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La mauvaise Louve-Story

Fidèle à son personnage, Ranieri n'avait pas bronché lors des provocations de Mourinho la saison dernière. Aujourd'hui, le boss de la Roma est tout aussi méconnaissable que son équipe, en perdition et à la recherche d'une confiance en pleine crise d'adolescence.

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Deux dynamiques et deux identités. Si le bling-bling Inter vient d'atteindre sa vitesse de croisière (leader de Serie A avec 1 nul, 3 victoires et un compteur-buts enfin débloqué pour Milito), la populo Roma semble repartie pour un début de saison très chaotique. Les stats sont dures : 2 nuls et 2 défaites dont une claque assez dingue à Cagliari (5-1), sanctionnés aujourd'hui d'une inquiétante 19ème place au classement. Et le sas de décompression que pouvait représenter la C1 n'a pas joué son rôle (défaite logique 2-0 face au Bayern). La presse transalpine en a d'ailleurs fait ses choux gras, tentant de monter une bribe d'embrouille entre le capitaine Francesco Totti et Claudio Ranieri.




Lippi en « shadowman »




D'habitude maître en “self control” et digne représentant de la classe à l'Italienne, « allenatore » Ranieri a dégoupillé en conférence de presse avant de jouer Bologne le 18 septembre dernier. Les coutures ont sauté et un monologue de 9 minutes a taillé dans les règles de l'art le costard des journalistes : « Parler après, c'est facile, fa-ci-le. Trop facile ! Messieurs, ça, c'est le Café des Sports. Nous traversons une période difficile, moi j'en ai traversé 3000 dans ma carrière, j'ai 20 ans d'expérience ! Qu'est-ce que vous croyez, que je passe mon temps à fumer le cigare sur le banc de touche ? » . Comme un clin d'œil noir à Marcello Lippi. En 2008 déjà, Ranieri se fait éjecter du banc de touche de la Vieille Dame, au profit de Ciro Ferrara, un proche de Lippi : « A Turin, je savais que Lippi était derrière tout ça. Tout le monde le savait. C'était une évidence » . Ranieri est aujourd'hui à fleur de peau. Lui, le Romanista, Romain pure souche, a enfin en main son club, celui qu'il a toujours voulu entraîner, la Roma. Mais, là encore, il reprend son rôle d'ajusteur-couturier : « J'ai entendu tant de choses que je veux donner ma vérité. Il y a quelqu'un qui tire les ficelles dans l'ombre » . Lippi again, même si celui-ci dément évidemment toute tentative de déstabilisation.



Car côté coulisses, l'heure n'est pas à la sérénité. Cet été, la famille Sensi s'est officiellement désengagée de l'AS Roma, après un règne de 17 ans. Leur société Italpetroli croulait sous la dette (325 millions d'euros quand même) et le créancier Unicredit a logiquement demandé aux Sensi de leur céder leurs actifs afin d'éponger le trou financier. L'AS Roma, club auto-financé et bénéficiaire depuis 5 ans, est incluse dans le parachute. La banque Rothschild est aujourd'hui mandatée pour trouver un repreneur au club giallorosso. La thèse de Ranieri prend un peu plus d'épaisseur. Et si Lippi essayait de se caler comme entraîneur dans les bagages de ces candidats-repreneurs ?





Le trauma de Brescia





Sur le terrain, le coup de sang de Ranieri de la semaine dernière n'a pas franchement porté ses fruits. Sans De Rossi et Totti, la Roma se fait truander par l'arbitre mercredi à Brescia (défaite 2-1). Mexès prend son rouge injustement, fait dans l'intimidation auprès du corps arbitral et fond en larmes avant de shooter dans une protection en mousse d'une caméra de la Sky. Le lendemain, le portier Julio Sergio est annoncé forfait (distension des ligaments de la cheville et fissure de l'astragale, os pivot de la cheville), laissant désormais la cage romaine au vieux Roumain Bogdan Lobont. Et ajoutez à cette poisse un début de saison plus qu'honorable de l'ennemi numéro un : la Lazio Rome. Punching-ball des années précédentes, le coloc' du Stadio Olimpico ne peut même plus servir de défouloir.



Quelques dernières nouvelles viennent cependant atténuer les souffrances pour les pessimistes ou déclarer la fin du marasme pour les optimistes : les Romanistas De Rossi et Totti effectueront leurs retours ce soir contre l'Inter et Borriello reste toujours aussi efficace (2 pions en 3 matches de Serie A). Enfin, pour les amnésiques, rappelons que la Roma pointait à une alarmante 14ème place en octobre dernier avant d'enchaîner une série d'invincibilité de 24 rencontres pour mourir à deux points du champion intériste en fin de saison. « Ce que nous avons réussi l'an dernier, nous le referons cette année. Je vous le dis, et je signe. Garçons, je vous remercie » . Telle était la conclusion de Ranieri lors du désormais célèbre monologue du 18 septembre.






Par Ronan BOSCHER

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