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La nuit noire des Luxembourgeois

Tout juste auréolés de leur premier succès depuis un an face à la Macédoine, les internationaux luxembourgeois se sont réveillés dans la nuit de lundi avec des crampes au ventre. La suite, ils l'ont passée aux toilettes…

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Pas de chance pour Frank Schleck. À 35 ans, l'aîné des frères luxembourgeois vient pourtant de remporter la 16e étape de la Vuelta après avoir lâché le groupe de tête deux kilomètres avant l'arrivée à Ermita de Alba. Cela fait quatre ans qu'il n'a plus rien gagné de valable sur les routes, mais il va néanmoins passer au second plan de l'actualité sportive de son pays, tout ça pour une histoire de sauce bolognese… Car à 3 200 kilomètres de là, 16 sportifs – même pas tous professionnels – sont en train de passer leur journée avec la tête et les fesses dans le pot. Ces mecs-là, ce sont les footballeurs internationaux luxembourgeois, en visite en Biélorussie dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2016.

Un truc pas normal au ventre


Arrivés à Minsk ce dimanche, au lendemain de leur première victoire lors de ces éliminatoires face à la Macédoine (1-0), les Luxembourgeois se montraient plutôt confiants pour la suite de leur séjour. C'était du moins le cas du sélectionneur Luc Holtz qui a ainsi déclaré au quotidien Luxemburger Wort que « tout [était] mis en place pour arriver le plus frais possible mardi. » Pour ce faire, Holtz a décidé de faire loger ses troupes à Minsk et non à Borisov – où se joue le match – « histoire de bénéficier d'un hôtel de bon standing, avec de la nourriture valable et de bonnes conditions pour offrir suffisamment de repos aux joueurs. »

Après un bon plat de spaghetti bolognese servi au restaurant de l'hôtel, les joueurs entrent donc dans leur chambre pour se reposer après leur voyage. Julien Mollereau, journaliste pour Le Quotidien, est également dans l'hôtel qui accueille les joueurs. « J'étais en train de bosser pendant la nuit quand j'ai appris qu'il se passait un truc, se souvient-il. Je suis descendu, j'ai vérifié et il y avait en effet plusieurs joueurs qui étaient pris de vomissements et de diarrhées. » Dès 2h du matin, les médecins du club s'affairent ainsi pour venir en aide aux joueurs touchés. « Mario s'est levé deux fois dans la nuit et m'a dit qu'il avait un truc pas normal au ventre, explique l'international Aurélien Joachim en parlant de son coéquipier Mario Mutsch au Quotidien. Mais jusqu'au petit-déjeuner, on ne savait pas qu'il y avait autant de monde qui était touché. »

« À mon avis, c'est accidentel »


C'est en effet le lundi matin que tout le monde comprend l'ampleur des dégâts. Pas moins de 16 joueurs sont ainsi touchés par ce « virus » . Assez vite, les soupçons se portent sur la sauce bolognese. « On n'a pas fait faire d'analyses par un laboratoire médical, mais seuls ceux qui ont mangé de la sauce sont tombés malades » , indique Marc Diederich, le responsable presse de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF). Un coup de la Biélorussie ? Pas d'après Diederich. « Dans le monde dans lequel on vit, tout est possible, rien n'est exclu, mais je ne peux pas confirmer, à mon avis c'était accidentel. »

Une fois la nouvelle digérée, il faut réagir rapidement pour trouver une solution : le match est dans moins de 40 heures et une équipe entière s'apprête à passer sa journée sur le trône. Et difficile de se remettre en selle dans la foulée. « Cela reste dangereux de faire des efforts après une telle nuit, renseigne Franck Bronckart, médecin généraliste. Tout d'abord, les joueurs doivent absolument se réhydrater, car ils ont perdu beaucoup d'eau pendant une courte période. Ensuite, ils ont bien sûr perdu pas mal de forces suite à leur nuit difficile. Et puis, rien qu'au niveau nutritionnel, ils n'ont pas pu manger correctement pendant toute une journée, ça fait beaucoup. Enfin, il y a également quelques possibilités d'avoir des problèmes au niveau cardio, mais pour des professionnels, c'est plus rare. »

Sprint aux toilettes


S'engage alors une course contre la montre que les Luxembourgeois n'espèrent pas trop rapide, histoire de laisser aux joueurs le temps de récupérer une bonne partie de leur force avec les médicaments que les médecins leur fournissent. Lors de la promenade du matin, la grande majorité des joueurs manque logiquement à l'appel. Aurélien Joachim, au Quotidien : « Il y avait moi, Mario, Jonathan Joubert. On était quatre ou cinq, mais Jonathan est vite rentré à l'hôtel. En sprintant même (il rit). »

Aux alentours de midi, les nouvelles sont quelque peu rassurantes, certains ont même pu manger, de bon augure pour l'entraînement qui se profile dans l'après-midi. « Sauf que les joueurs doivent se taper deux bonnes heures de bus aller-retour pour aller s'entraîner à Borisov, lance alors Julien Mollereau. Je me fais donc un peu de souci pour eux parce qu'ils n'auront droit qu'à une seule toilette, donc s'ils doivent s'arrêter toutes les 30 secondes sur le bord de la route… » Marc Diederich confiera plus tard que le voyage s'est bien déroulé, tout comme l'entraînement qui a suivi, « même s'ils buvaient beaucoup plus d'eau que d'habitude » .

Plus que deux souffrants


Après une nouvelle nuit passée à l'hôtel biélorusse, la délégation luxembourgeoise s'est réveillée avec un visage plus éclairé que la veille. « Il semble qu'il y ait encore maximum deux joueurs touchés, a indiqué Marc Diederich. Il se peut néanmoins qu'ils soient aptes à jouer ce soir, les médecins travaillent à cela. » La question d'un report du match s'est bien entendu posée, la FLF étant restée en contact permanent avec l'UEFA depuis l'annonce des soucis gastriques et intestinaux des joueurs. « L'UEFA surveillait l'évolution de la situation, confirme Diederich. Cet après-midi, il sera décidé officiellement si un report est nécessaire ou non. Mais les joueurs veulent disputer la rencontre et à l'heure actuelle, le match reste fixé. »

Est-ce pour autant une bonne chose de disputer cette rencontre ? « Ils n'auraient bien entendu pas pu jouer le lendemain, mais le fait qu'ils soient professionnels va les aider à recouvrer leur forme plus rapidement, apprend Franck Bronckart. Ils ont d'ailleurs peut-être eu des perfusions pour leur apporter des électrolytes qui leur ont permis de se réhydrater plus vite. Mais quoi qu'il en soit, leur préparation pour cette rencontre a été chaotique. » Les D'Roud Léiwen s'en fichent – surtout les épargnés –, ils veulent surfer sur la vague du succès et, pour Aurélien Joachim, il faudra bien serrer les fesses de toute façon. « On vient pour prendre les trois points. Même si on se sent moins bien. On fera juste plus d'efforts. C'est dans la tête que ça va se passer. » Et puis, au pire, se faire dessus en plein match, ce n'est quand même pas un drame. Demandez donc à Gary Lineker.

Par Émilien Hofman Tous propos recueillis par EH, sauf mentions.
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Vous vous rendez compte qu'on est sur un site qui nous offre des articles en cinq parties sur des mecs qui ont eu la chiasse toute la nuit? Je sais pas vous, mais moi, perso, je trouve ça magnifique.
Merci Sofoot.
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
On a trop longtemps dit que le Luxembourg était une équipe merdique...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 2
Bien joué pour le titre, je l'avais pas vu venir !
" une équipe entière s'apprête à passer sa journée sur le trône. Et difficile de se remettre en selle "

Il est vraiment beau celui-ci.
J'ai lu cet article depuis les toilettes. A ce moment, je me suis senti immergé dans la vie des footballeurs internationaux. Merci SoFoot!
Julien Mollereau, journaliste pour Le Quotidien, est également dans l'hôtel qui accueille les joueurs. « J'étais en train de bosser pendant la nuit quand j'ai appris qu'il se passait un truc, se souvient-il. Je suis descendu, j'ai vérifié et il y avait en effet plusieurs joueurs qui étaient pris de vomissements et de diarrhées. »

Il a vérifié comment? en allant dans les chiottes des joueurs???
Bravo, ce journaliste est un vrai professionnel!!!
DieGelbeWand Niveau : Loisir
Qui n'hésite pas à aller en première ligne pour apporter de la nouvelle fraîche à ses lecteurs.

Un grand monsieur.
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
Heureusement pour eux que ça leur arrive avant un match en Biélorussie. Imaginez le déchirement de pas pouvoir jouer l'Allemagne ou l'Angleterre à Wembley à cause d'une diarrhée aigue...
2-0, finalement ils l'ont dans le cul les lulus...
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 2
Note : 2
Dans les articles "A decouvrir " j'ai un lien pour Okaka n'a pas aime la Sampdoria. Coincidence?
Quelle histoire cacasse. Euh cocasse pardon... Je sais je serai jamais un grand colique. Euh comique pardon...
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
Message posté par MPMP


Bah si tu vois un joueur dans le couloir de l'hôtel avec le médecin et qu'ils te confirment le problème, non, tu n'as pas besoin d'aller renifler.
Alors ton "bravo, ce journaliste est un vrai professionnel", il est bien joli, mais il ne rime à rien.


Merci pour ton (double) post.
Verrattinho Niveau : DHR
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