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La piste aux étoiles

Le monde entier aura les yeux tournés vers Argentine-Nigéria (16h), rencontre qui verra l'entrée en lice du meilleur joueur de la planète, dirigé par celui qui fut l'un des joueurs qui a sans doute le plus marqué l'histoire de la Coupe du monde.

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Seize ans. Il aura fallu attendre seize longues années pour que l'un des plus grands artistes du ballon rond croise de nouveau la route de la Coupe du monde. Écarté dans les derniers instants par César Menotti du Mundial 78 joué dans son pays, frustré par une expulsion contre le Brésil en 82, promu star planétaire en 86 après avoir survolé les débats, amoindri, sifflé et révolté sur sa terre d'accueil en 90 et rattrapé par ses vieux démons en 94, Diego Armando Maradona retrouve la plus haute sphère du football cet après-midi, à la tête de la Seleccion. Il se lance dans un incroyable défi : rejoindre le Brésilien Mario Zagallo et l'Allemand Franz Beckenbauer au panthéon des joueurs qui ont remporté la Coupe du monde sur la pelouse et sur le banc d'entraineur. Contre le Nigéria, la dernière équipe qu'il a affrontée en Coupe du monde, avant qu'une infirmière blanche comme un ange ne vienne le chercher sur le terrain pour un maudit contrôle anti-dopage qui révéla la présence d'éphédrine dans son urine. Expulsé, humilié, l'Argentin clame à l'époque ne pas avoir triché. En pleurs lors d'une interview exclusive pour la télévision argentine, il crie à l'injustice. « Ils m'ont coupé les jambes » , lâche Diego dans sa chambre d'hôtel. “Ils”, ce sont Joao Havelange et les grands pontes de la Fifa, qui selon lui, auraient décidé d'en finir avec ce trublion drogué et insolent, en l'excluant de la Coupe du monde.

Revanche de la finale des JO


Après deux expériences catastrophiques sur le banc au milieu des années 90 (Mandiyu de Corrientes et Racing Club), Maradona est devenu fin octobre 2008 sélectionneur de l'Argentine, « une immense fierté » pour lui, une dernière opportunité de briller et d'accrocher enfin une troisième étoile sur le maillot albiceleste, sa deuxième personnelle. Pour cela, l'Argentine devra sortir d'un groupe dont elle est largement favorite, devant le Nigéria, la Corée du Sud et la Grèce (contre qui El Pibe de Oro avait effectué son grand retour sur la scène mondiale en 94, avec un but tout ce qu'il y a de plus “maradonien”). Le Nigéria, emmené par le Suédois Lars Lagerbäck, débarqué en février sur le banc, semble son adversaire le plus coriace dans ce premier tour. Emmenés par l'athlétique Taye Taiwo, qui a reçu les éloges de son coéquipier olympien Gabriel Heinze mercredi en conférence de presse, les Super Eagles tenteront de faire oublier le gâchis de la génération Okocha, très attendu lors de la Coupe du monde en France et sorti sèchement par le Danemark en huitième de finale (4-1). Depuis, les Nigérians ont laissé les lauriers à leurs voisins sénégalais, camerounais et ivoiriens, voire à l'Egypte, tant sur le plan mondial que continental, en dehors d'une finale de Jeux Olympiques perdue il y a deux ans contre... l'Argentine de Lionel Messi.

Messi éreinté, info ou intox ?


Ces dernières soixante-douze heures, le physique de la Pulga a suscité pas mal d'interrogations, après les déclarations du préparateur de l'Albiceleste et grand complice de Diego Maradona, Fernando Signorini, qui estime que Messi « se présente fatigué en Afrique du Sud » , après une saison bien remplie. Afin de démontrer que l'état de santé de son joyau était au beau fixe, son barbu d'entraineur lui a fait tirer quelques corners en fin de séance, jeudi après-midi, devant un parterre de journalistes et de photographes. Maradona alignera une formation à la force de frappe impressionnante, avec un duo Tévez-Higuain appuyé par Messi et soutenu par Veron (dans l'axe), Di Maria et Gutierrez (sur les côtés). « Je ne peux pas laisser Tévez en dehors (de l'équipe) » , a expliqué Maradona cette semaine pour justifier ce choix très offensif. « Carlitos est l'idole du peuple » , selon lui. Pour le rejoindre dans le cœur des Argentins, Messi sera chargé de « conduire cette Rolls Royce » de Maradona qu'est l'Albiceleste.

Alejandro Carbone

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