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  3. // Interview Cédric Varrault

« La montée en L1 va se jouer entre quatre ou cinq équipes »

Capitaine du co-leader de L2, le Dijon FCO, Cédric Varrault est mordu comme jamais à l'idée de revivre une montée dans l'élite après celle connue avec Nice, en 2002. L'ancien du Gym et de l'ASSE en est certain : le projet bourguignon n'a rien à envier à la concurrence et est prêt pour retenter sa chance à l'étage au-dessus.

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Cédric, à 21 ans, tu jouais la montée en L1 avec Nice. Te voilà de nouveau à relever ce challenge en tant que capitaine de Dijon, à 35 ans. Tu vibres autant qu'il y a une quinzaine d'années ?
Ouais, carrément. C'est vrai que j'arrive sur la fin, donc finir une carrière sur de tels moments, avec de l'enjeu, c'est source de plaisir. On savoure encore plus avec l'âge. À l'époque, à Nice, j'étais l'un des plus jeunes, donc je ne réalisais pas encore trop. Et contrairement à cette année, avec le Gym, on n'avait pas joué les premiers rôles dès le début de saison, ça nous avait souri sur les deux ou trois derniers mois, où on avait enchaîné les victoires. Mais là, avec Dijon, on est en haut ou presque depuis le début, donc il y a une pression qui s'installe, c'est normal...

Ce n'est pas la première fois que tu joues les premiers rôles avec Dijon : vous avez toujours pris plus de 30 points lors de la phase aller depuis le retour en L2 et pourtant, à chaque fois, vous avez fini dans les places d'honneur... C'est l'hiver bourguignon qui vous fait patauger ?
C'est vrai que la première année après la relégation de L1, on avait fait un superbe début de saison, avec quatre victoires en quatre matchs. Et derrière, le gros trou pendant un mois et demi ! Ça nous avait plombé notre saison. Ce genre de passages, c'est terrible quand on joue les premiers rôles. Bon, on avait quand même bien fini. Ensuite la deuxième année, pareil, on avait fait une grosse fin de saison, mais avec un trou à Noël. Comme l'an passé d'ailleurs, avec quatre défaites en autant de matchs au mois de janvier. C'est vrai, c'est récurrent et ça fait mal quand on est en haut. Maintenant, pour le moment, ça se passe bien. On sait maintenant ce qu'il faut éviter à nouveau. Après, est-ce que le problème est dans la tête ou dans les pieds ? C'est pas évident de trouver vraiment le pourquoi du comment. Il y a des matchs où tu fais des erreurs, oui. D'autres où tu subis des faits de jeu. Mais c'est surtout cette spirale négative qu'il faut vite enrayer parce qu'elle te plombe.

Pour le moment, vous êtes presque intraitables à domicile (sept victoires, un nul et une défaite), avec de surcroît la meilleure attaque et la 3e défense. Vous avez aussi un buteur sur qui compter, Julio Tavarès (7 buts), quelques mecs qui ont connu l'étage au-dessus. Franchement, qu'est-ce qui vous manque pour la L1 ?
Déjà en 2014-2015, où on échoue au pied du podium, on avait une belle équipe. On ne se sentait pas inférieurs aux trois équipes promues (Angers, Gazélec Ajaccio et Troyes, ndlr). Mais ce trou noir récurrent nous avait fait mal. Là, même s'il y a pas mal de renouveau dans l'effectif, on arrive à réaliser une très bonne première partie de saison. Si on reste dans les premiers et garde un petit écart sur la concurrence, et si on reste forts à domicile, ça va nous aider. On est bien partis, on n'a pas à envier qui que ce soit... À nous d’être réguliers.

Si tu devais présenter ce groupe dijonnais, ses particularités, son identité de jeu...
On est repartis sur un nouveau cycle. On a connu pas mal de départs (William Rémy, Florian Raspentino, Cissé Ousseynou, Samuel Souprayen, ndlr), des arrivées aussi (Frédéric Sammaritano, Gael Andonian, Quentin Bernard, Grandi N'Goyi, ndlr). Certains sont là depuis deux ou trois ans, mais il y a un bon amalgame dans l'ensemble, avec tous ces jeunes qui progressent bien. On insiste sur notre qualité de jeu. On essaye d'en tirer avantage à tous les matchs, à domicile comme à l'extérieur, mais il y aussi des matchs où il faut répondre présent physiquement. Comme à Metz (2-1), chez une belle équipe.

Vidéo

Ce vendredi, vous jouez le Red Star, quatrième du classement six points derrière vous. Si vous gagnez, vous passez les fêtes au chaud avec huit ou neuf points d'avance sur les prétendants à la montée... Si cela se produit, derrière, tu n'as pas le droit de ne pas monter, non ?
Ce qui compte, c'est le nombre de points. Sur les matchs aller, si tu t'en tires avec 39 points, c'est une très belle opération comptable. Tu arrives à mi-saison dans un position confortable. L'an passé, on était dans le même cas de figure, mais on a perdu et fini à 36 points à la trêve et c'était le début de notre série négative. Donc oui, ça serait une belle opération et un moyen de bonifier notre belle victoire à Metz. Ce qui n'empêche pas que la phase retour sera longue, il nous faudra au moins une trentaine de points.

Nancy fait un parcours semblable au vôtre, mais vous a battu lors de la 14e journée. Est-ce plus fort que le DFCO ?
Franchement, c'est une belle équipe. On suit leurs résultats, leurs matchs, c'est costaud. On a été en dedans là-bas et j'étais déçu de notre prestation, on n'a pas fait ce qu'on devait. Ils ont été meilleurs sur ce match. Après, sur le plan collectif, ça se vaut. On a le même nombre de points, la même différence de buts... Ils jouent la montée comme nous, et elle va se jouer entre quatre ou cinq équipes. À Metz, c'était un match semblable, une confrontation directe et on a su l'emporter. L'avantage à présent, c'est qu'on recevra ces deux concurrents directs au retour. Sans pour autant se focaliser sur ces deux affiches, c'est le nombre de point qui prime encore une fois.

Et derrière vous, qui crains-tu le plus ?
Le Havre, c'est vraiment une bonne équipe, avec un effectif programmé pour la montée. Mais contrairement à nous, ils ont connu une phase de démarrage plus délicate. Je vois bien aussi Auxerre, qui est très solide et a fait un bon recrutement. Plus Metz, ça fait cinq. Mais il peut toujours y avoir une surprise avec une équipe qui enchaîne sur la fin...

En interview, on t'a vu louer à plusieurs reprises le projet dijonnais. Qu'est-ce qu'il a de particulier ou de différent, concrètement ?
C'est un club jeune, en construction, donc c'est pas mal d'être un peu parmi les précurseurs de la montée en puissance du club. On a connu la L1, on n'a pas pu y rester et on est repartis avec du changement à la direction du club. Ensuite, le centre de formation est sorti de terre il y a deux ans. On voit que ça se structure, au niveau de l'organigramme par exemple. Et l'équipe première se structure à l'image du club, donc si on peut retrouver la L1, ça sera une récompense pour une organisation qui met tous les ingrédients pour réussir. Et surtout, c'est très famille, il fait bon vivre ici. Le foot a une certaine fraîcheur dans ces conditions par rapport à ce que l'argent peut générer. Et d'un point de vue personnel, le fait qu'il n'y ait pas de pression négative autour de l'équipe ou du club est quelque chose d'appréciable.

Et les causeries de Fred Antonetti ou les tacles de Cyril Rool au stade du Ray, c'était autre chose qu'Olivier Dall'Oglio ou tes tacles, non ?
C'était une autre période (rires). Antonetti, c'est un entraîneur avec sa personnalité, il nous passait quelques coups de gueule, oui, mais ça n'était pas que ça. Mais oui, on peut dire qu'il était plus nerveux que mon coach actuel et que Cyril envoyait quand même plus de tacles que moi (rires). J'ai connu une montée à Nice, une finale de Coupe de la Ligue, cinq ans en L1 et j'ai de merveilleux souvenirs au sein d'un bon groupe. Je me suis éclaté là-bas et je suis encore en contact avec des joueurs... Parce qu'on savait compter les uns sur les autres. Quand on se retrouve, comme pour le dernier match au stade du Ray, c'est un plaisir. On a de vrais liens.


Et Sainté, c'est du même acabit ?
Pareil, j'y suis resté trois ans. Il y a eu des moments plus durs, mais beaucoup plus de positif dans l'ensemble. Encore une fois, j'ai eu la chance de côtoyer des groupes de qualité. Le contexte était différent, le club était différent... J'avais joué l'Europe aussi, pour la première fois depuis l'épopée des Verts. Geoffroy-Guichard à guichets fermés, c'était beau. J'ai toujours recherché cet engouement, ces ambiances-là. Quand ça se passe bien, tu vis des choses tellement positives.

Tu as quand même dû avoir des coups de mou, quand tu as pu être pris en grippe par le public du Chaudron, ou que tes salaires n'étaient pas versés lors de ton passage à Panionios, en Grèce...
À Nice aussi, il y a eu une période dure à la fin, les deux dernières années notamment. Ce n'était pas évident, mais ça arrive, comme c'est arrivé ensuite à Geoffroy-Guichard. Quand on se sauve à la dernière journée avec les Verts (2008-2009), les derniers mois ont été délicats à gérer. Mais ça débouche toujours sur de nouvelles choses positives. En Grèce, où j'étais parti pour voir autre chose après 10 ans en championnat de France, ça me bottait. Je vivais à Athènes, il y avait pas mal de Français en plus là-bas. Mais malheureusement, le contexte économique est vite devenu difficile en 2010. Donc après quelques mois, on a connu les problèmes de paiement des salaires. J'aurais bien aimé continuer là-bas, car sans ces soucis, l'ambiance dans les stades, la pression des résultats, le côté latin et populaire rendent le football particulier et fort en Grèce. Mais je ne pouvais pas me permettre de faire une deuxième saison à blanc, donc j'ai sauté sur cette opportunité de revenir à Dijon.

Et les mecs pour qui tu gardes une affection particulière ou une grosse impression sur le plan foot, ça serait...
Difficile d'en sortir un. Déjà, à Nice, un mec comme Samy Traoré nous a tous marqués. C'était quelqu'un de vraiment à part, qui vivait son métier à fond. Lilian Laslandes aussi, qui était arrivé en fin de carrière à Nice, mais quel super gars. Je suis vraiment content de l'avoir côtoyé. Sans oublier des garçons comme Cyril Rool, Florent Balmont, Olivier Echouafni... Ce sont des joueurs marquants, car ils ont tous une certaine image, mais quand on les côtoie, c'est un tel plaisir. Il y a aussi Hugo Lloris, qui ne m'a pas surpris sur la suite qu'il a donnée à sa carrière depuis. Et à Sainté, je vais citer évidemment Loïc Perrin, qui mériterait plus que ce qu'il a actuellement, même s'il a déjà fait beaucoup. Blaise Matuidi aussi, qui était jeune, mais déjà prometteur, donc là encore, je ne suis pas surpris de le voir réaliser ce qu'il fait actuellement. Je m'entendais bien aussi avec de bons manieurs de ballon comme Dimitri Payet ou Pascal Feindouno, un des meilleurs, vraiment. Je n'oublie pas Bafé Gomis. Il y en a plein en fait...

Pour conclure, une simple vérification : d'après ta fiche Wikipedia, tu as, je cite, « une spécialité maîtrisée dans ton jeu : le tacle à deux pieds » . Tu confirmes ?
Ah ça, c'est sorti au début de ma carrière. Quand j'étais jeune, je jouais avec un certain engagement pour me faire respecter et pour me faire ma place. Mais avec l'âge, je me suis calmé. Et entre nous, je ne pense pas que ça soit ma spécialité (rires).



Propos recueillis par Arnaud Clément
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