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La nuit des zéros

Frileux en première période, les Bleus se sont montrés plus entreprenants en seconde, mais sans parvenir à faire la différence, la faute à un grand Gorbunov. Et à un beau manque de réalisme.

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Biélorussie 0-0 France



Toutes dents dehors, Andrey Gorbunov est au sol, heureux. Dans ses bras, un énième ballon français qu’il vient de capter et qu’il serre fort. Très fort. En face de lui, les Bleus se replacent à reculons, dépités. Il ne reste que quelques minutes à jouer, et le portier biélorusse le sent, il est en train d’offrir un précieux point à sa patrie dans cette première journée des éliminatoires. Impérial sur sa ligne, le gardien d’Atromitos a dégoûté les attaquants français à coups de parades improbables et d’arrêts réflexes que n’aurait pas reniés Thierry Omeyer. Mais malgré le grand match du dernier rempart biélorusse, les Bleus ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, ne serait-ce que pour avoir vraiment joué durant seulement 45 minutes. Heureusement pour eux, ce faux pas n’a pas encore d’incidence. Enfin, jusqu’ici.

RAS


Après avoir fait une très belle impression en Italie, jeudi dernier (1-3), les Bleus se devaient de récidiver, ce mardi, face à la Biélorussie, avec, cette fois, un véritable enjeu : gratter les premiers points nécessaires à la validation d’un billet pour la Russie. Car, même si le voyage est dans deux ans, mieux vaut s’y prendre tôt pour une réservation réussie. Sauf que très rapidement, les Bleus trouvent face à eux un bloc biélorusse très compact, et surtout très soucieux de terminer le match avec un point. La domination française a beau être totale, elle n’en reste donc pas moins stérile et il faut s’employer de loin pour tenter d’allumer une brèche, à l’image de Paul Pogba qui voit sa frappe captée en deux temps par Gorbunov. Et comme souvent dans ce genre de scénario, l’équipe la plus timide se procure la situation la plus dangereuse, comme sur ce centre de Kalachev où il ne manque que quelques millimètres à Sihnevich pour venir tromper un Steve Mandanda qui dispute là son premier match en compétition avec les Bleus depuis sept ans. La fin de cette première période n’est guère plus palpitante et la frappe de mouche de Pogba des trente mètres prouve qu’il faut vite rentrer au vestiaire chercher d’autres solutions.

Orgie d’occasions pour les Bleus


Des solutions qui ne vont d’ailleurs pas tarder à faire leur apparition. Et comme souvent, c’est la godasse d’Antoine Griezmann qui les apporte. Sur un plateau. Fin gourmet, le joueur de l’Atlético fournit même la cuillère en argent lorsqu’il offre du caviar à Olivier Giroud, mais trop maladroit, l’attaquant d’Arsenal ne parvient pas à exploiter cette merveille de passe en talonnade et foire son duel face à Gorbunov. Peu importe, les Bleus sont enfin dans leur match. Dans la foulée, le portier biélorusse a tout juste le temps de préserver sa lucarne d’un coup franc de Grizzi qu’il voit une tête de Giroud venir fracasser sa transversale. Les assauts se multiplient, la défense locale commence à plier. Enfin, la défense, oui, mais pas ce bon Gorbunov qui ne se refuse pas deux nouveaux arrêts sortis d’ailleurs face à Kurzawa puis Griezmann. Les minutes défilent et le score reste vierge. Les Bleus continuent de se ruer sur la cage adverse. En vain. Gameiro est lancé sur la pelouse pour tenter de mettre de la vitesse dans les derniers instants. En vain également. Les Biélorusses peuvent exulter, ils n’ont pas volé leur match nul.





Par Gaspard Manet
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