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La première de Steven Gerrard à Anfield

Gerrard à Anfield, c'est un triplé contre Everton pour sa 400e, son premier but en Red contre Leicester, 51 passes décisives, une volée qualificative pour le 2e tour de la CL 2004-2005, un doublé pour une humiliation du Real Madrid 4-0, mais aussi une minute contre Blackburn Rovers. C'était en 1998, et personne ne connaissait ce petit gars de Whiston.

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La rencontre est pliée, Gérard Houllier le sait. Grâce aux réalisations de Paul Ince et de Michaël Owen, Liverpool va disposer de Blackburn Rovers et engranger sa sixième victoire en 15 matchs de cette Premier League 98-99. On joue la 90e minute et l'entraîneur français peut encore faire deux remplacements. À 2-0 face à un adversaire qui se satisfait presque du résultat, ça ne vaut même pas la peine de perdre du temps, mais Houllier y voit néanmoins l'occasion d'offrir ses premières minutes à un ado du coin. Il appelle donc le numéro 28 des Reds à enlever son survêtement. À 18 ans, cinq mois et 30 jours, le jeune Steven Gerrard s'apprête à vivre son rêve. Il part ainsi s'échauffer et, de son propre aveu, entend presque le kop se demander qui est cette « petite chatte maigre » . De retour près du banc, il rentre son maillot dans son short, il flotte dedans, il est nerveux. « Je me sentais faible, inquiet et anxieux. Je pensais à mon père qui était dans les tribunes et je me disais qu'il devait être heureux de me voir, ne serait-ce qu'une seule fois, jouer pour Liverpool » , expliquera-t-il dans le reportage My Story. Le gamin de Whiston jubile en son for intérieur : il est prêt. Derrière lui, le T2 et légendaire Phil Thompson lui envoie une tape amicale derrière la tête, imité dans la seconde qui suit par Gérard Houllier qui lui glisse un dernier conseil. Avec sa coupe parfaitement peignée à la sixties, Steven voit le panneau du quatrième arbitre se lever…

« Il était hyper agressif »


Après une saison 1997-98 ponctuée par la troisième place, Liverpool croit en ses chances de titre pour l'exercice suivant. Afin de booster son équipe, le board des Reds croit judicieux d'adjoindre au manager Roy Evans, en place depuis quatre ans, un Français qui a toujours la gueule de bois du titre mondial des Bleus. Gérard Houllier se pointe donc sur les bords de la Mersey en tant que co-manager des Reds. Mais après un début de saison tout à fait correct, L'Pool connaît un sérieux coup de fringale durant l'automne avec un piètre bilan de 6 points sur 27. En novembre, les Scousers encaissent d'ailleurs trois défaites de rang, ce qui provoque la cassure du tandem Evans-Houllier. La veille d'une défaite contre Leeds, le manager anglais rend son tablier et laisse son collègue poursuivre seul à la tête des Reds. Une semaine plus tard, Liverpool renoue avec la victoire à Aston Villa et peut préparer un peu plus sereinement sa rencontre contre le Celta Vigo en Coupe UEFA. Pour cette affiche, Houllier décide d'installer sur son banc le jeune Steven Gerrard, pur produit du club, pour pallier l'absence de Jamie Redknapp, blessé. Ce dernier se souvient pour Skysports des premiers entraînements de son remplaçant : « D'habitude, lorsque je faisais une passe à un jeune joueur, je m'attendais à ce qu'il me rende directement le ballon. Mais la première fois que j'ai passé le cuir à Steven, il est retourné et a adressé une fantastique transversale.  »

Présent dans le groupe lors du déplacement au Celta Vigo, Gerrard sent qu'il est proche du but, il en remet donc une couche aux entraînements. « Il dépannait à tous les postes : latéral, au milieu, dans le couloir, explique dans le quotidien suisse Le Temps Stéphane Henchoz, qui deviendra son coéquipier quelques semaines plus tard. C'était un jeune joueur très calme et timide, avec une personnalité introvertie. Sur le terrain, en revanche, il m'a suffi d'un jour pour entrevoir tout son potentiel : à 18 ans, il savait tout faire. Il était puissant, rapide, technique, endurant. Et hyper agressif. À l'entraînement, vous étiez heureux de vous en sortir avec une touche pour vous lorsqu'il venait vous presser. »

Aussi petit que Michaël Owen


À ce moment-là, il est déjà bien loin le temps où Steven a des crampes plein le bide en se rendant en voiture au centre de formation de Liverpool. Il a alors sept ans et va évoluer dans toutes les équipes de jeunes des Reds entre tacles, transversales et Michaël Owen, qui arrivera à Melwood, le centre d'entraînement, quatre ans après Steven. Pendant longtemps, les deux ados vont d'ailleurs connaître le même problème physique, celui de leur petite taille. Mais si le petit attaquant et futur traître des Reds restera toute sa vie petit, Gerrard va connaître une croissance aussi fulgurante que tardive qui l'obligera à réduire le nombre de matchs disputés par saison. À 16 ans, alors qu'il évolue en réserve, il va littéralement captiver Gérard Houllier qui n'en revient pas de « ce type un peu maigre, qui taclait, sautait, galopait. Je lui ai dit : "Demain, tu t'entraînes avec les pros" » confie Houllier dans une interview à SOFOOT. Steven a fait le premier pas, il n'y aura plus de marche arrière.

L'entrée historique


Transféré de Rosenborg en juillet 1998, le Norvégien Vegard Heggem n'a raté qu'une seule rencontre depuis le début de la saison au moment où son numéro 14 brille en rouge sur le panneau du quatrième arbitre. Alors qu'il se dirige en direction du banc, l'arrière droit aperçoit progressivement son remplaçant. « Je me souviens uniquement ô combien il était timide et maigre, dira plus tard Heggen à L'Écho. Ça a été un vrai buzz quand il est entré sur le terrain, c'était un terrible coup de boost pour les fans de voir un autre garçon du coin faire ses débuts. » Les 41 753 spectateurs présents ce jour-là ne savent pourtant pas encore que ce 28 novembre 1998 sera une des dates à laquelle ce nouveau venu sera le moins applaudi de sa carrière. Gerrard fait finalement son entrée sur la pelouse. Le voilà enfin sur le terrain de ses rêves. Il n'aura certes le temps que de participer à une petite récupération de balle en tant qu'arrière droit, mais la légende est en marche. Et la petite chatte maigre va faire du bruit.

Par Émilien Hofman
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Megamegazord Niveau : DHR
Jamais j'aurais cru que Gerrard puisse se faire appeler "petite chatte maigre". Je me dis que l'avoir vu jouer dans le milieu des années 2000 c'était quand même une vraie chance. Un peu comme les Pirlo, Seedorf, Maldini, Scholes, Lampard et autres milieux de terrain qui envoyaient sacrément du bois.
...Et savoir qu'on va matter son dernier match a domicile en tant que joueur..
Ca me fait mal au coeur bordel.

Je me rappelle de tous ces moments ou il nous a fait rever, mais je peux m'empecher de repenser a cette fin de saison de Liverpool l'annee derniere qui me fait encore faire des cauchemars.
Si seulement......
La chatte est devenue un lion...
YNWA Stevie
et ce triplé en C3 face à naples en 2010. un but de renard, un pénalty et un beau petit piqué. En quinze minutes à peine.
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