depuis la CM 2006 et la défaite en demi qu'on entend : "attendez les allemands ont une super équipe qui doit mûrir encore. Vous verrez dans 2 ans." On attend toujours.
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