La presse espagnole et le grand n'importe quoi du mercato

Entre Zlatan Ibrahimović, Thiago Silva, Gareth Bale ou de nombreux noms moins ronflants, la presse espagnole a de quoi se nourrir en ce mercato. Comme tous les ans. Car au pays de Cervantès, on se fie bien de vérifier à 100 % son information. Mode d’emploi.

55 32
C’était le 17 juillet dernier. As, fer de lance du journalisme pro-madrilène, avance une Une tapageuse : « Ibrahimović veut suivre Ancelotti » . Dans les jours qui s’en suivent, le concurrent Marca accrédite la thèse d’un départ du meilleur joueur de Ligue 1 pour la capitale espagnole. Illico, Mino Raiola, agent du Suédois, discrédite l’information en affirmant dans les colonnes italiennes du Corriere dello Sport qu’Ibra «  est à 100 % au PSG » . Dans un registre plus catalan, le mini-feuilleton Thiago Silva au Barça a lui aussi connu ses informations diverses et contradictoires. Autant de tapages médiatiques pour que, deux semaines plus tard, L'Équipe annonce la prolongation imminente des deux stars du PSG. Exemples parmi d’autres, la France du football a semble-t-il découvert les joies du mercato made in Spain avec ces deux dossiers. Pourtant, chaque été, le refrain est bien connu outre-Pyrénées. Deux mois durant, la période des transferts ouvre les portes d’un grand n’importe quoi. Entre spéculations, rumeurs, et informations, difficile de décrypter un tel méli-mélo. Bienvenue dans le charmant monde du mercato espagnol !

« 50 % d’informations véridiques »

La première spécificité espagnole est le nombre très important de journaux. Loin du monopole français de L'Équipe, la presse espagnole regorge de parutions sportives. Ainsi, en plus des quatre mastodontes Marca, Mundo Deportivo, As et Sport, les quotidiens régionaux et nationaux font la part belle aux sports, football en tête. S’y ajoute les programmes télévisuels et radiophoniques. « Beaucoup de clubs espagnols ont beaucoup de journaux qui les suivent quotidiennement. Pour un même club, on peut en avoir trois ou quatre, nous explique Eric Olhats, recruteur pour la Real Sociedad. Si vous dites tous les jours que tout va bien, plus personne n’achète le journal » . Car loin du Real Madrid et du FC Barcelone, la presse pullule également. Eric Olhats, toujours : « Dans cette logique, chaque journal doit essayer d’en dire plus que ses concurrents. Il faut du titre aguicheur, il faut avoir des photos clinquantes. Tout ça est une histoire de business, de vente » .

Cette diversité dans les titres de presse implique, logiquement, un très grand nombre de journalistes. Et donc, autant d’égos. François Gallardo, agent français basé à Barcelone, nous éclaircit : « En Espagne, c’est la folie entre les journalistes. Les jalousies sont exacerbées. Ils sont tous « barjots » ! Il y a des personnes qui sont capables d’inventer de toute pièce une histoire pour essayer de prendre la place d’un de leur confrère. Et tout ça en sachant que leur information est totalement bidon  » . Une version qui ne convainc pas forcément Dani Hildalgo, journaliste à As, pour qui « toutes les informations ne sont pas nécessairement vraies, ni fausses, mais elles répondent toutes à des intérêts » : «  On ne parle pas non plus de la presse anglaise ou turque, dans lesquelles des choses peuvent être inventées de toute part, mais ici on suit des rumeurs  » . Dans le langage de François Gallardo, « 50 % des rumeurs des journaux espagnols ne sont pas fondées  » .

Allan Nyom : « Tu t’y fais »

À l’instar des mercatos anglais, français, hongrois ou maltais, les différentes rumeurs, fondées ou pas, répondent à des intérêts. Des intérêts qui peuvent être celles d’un club, d’un agent, ou même d’un joueur. « Ici, c’est un jeu de poker-menteur entre tous les acteurs, analyse le même François Gallardo. Et le fait que la plupart des joueurs veulent venir jouer en Espagne n’arrange rien. Je ne connais quasiment pas un joueur qui dise non. Que ce soit au niveau footballistique ou économique, ça reste tout bon pour le joueur. » Dani Hidalgo, suiveur de l’Atlético de Madrid, nous livre comment une information peut lui revenir aux oreilles : « Ce qui peut arriver c’est qu’un directeur sportif te dise : "Bon, écoute, on cherche un milieu défensif qui joue en Allemagne et à qu’il reste deux ans de contrat." Ensuite, on fait la recherche tout en sachant que peu de joueurs sont dans ce cas. Mais la marge d’erreur existe bel et bien. » D’où les erreurs d’interprétation d’une piste à suivre. CQFD.

Mais le plus déstabilisant reste pour le joueur. Marchandise le temps de deux mois, il est la cible de bien des rumeurs. Allan Nyom, joueur de Grenade depuis 2009, explique une situation qui est loin d’être uniquement la sienne : « Tôt ou tard, en Espagne, ça t’arrive que ton nom soit cité dans une information qui est totalement fausse. On t’invente, sans que tu sois au courant, un club qui te veut, ou une rénovation qui n’existe pas. Par rapport à la France, cela est beaucoup plus accentué. D’une certaine manière, cela montre qu’ils tiennent plus au football. Au bout d’un moment tu t’y fais. » Pour Dani Hidalgo, « aujourd’hui, les clubs sont tellement fermés, qu’il n’y a pas 30 000 solutions pour sortir des informations » . Du coup, le moindre semblant d’information devient de suite un scoop. Par exemple, « le cas Zlatan ne relève pas du mensonge » . Nous voilà rassurés !

Par Robin Delorme, à Madrid
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Crabz Shapiro Niveau : DHR
Sympa de faire un article sur le sujet, mais est-ce réellement nécessaire pour les lecteurs de Sofoot (sans prétention hein) ? On le sait tous que la presse sportive espagnole est une gangrène mais en vérité, on se ferait encore plus chier l'été sans elle.
Moi ce que je voudrais savoir, c'est si Casillas devait donner une bonne info à sa meuf à chaque fois qu'il envisageait de coucher avec elle pour retrouver le moral, le soir en rentrant en larme après que Mourinho lui ait volé son slip à la sortie des douches.
Bref donnez-nous de l'investigation, façon "zone interdite" !
Booyaka95 Niveau : CFA2
La presse español sportive. Hihihi. Marca, AS, El mundo deportivo, Sport, Super... Mention spéciale aux 2 premiers. Exemples de rigueur journalistique. Capables de faire une une sur les problèmes de Ronaldo avec son genoux le jour où un club non español gagne la champions. Leur seul et unique but est de servir le club qu'ils supportent. Fausses infos, fausses déclarations ou bien sorties de leur contexte. Même des sites comme footmercato sont un exemple de déontologie si on les compare. Marca est le journal le plus vendu en Espagne. Devant El mundo, El país... Mais franchement, même les espagnols le savent. Ça fait parti du folklore.
A cause du monopole des quatre journaux sportifs, deux madrilènes et deux catalans, la presse sportive espagnole est prise en otage par ce qu'on appelle le "periodismo de camiseta", le journalisme de maillot.
Ca ressemble ni plus ni moins à deux partis qui se partagent la scène politique. Et en Espagne, la politique et le sport sont l'opium du peuple.
romlakers Niveau : CFA2
Je crois pas que tout le monde veut venir en Espagne comme le dit le journaliste,puisqu'ils partent tous de l'Espagne .
LosduesThiago Niveau : Loisir
C'est peu etre moi , mais je vois pas en quoi le triptik l'equipe FF le parisien serait de meilleur qualité ou plus respectable que la presse sportive Espagnol. Et quant ont regarde l'equipe21 et leur debat en carton, le niveau reste tout aussi faible. Pour moi la presse sportive Francaise est a vomir. Tout le groupe amaury en particulier.
pour résumer : la presse sportive en Espagne c'est l'équivalent de la presse people en France ou en Angleterre !!
Et dire qu'à la base, la presse est juste sensée... informer...
Désormais c'est plutôt désinformer.
et le fait que Sofoot reprend une large partie de ces rumeurs, on en parle ?
C'est sûr qu'avec l'équipe et Amaury qui sortent un nouveau quotidien le même jour où un concurrent arrive (enfin), juste pour brouiller la lisibilité de l'offre et enterrer ce nouveau concurrent, on est gâtés en France.

Amaury est pathétique, alors que la logique serait de concurrencer à la loyal en améliorant son torchon (même si le 10 sport ne se profilait pas comme un journal de qualité supérieure, c'est sûr). Bref si l'amateurisme domine en Espagne, on est pas beaucoup mieux servis ici avec le monopole abrutissant d'Amaury.
Et topmercato, mercato365 et autres mercato-gogo, on en parle?
Pl'anus en feu Niveau : District
Marca et As c'est des comemierdas, mais scuzez moi, on a les mêmes à la maison !
buzz buzz buzzz
C"estpasZizouquoi Niveau : District
Haha ironique! Au bon souvenir de tous les articles sur ce site qui commencent par: "Selon Mundo Deportivo...".

Sans rancune, pendant le mercato, les pauvres lecteurs que nous sommes avons besoin d'info(x)s.
Altopécore Niveau : Ligue 1
Message posté par Maikinho
A cause du monopole des quatre journaux sportifs


Y'a pas quelque chose qui te chagrine là ?
De toute façon, ça ne vaut que pour le sport.

Inventer une envie de départ de Zlatan à Madrid, ça ne fait de mal à personne. Ca fait parler, ça fait débattre et c'est ça qu'on demande finalement. Sans ça, de quoi on parlerait l'été ? On se ferait méga chier*.

C'est pas comme si on pouvait inventer une rumeur sur un train qui déraille, avec des morts. Là, on est dans le sérieux, donc on parle de choses qui existent vraiment.

Moi, en tant que lecteur, j'ai toujours aimé les infos transfert. Même si tu sais qu'elle sont peut-être vraies, peut-être fausses. Parce que les clubs vérouillent aussi vachement leur com' donc les journalistes doivent quand même avoir de la matière, que les agents balancent aussi des trucs de leur côté pour faire monter la sauce.

Bref, pour moi, tout ça est un jeu qui profite à tout le monde : ça fait parler des joueurs, des clubs, des agents. C'est la crise en Espagne donc y'a au moins un peu d'emplois sauvés (les journalistes), et puis nous, lecteurs, ça nous permet d'en discuter et de débattre.
Quand je vois l'analyse du match des Bleus hier faite par l'Equipe, je trouve qu'on est très mal placé pour commenter.
C'est moi ou so foot fait un article sur ce qu'il pourrait lui même se reprocher? Notamment depuis deux trois ans où il est clairement visible que le clic est recherché. Vous avez sans doute raison sur les quotidiens espagnols, mais faites attention à la trajectoire que vous empruntez, vous êtes sur le même chemin et je ne crois pas être le seul à le penser.
Entre as, marca , MD ou Sport, il y a une grosse différence: quand le FC Barcelone ga en première page. Si le Real Madrid gagne la CL, MD ou Sport ne le font
Gagne un titre*. Ne le font pas*. Clavier de merde.
en même temps,les rumeurs en tout genre,c'est tout ce qu'il reste pour calmer le manque de foot et s'exciter à l'avance de la prochaine saision pendant les trop longs étés sans euro ni cdm.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
55 32