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La Pologne et l’Ukraine sont chauds

Mention bien pour la Pologne, assez bien pour l’Ukraine. Telles sont les appréciations laissées par le proviseur Platini lors de son dernier périple dans les deux pays qui accueilleront l’Euro. A huit mois du coup d’envoi du premier match, les huit stades sont enfin dispo, mais quelques doutes subsistent. Sur les conditions d’accueil autant que sur le niveau des sélections hôtes. Le point.

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La Pologne mise sur Lewandowski

C’est au Stade National de Varsovie que se disputera le match d’ouverture de la compétition, le 8 juin. L’enceinte de 58 145 places est située à l’endroit de l’ancien stade du 10e Anniversaire, abandonné dans les années 80 et qui était devenu un grand marché à ciel ouvert. Depuis le début des travaux en 2008, il a fallu composer avec le mécontentement des commerçants priés de dégager, les retards accumulés et les accidents, qui ont coûté la vie à trois ouvriers. L’inauguration doit avoir lieu d’ici fin novembre, avec cinq mois de retard. Les trois autres stades sont, eux, déjà opérationnels. Le Stade Municipal de Wroclaw, inauguré cet automne, compte 42 771 sièges et accueille les matchs de l’actuel leader de l’Ekstraklasa, le championnat local. Le Stade Municipal de Poznan;, enceinte de 43 000 places, date de 1980 et a été rénové ces dernières années. Mal si l’on en croît l’UEFA, qui suspecte des malfaçons. Enfin le PGE Arena de Gdansk, seul stade ayant cédé à la mode du « naming » , est le petit frère de l’Allianz Arena de Munich avec ses jolies rondeurs pouvant accueillir 41 582 spectateurs. Mais le plus grand défi des organisateurs polonais a été de lancer un vaste chantier d’infrastructures routières. Une obligation pour un pays réputé pour la pauvreté de son réseau autoroutier (moins de 1000km², plus de dix fois moins que l’Allemagne, à la superficie pourtant proche), la quasi absence de routes secondaires décentes et la mauvaise qualité du bitume utilisé.

D’après Platini, des efforts ont été entrepris en ce sens, avec en parallèle la modernisation des aéroports des quatre villes d’accueil.
En ce qui concerne la sélection, elle reste sur un bilan moyen de 6 victoires, 7 nuls et 4 défaites en un an et demi de rencontres amicales. Ses meilleures performances sont une victoire 2-1 face à l’Argentine en juin dernier et un résultat nul 2-2 contre le voisin allemand il y a deux mois. Dans les buts, les deux d’Arsenal Wojciech Szczesny et Lukasz Fabiansky sont en balance. Derrière, le solide défenseur d’Anderlecht Marcin Wasilewsky est un incontournable, tandis que le néo-international sochalien Damien Perquis est en passe de s’imposer. L’animation offensive est confiée notamment à Ludovic Obraniak, l’autre « Français » , et surtout au duo de Dortmund constitué du capitaine Jakub Blaszczykowski et du buteur Robert Lewandowski. Ce dernier, utilisé principalement comme joker par Jürgen Klopp en club la saison dernière lors de son arrivée en Allemagne, explose depuis cet été. Avec ses 8 buts en championnat, il est l’un des principaux acteurs de la remontée de son club sur le podium de la Bundesliga. Costaud physiquement, habile techniquement, il est convoité par Chelsea et Liverpool. L'une des révélations de l’Euro...?

L’Ukraine avec ses meilleurs vieux

Le second pays hôte a deux têtes de gondole à présenter aux visiteurs : la Donbass Arena de Donetsk et le Stade Olympique de Kiev, où aura lieu la finale le 1er juillet. Deux enceintes au top en ce qui concerne les normes drastiques d’accueil et de sécurité édictées par l’UEFA. Le premier stade cité est une construction, achevée en 2009, pour un accueil total de 51 500 spectateurs. Le second est une rénovation en profondeur, achevée cette année, pour une capacité totale de 70 000 sièges. Le Stade Metalist (38 600 places), à Kharkiv, a été désigné tardivement, en 2009, comme enceinte de l’Euro, en remplacement de la Dnipro Arena de Dnipropetrovsk, jugée trop petite. Enfin la Lviv Arena (34 000 places), dont la construction n’a débuté qu’en 2009, a suscité de nombreuses inquiétudes, mais a finalement été inaugurée le mois dernier, avec la manifestation désormais traditionnelle des militantes topless du mouvement Femen. Tout est ok sur ce point, donc. Restent tout de même « beaucoup de petits problèmes à régler » , d’après Platoche, en visite en septembre. Il fait notamment référence au réaménagement des aéroports, toujours en cours, et à la faible capacité hôtelière dans les villes de province.

La manière dont la sélection va aborder sa première compétition continentale suscite également l’interrogation. Depuis le début de sa campagne de matchs amicaux, l’Ukraine est à la recherche d’un match référence. Ses victoires se font face à des nations du calibre de la Bulgarie, de l’Estonie ou de l’Ouzbékistan, tandis que toutes les confrontations face à des écuries de bon niveau – Italie, France, Suède, Uruguay, République Tchèque – se sont soldées par des défaites. Sur le plan individuel, le sélectionneur Oleg Blokhin ne peut s’appuyer que sur un incontournable : le coéquipier de Ribery au Bayern Anatoliy Timoshchuk, qui aura 33 ans durant l’Euro. L’équipe est par ailleurs composée d’éléments du Dynamo Kiev (Gusev, Milevskiy…) et du Shakhtar (Kucher, Gai…). Hormis le jeune défenseur Bogdan Butko (20 ans), peu de joueurs se sont affirmés récemment, et il faudra encore certainement compter sur les historiques Voronin et surtout Shevchenko, 32 et 35 ans, pour espérer faire quelque chose. « Nous allons essayer de passer le premier tour » , a déclaré Timoshchuk il y a quelques jours. Ce serait déjà pas mal.



Par Régis Delanoë
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