1. // Episode 6

La malédiction de l'Atlas

Dernier épisode de notre série dédiée à l'Atlas. Ça avait très mal commencé pour les Zorros et pour rester fidèle à la tonalité de la saison, cela s'est terminé dans le chaos. La saison prochaine, l'Atlas fêtera les soixante ans de son unique titre de champion (1951).

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S'il y avait une chose à sauver d'une saison cauchemar, c'était la Fiel, le fidèle public de l'Atlas. Ils étaient encore plus de 40000 pour le baisser de rideau du tournoi d'ouverture samedi dernier face aux Tigres de Monterrey. Un match nul anecdotique (2-2) puisqu'il n'épargnait pas aux Rojinegros le bonnet d'âne de l'exercice (13 points en 18 rencontres), mais surtout, l'attention se transféra du terrain aux tribunes. Une véritable bataille rangée y opposait forces de l'ordre à une partie de la Barra 51. Bilan : une dizaine de supporters hospitalisés et trois policiers blessés. Conséquence : le stade Jalisco fermé et suspendu pour les deux prochaines rencontres officielles de l'Atlas.

Le calendrier avait offert deux réceptions consécutives aux Rojinegros en ouverture du tournoi de fermeture 2011. Cela tourne finalement au châtiment, avec deux matches à organiser à plus de cinquante kilomètres de Guadalajara et dix millions de pesos (600 000 euros) de pertes de recettes. Pour un club aux finances étroites et qui devra lutter pour ne pas descendre à l'étage inférieur la saison prochaine (une équipe descend tous les deux tournois au Mexique), cela fait mal d'entrée ou achève d'abattre un club dont le chemin de croix semble sans fin.

Au Mexique, la Fédération et les autorités s'effraient d'une possible inflation de la violence dans les stades, avec le modèle argentin en épouvantail. D'où une répression sans mesure au moindre incident, avec comme facteur de risque supplémentaire un manque de savoir-faire notoire dans la gestion des foules. Samedi, la police entra une première fois dans la tribune réservée à la Barra pour confisquer des tambours dans lesquels auraient été introduits illicitement des feux de Bengale lancés sur le terrain, pratique assez rare en terre aztèque. Premiers incidents. Puis, les forces de l'ordre revenaient à la charge en seconde période pour envoyer au poste ceux qui leur avaient résisté de manière trop véhémente. Nouveau désordre, le plus important depuis les cinquante ans de vie du stade Jalisco.

Les grands moments d'une saison en enfer

Terminée dans le chaos, la saison des Zorros avait débuté dans le désordre. Recrue phare, le mondialiste paraguayen, Enrique Vera, s'était fait exclure sans même avoir commis une faute lors du premier match : une contestation puis une simulation le renverront au vestiaire. Pour boucler la boucle, le milieu défensif guarani a terminé l'année dans le rouge après un tacle par derrière sauvage commis sur Torres Nilo, pur produit de la cantera de l'Atlas passé aux Tigres et international mexicain. Vera n'est manifestement pas serein au Mexique et ne cache pas vouloir faire ses mallettes dès que possible. Un empressement accéléré depuis que son compatriote, Fredy Bareiro, attaquant des Estudiantes Tecos, autre club de Guadalajara, a été contraint de vider l'un de ses comptes en banque sous la menace de délinquants pas vraiment prévenants envers sa famille. Pour bien paniquer, le Guarani peut également ruminer le drame vécu par Salvador Cabanas à Mexico.

En sus d'un recrutement inepte, l'Atlas cette saison, ce fut aussi trois entraîneurs consommés : un tous les six journées, en moyenne. L'idée la plus farfelue ? Avoir installé le formateur du club, José Luis Mata, à la direction technique de l'équipe, et lui avoir affecté comme adjoint Benjamin Galindo, un entraîneur bien plus expérimenté. Ça n'a pas raté : ce dernier a terminé le tournoi à la tête des Rojinegros. Dans leurs interviews, les joueurs de l'Atlas parlent d'une saison pour l'oubli. Emblème du club, l'attaquant Daniel Osorno ne cachait pas son désarroi (déjà roi) dès le mois de septembre : « Je ne sais pas si mes coéquipiers peuvent dormir, mais personnellement, j'ai même honte de sortir dans la rue » . Décisions absurdes, collectif inconsistant, l'institution de Guadalajara a aussi été victime, comme de coutume, d'une malchance qui l'escorte saison après saison. Top du bêtisier, ce but contre son camp inscrit dans les arrêts de jeu du derby Chivas-Atlas, alors que les Rojinegros se trouvaient à deux doigts de faire oublier leur sale saison à leurs supporters. A en croire l'auteur argentin Adolfo Bioy Casares, « la meilleure manière d'acquérir de la résistance face à l'adversité est d'être supporter d'un club de losers » . Raison de plus pour la Fiel de continuer à clamer : « Allez l'Atlas, même s'il gagne » .

Thomas Goubin, à Guadalajara


Les incidents du samedi



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yo soy de méxico y la verdad esta pelea, desde mi punto de vista, fue ocacionada por la policia ya que primero sacaron del estadio a quienes metieron pirotecnia al inmueble, eso esta bien, pero despues intentaron quitarles los bombos a la barra 51(porra del atlas)con golpes a distra y sinestra, cosa que dasato la furia de los hinchas
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C'est samedi, c'est derby
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