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La prison pour El Niño, la fin pour les Ultras Sur

Il y a une semaine, El Niño était incarcéré dans la prison madrilène de Soto. Figure incontournable de la scène nazie de Madrid, il était également le chef de meute de la frange la plus radicale des Ultras Sur. Des Ultras Sur qui sont désormais à conjuguer au passé. Retour sur le parcours de celui qui avait fait du football son otage politique.

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Le début de la fin des Ultras Sur prend racine à Vallecas. Tel un pied de nez à leurs convictions politiques d'extrême droite, les membres les plus éminents du groupe de fascistes des environs du Bernabéu sont donc tombés dans le quartier ouvrier et très à gauche de Madrid. En cause, une plainte pour extorsion de fonds déposée en septembre dernier dans le commissariat du barrio du Sud de la capitale. Il y a tout juste une semaine, El Niño, El Bombero et El Cani ont été arrêtés suite à une enquête vieille de plusieurs mois de la police espagnole. Rien d'étonnant pour ces trois nostalgiques du Troisième Reich, déjà bien connus des services judiciaires et passés par la case carcérale. Mais, pour la première fois, ladite opération Ariete pourrait mettre pour longtemps ces trois néo-nazis derrière les barreaux. Une chute inéluctable qui sonne par là même la fin des Ultras Sur, déjà expulsés du Bernabéu en 2013 et aujourd'hui sans chef. Un chef surnommé El Niño Skin, ou plus simplement El Niño, qui symbolise à lui seul ce que les stades espagnols ont de plus haineux et gerbant. Portrait d'un énervé aux dents longues.

Tatouages SS, prison et yacht


Antonio Menéndez de son patronyme complet, El Niño se caractérise tout d'abord par un amour quelconque pour le football. Pis, son enfance, ce trentenaire la passe à supporter l'ennemi merengue, l'Atlético de Madrid. « Je suis de l'Atlético, j'aime le Real et je marche sur les tribunes du Bernabéu. Celui à qui ça ne plaît pas est au courant. Heil Hitler » , lâchait-il même sur son compte aux 140 caractères. Ce qui le pousse vers le Real Madrid, c'est une inexorable envie d'exister sur la scène fasciste madrilène. Le Frente Atlético faisant déjà salle comble, il se tourne vers les Ultras Sur et leur vieille garde. Un choix loin d'être anodin et qui découle de plus d'une décennie passée dans les arcanes de l'extrême droite locale. Après une carrière de militaire, Antonio Menéndez veut aller plus loin dans la défense de son pays. Amoureux du national-socialisme hitlérien, il veut rendre à l'Espagne un catholicisme conservateur et une population intégralement blanche. Son style de skinhead, ses tatouages en l'honneur des SS et un séjour d'un an en prison en font l'étendard des néo-nazis espagnols. Ses problèmes judiciaires également.

Issu d'un milieu très populaire, il découvre une nouvelle perspective du fascisme espagnol en la personne de Juan Bajo Hormiga. D'une riche famille de Madrid, il intègre les Ultras Sur dans les années 2000. Rapidement, il prend du galon au sein de la hiérarchie du seul groupe d'ultras du Bernabéu. Il partage avec El Niño la passion du culturisme et du racisme. Puis sa sœur, Ina. Comme leur paternel, Ina et Juan deviennent avocats de profession. Mieux, ledit Juan fait fortune grâce à la création d'une entreprise d'import-export. En bon nazi, il n'oublie pas de côtoyer le système judiciaire et est condamnée pour menaces et agressions. La famille d'avocats aidant, il ne passe jamais par la case prison. Grâce à cette relation avec ledit Juan, El Niño trouve un formidable moyen d'intégrer la branche décisionnaire des Ultras Sur et découvre le monde du luxe madrilène. De même, son nouvel ami Juan lui permet de prospérer. Entre des vacances sur un yacht, un travail de videurs de boîte de nuit et la prise de nombreuses drogues, il se permet quelques ratonnades version espagnole tout en profitant de l'aide financière et légale de sa nouvelle famille. Une certaine idée de la belle vie.

Un putsch néo-nazi


Pour prendre le pouvoir au sein des Ultras Sur, El Niño profite également des soubresauts de l'univers des skinheads de Madrid. En 2003, l'opération Puñal déclare illégale l'organisation Hammerskin, formé sur le modèle associatif. Un an plus tard, c'est au tour de Blood and Honor, autre fer de lance du nazisme espagnol, d'être mis au banc par la justice espagnole. S'ouvre alors un boulevard à Antonio Menéndez pour créer son propre groupe et rameuter de nombreux membres des Ultras Sur, orphelins des deux organisations néo-nazis interdites. Avec Outlaw, El Niño dispose de sa propre force de frappe et d'une aura des plus grandissantes dans le microcosme à la croix gammée. Son putsch chez les Ultras Sur, il l'entame à l'automne 2013. Sur fond de bisbille avec la direction d'alors, qu'il juge trop soft et juste franquiste, il plaît à la frange la plus radicale. Tant et si bien qu'en novembre, avant la réception de la Real Sociedad, il transforme avec ses gorilles les alentours du Bernabéu en no go zones. Victorieux de ce duel fratricide, il fait de ce groupe ultra sa chose. Un mois plus tard, Florentino Pérez et sa Junta Directiva, apeurés par cet extrémisme grandissant, expulsent les Ultras Sur de l'enceinte madridista. Enfin, dimanche dernier, El Niño est arrêté à son retour de Colombie par les forces de l'ordre. Les Ultras Sur sont morts, vive le football.


Par Robin Delorme, à Madrid
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