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La rançon de Grégoire Puel

Grégoire Puel est-il nul ? Claude Puel a-t-il raison de s'obstiner à titulariser son fils au mépris des protestations ? Faut-il négocier avec une foule en colère ? On s'en est posé, des bonnes questions, ce week-end.

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Au moment d'enfiler son maillot et d'entrer sur cette maudite pelouse, il sentit forcément le poids de la condamnation populaire tomber d'un coup comme une lame aiguisée sur la nuque. Ils n'étaient pourtant pas venus si nombreux ce soir de septembre, à peine 18 000, pour assister à cette exécution. Un espoir naquit dans l'esprit du malheureux quand il vit que certains avaient emmené leurs enfants et les avait installés à côté d'eux, dans les quarts de virage des tribunes de ce stade au nom d'assurance-vie, sandwich dans la main et écharpe autour du front. Ainsi accompagnés de leur marmaille, espérait le condamné, ils n'oseraient pas insister, ils ne s'autoriseraient pas les invectives de la semaine passée, de celle d'avant et de celle d'encore avant. Ils retrouveraient la raison et, s'ils ne se résoudraient pas à le gracier cette fois-ci, au moins garderaient-ils un silence respectueux quand ils entendraient son nom dans les haut-parleurs. Même les taureaux avaient droit au respect. Alors pourquoi pas lui ? Quand on est Grégoire Puel, on se dit que les brailleurs s'épuiseront, qu'un ou deux buts les feront disparaître. On se dit que votre stade finira bien par vous oublier et cesser de vous insulter, de vous moquer, de vous conspuer. Ils finiront pas se taire et même, un jour de printemps, peut-être vous encourageront-ils à nouveau.

Au nom des arrivistes


Samedi soir, Grégoire Puel était bien sur la feuille de match au coup d'envoi de ce Nice-Metz. Il avait bien la responsabilité de la bande droite du terrain. Il avait même pris du galon dans ce 3-5-2. Il devait se projeter vers l'avant, comme ils disent sur les plateaux de Canal Plus, c'est-à-dire donner de la largeur et de la profondeur au côté droit de son équipe. Si on avait voulu, on aurait même vu un rôle à sa mesure lui permettant de jouer enfin à son poste - milieu droit - et de laisser derrière lui tous ces fantômes qu'ils traînaient à chaque fois qu'il était titularisé en défense par son père, Claude Puel. Mais cette responsabilité nouvelle n'était rien à côté de la sentence qui pesait sur lui depuis des semaines. À Nice, Grégoire Puel ne joue pas contre les adversaires du jour, il joue contre son public, son stade, ses voisins. Et c'est toujours le même reproche qu'on lui adresse. La chose est fixée, inévitable. L'héritier ne sera jamais l'un des leurs parce que, même s'il avait réalisé quelques stages d'été dans les ateliers, qu'il avait même démontré un certain talent et une sincère motivation, le nom qu'il porte exige beaucoup plus et le condamne à ne jamais être un inconnu parmi d'autres. Le fils du roi est toujours plus obligé que les autres. On ne se libère jamais de ses responsabilités dynastiques. C'est l'avantage de l'arriviste sur l'héritier, son nom est encore à construire.

La meute


Pourtant, même en 3-5-2, il faut bien défendre un peu. Alors qu'au milieu, il jouait juste et plutôt finement, tout à coup il devenait quelqu'un d'autre au moment de passer la ligne médiane dans le sens inverse et qu'il devait alors faire face à ces milliers de gorges qui, au mieux, lui riaient au nez, au pire lui crachaient au visage. Il paniquait. Chaque prise de balle en défense, chaque appel était une épreuve à relever. La vie est longue quand, dans votre maison, on guette la moindre de vos hésitations pour ricaner et vous humilier un peu plus. Chacune de vos approximations, chacun de vos contrôles hésitants, de vos appels contrariés deviennent une charge supplémentaire contre vous et de laquelle il va falloir répondre au prochain contact avec le ballon. Grégoire n'avait rien à dire pour sa défense ou alors personne ne l'écoutait. L'affaire était entendue. Le coupable, c'était l'entraîneur, son père. Il avait perdu le sens de l'équité au profit de celui de la famille. Et la justice populaire tourna au lynchage. Pendant toute la première mi-temps, on entendit des pères hurler sur le fils d'un autre comme ils l'auraient fait sur un animal perdu : « Regardez comme il est nul ! Regardez comme il est seul ! Voyez comme il est la honte de notre clan ! Chassez-le d'ici ! » Alors, les plus courageux s'installèrent au milieu d'une foule anonyme et, au lieu de demander la tête du roi, demandèrent celle de son fils.

Oublier Puel


En seconde mi-temps, Claude soulagea Grégoire en 4-3-3, l'allégeant de sa fonction défensive. La prestation du fils fut loin d'être ridicule. Presque admirable compte tenu des circonstances. Plutôt qu'à l'encourager, la foule s'obstina malgré tout à conspuer son nom quand Puel remplaça Puel par Eysseric à la 64e. Avant de regagner son banc, le bel indifférent leva les mains au ciel et remercia une dernière fois le public de son soutien. Le jury le conspua un peu plus encore, voyant dans ce geste naïf et audacieux le dernier forfait de l'imposteur quittant la scène. Le roi Puel avait fini par céder et reprenait le corps de son fils sous les huées. Il n'y avait pourtant rien de déshonorant à offrir le repos à celui qui aurait juste aimé qu'on l'oublie un peu. Puel venait de lui offrir « une chance de se libérer de l'obligation d'être toujours le héros, comme on attend toujours de moi que je sois le roi. Pour enfin assumer la charge plus légère d'être simplement un homme. C'est peut-être ça le vrai cadeau que je dois lui faire, c'est peut-être ça la rançon » (David Malouf, Une Rançon). Grégoire Puel mérite-t-il d'être conspué par les siens ? Poser la question, c'est déjà y répondre. Peu importe la cause. Ce qui compte, c'est l'effet.

Par Thibaud Leplat
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