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La revanche de Di Matteo

Depuis qu’il a pris la succession d’Andre Villas-Boas sur le banc de Chelsea, Roberto Di Mateo a obtenu quatre victoires en quatre matches. Ce soir, il se déplace à Manchester City pour y défier Roberto Mancini. Et si, après tout, il était plus qu’un intérimaire ?

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FA Cup, Ligue des Champions et Premier League : rien ne résiste à Roberto Di Matteo. Intronisé au lendemain de la défaite de Chelsea sur la pelouse de West Bromwich, le 3 mars, le coach italien n’a pas mis longtemps à se faire (ré) adopter par les supporters. Une qualification pour les demi-finales de la Cup (avec même deux butrs de Torres!), une courte victoire en championnat contre Stoke, et, surtout, cet exploit en Ligue des Champions contre Naples : Chelsea resurgit du fond du trou où Villas-Boas l’avait laissé. L’euphorie du changement d’entraîneur ? Peut-être, oui. Mais Roberto Di Matteo n’est pas que ça. Pour la première fois depuis l’arrivée d’Abramovich, c’est un ancien joueur des Blues qui se retrouve sur le banc. Et surtout, pour la première fois, c’est un nom peu ronflant qui s’assoit sur ce banc qui avait plutôt l’habitude de voir passer des Ranieri, Mourinho, Hiddink et autres Ancelotti. Di Matteo, c’est l’austérité. L’anti Villas-Boas. Un type que l’on n’a pas besoin de payer 15 millions d’euros. Mais Di Matteo, c’est aussi l’histoire d’une revanche. Sur le foot, et sur la vie.

Sforza Italia

Roberto Matteo, un Italien avec une tête d’Asiatique, c’est déjà une drôle de carrière. Une carrière de footballeur qui n’a duré que douze ans, et qui a connu son apogée au milieu des années 90. Défenseur de formation, il débarque à la Lazio Rome lors de l’été 1993, dans une équipe ambitieuse qui vient d’être rachetée par le président Cragnotti. Il découvre la Serie A sous l’égide de Dino Zoff, puis de Zdenek Zeman, qui sera son coach jusqu’en 1996. Avec Zeman, Di Matteo devient milieu de terrain, apprend le football total, et cette philosophie : «  l’important, c’est de marquer un but de plus que l’adversaire » . Il devient un point fixe de l’équipe, et décroche même ses premiers gallons avec la Squadra Azzurra, dont il sera l’un des piliers de 1994 à 1998. Une Squadra qu’il aurait d’ailleurs pu ne jamais côtoyer. En effet, Di Matteo est né en Suisse, à Sciaffusa, et a commencé sa carrière là-bas, avant d’atterrir à Zurich et à Aarau. Mais dès son plus jeune âge, il refuse d’être convoqué en équipe nationale suisse, à l’inverse d’un Ciriaco Sforza. Lui veut l’Italie, lui veut la Nazionale. Et il l’obtient, même si, à cause d’une blessure qui le prive de la Coupe du Monde 1994, il n’a un rôle de protagoniste que lors de l’Euro 1996, où l’Italie est éliminée au premier tour.

Cet été 1996 marque un tournant. Courtisé par les plus grands clubs italiens, Di Matteo cède à l’appel insistant de Ruud Gullit, coach de Chelsea. Direction Londres, donc, dans un club qui, à ce moment là, n’a plus rien gagné depuis une Coupe des Coupes en 1971. Encore loin du Chelsea millionnaire d’Abramovich, ce Chelsea là tente de se forger une équipe talentueuse, avec l’arrivée de joueurs comme Zola et Vialli. Dès sa première année, pourtant, il remporte une FA Cup, suivie l’année suivante d’un doublé League Cup – Coupe des Coupes. En août 1998, il remporte même la Supercoupe d’Europe en battant le Real Madrid. Di Matteo connaît clairement, à 30 ans, ses meilleures années. Mais le 28 septembre 2000, crac. Lors d’un choc avec Daniel Imhof (un joueur né en Suisse, tiens donc), il se pète le tibia péroné. Une blessure dont il ne se remettra jamais. Après dix interventions chirurgicales, il prend conscience qu’il ne pourra plus jouer au football. En février 2002, il met un terme à sa carrière. Avec la ferme intention de ne pas en rester là.

Une montée et une promo

Difficile, pour Di Matteo, de dire adieu à Chelsea, comme ça. Car entre les Blues et lui, c’est bien plus qu’un simple contrat. En 1997, un an après son arrivée à Londres, il ouvre une pizzeria dans le quartier de Chelsea, qu’il baptise Friends. Le succès est immédiat. A tel point qu’en 2000, quelques mois seulement avant sa blessure, il inaugure un deuxième restaurant, cette fois-ci dans le quartier de Piccadilly, le Baraonda. Sa famille s’y sent bien, lui aussi, et il devient même un véritable héros local lorsqu’il marque à Wembley contre Middlesbrough, en finale de FA Cup 1997, permettant à Chelsea de remporter son premier titre depuis 26 ans. Mais après sa blessure, il se fait une raison : il n’a plus sa place à Chelsea. Un Chelsea qui change de dimension avec l’arrivée du magnat russe, et de ses stars mondiales. Tout penaud, l’ancien milieu de terrain s’en va passer ses diplômes d’entraîneur, avec l’espoir qu’un jour, peut-être…

La réalité, c’est qu’il occupe son premier poste de coach sur le banc de Milton Keynes Dons, en troisième division, en 2008. Il passe proche de la montée en D2 et s’attire ainsi les faveurs de West Bromwich, équipe de deuxième division, qui l’engage lors de l’été 2009. Choix judicieux : Di Matteo emmène West Brom jusqu’à la montée en Premier League. Quelques mois plus tard, alors qu’il goûte pour la première fois à l’élite en tant qu’entraîneur, il est limogé, les dirigeants jugeant que la 16ème position n’est pas assez concluante. Ce n’est que partie remise. Lors de l’été 2011, son amour de toujours, Chelsea, revient vers lui pour lui proposer de devenir l’adjoint de Villas-Boas. Un poste qu’il accepte sans hésiter sachant que, tôt ou tard, il deviendrait calife à la place du calife. Une promotion qui arrive finalement plus tôt que tard. Le 4 mars 2012, Di Matteo réalise son « rêve » , et devient l’entraîneur de Chelsea, profitant (ironie du sort) d’une défaite fatale à West Bromwich. Après un départ canon, il va désormais devoir affronter le cycle infernal qui attend les Blues : City ce soir, puis Tottenham, Benfica, Aston Villa et Benfica, en l’espace de quinze jours. L’occasion de prouver à son employeur qu’il existe une solution alternative à Mourinho pour la saison prochaine. Et que cette solution est déjà à la maison.

Le match en direct ce soir dès 20h45 sur So Foot

Eric Maggiori
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esteban007 Niveau : DHR
C'est sur que vu le calendrier on va être vite fixé sur le vrai niveau des blues!
Je pense que pour l'instant il ne faut pas s'enflammer même si la victoire contre Naples était magique!

RDV dans 15 jours, si tu prends au moins 4 points entre City et les Spurs et que tu tapes Benfica, alors la je dirais chapeau les mecs!
Juste un truc: 'Sciaffusa', c'est le nom en italien de Schaffhausen, la ville d'origine de di Matteo, qui se trouve en Suisse-allemande.

Dire 'Sciaffusa' dans un article en français, ce serait un peu comme parler du 'Parigi-Saint-Germain' dans un autre article en français.
acqua di gio Niveau : DHR
Pourquoi toujours parler de son physique ?

En France on kif se moquer des gens au lieu d'en tirer du positif.

C'est lassant à force...
@ acqua de mon cul*: Tu dois vraiment avoir une sale gueule. Y a rien de choquant dans l'article.... Arrete de complexer mec
DTC-DMC même combat Niveau : CFA
je pense que c'est plutôt : "et décroche même ses premiers galons avec la Squadra Azzurra!"

ou alors c'était une tournée aux US et il en a profité pour choper un bidon d'essence en souvenir qui pour la 1ère fois de sa vie n'était pas vendu en litres!!!! ;-)
Je suis bien content que Di Matteo réussisse avec les cadres. Tout le monde s'accordait à dire que les anciens étaient cramés, et ce, sans même regarder les matches des Blues. Des propos relayés par les pseudos journalistes surfant sur la vibe de l'excuse réchauffée et sans doute un peu trop éblouis par les performances de Villas - Boas la saison dernière.

Le truc c'est que les vieux grognards de Chelsea sont encore les meilleurs joueurs du clubs et en ont un paquet sous la semelle !

Suite à l'affaire Ferdinand, Terry a connu une période difficile pendant deux à trois matches et beaucoup en ont profité pour juger le défenseur sur ces quelques rencontres. Essien, même revenant de blessure, aura toujours un impact physique bien plus important que Meireles, Romeu et Ramires réunis et sera toujours le meilleur pour protéger sa défense. On a tiré comme il se doit sur Lampard alors qu'il était le seul joueur du milieu à jouer vers l'avant et à orienter le jeu de l'équipe intelligemment tout en continuant à planter sa bagatelle de pions habituelle. D'ailleurs, je serais curieux de connaitre son pourcentage de passes réussis car je ne l'ai vu en rater que très peu cette saison. Drogba, c'est Drogba quoi ! Il ne connait pas la même réussite que les années précédentes en championnat mais il sera toujours là dans les moments importants. Pour terminer, Cech, depuis son arrivée au club, connait SYSTEMATIQUEMENT une période difficile par saison. Pourquoi cette année serait-il plus cramé que les autres années ?

Là où la presse avait raison, c'est sur le niveau de jeu de Cole qui est a des années lumières de ce qu'il a montré sous le maillot bleu.

Si les Luiz, Cahill, Ramires arrivent à se mettre au diapason, si Di Matteo réussit à relancer Torres, si Sturridge devient plus régulier et en comptant sur les valeurs sûres que sont Ivanovic et Mata, la fin de saison des Blues peut être belle, et même très belle ...
Ça fait beaucoup de "si" Lamps :))


Sinon ouvrir une pizzeria pour un italien, il pouvait pas faire plus cliché là...
RDM n'est qu'un homme de paille sans talent ni charisme.
Les senateurs ne veulent pas d'un coach qui les commande, c'est eux qui doivent commender, et comme ils vont se fracasser grave (des ce soir...), j'attends avec impatience l'excuse bidon que tu nous sortiras Lamps...
AVB etait l'homme ideal pour demarrer le nouveau projet, mais pour cela il aurait fallu virer d'abord tous les vieux inutiles, qui partiront de toute façon en fin de saison couverts de honte et de discredit.
Ce club ne fait que reculer.
Et le pire, c'est qu'avec le retour aux affaires du comploteur Lampard, Mata a perdu d'un coup toute influence dans le jeu alors qu'il etait et de loin de par son poste d'electron libre-dynamistateur, le meilleur joueur de cette equipe... c'est limite un crime contre le football!
@Acqua di gio

Merci pour le lieu commun "En France on..."
ça doit être la première fois que je rejoint Pepe sur ce point, engager AVB sans lui donner véritablement les clés du projet de reconstruction était idiot, c'était tout ou rien. De plus, Di Matteo n'a justement pas assez de classe pour Abrahomovitch qui va faire revenir le Special One pour gagner la C1. Go Gunners !!
On voit bien que tu n'y connais rien Pepe puisque pour la première fois, Mata a été aligné en position de meneur de jeu par Di Matteo, Lampard se contentant d'apporter son soutien à la récupération et de faire la liaison entre les deux lignes ...

AVB l'homme de la situation ? Un homme avec une communication et une gestion humaine si pitoyable ne réussira jamais en Angleterre.
"De plus, Di Matteo n'a justement pas assez de classe pour Abrahomovitch"

Encore un fin connaisseur dis donc ... C'est vrai que Avram Grant lui avait du swag ...
aswinning_11 Niveau : Ligue 2
Mais purée, Chelsea, trop cher de pas perdre!?
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