La magie de la Coupe d'Italie, enfin !

Alessandria, Spezia, Carpi... Ces trois clubs ont prouvé en quelques jours que les exploits en Coupe ne sont pas réservés qu'à la France.

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En France, on adore ça. Le petit club amateur qui élimine un club de Ligue 1 en Coupe de France. Un club de CFA qui atteint la finale. Un Carquefou, un Calais, un Quevilly. Les épopées en Coupe de France sont légion, presque une habitude. En Italie, en revanche, c'est une autre affaire. Tout est fait et organisé pour que les mêmes équipes se retrouvent toujours à partir des quarts de finale. Inter, Lazio, Juventus, Roma, Napoli, Fiorentina, Milan, Sampdoria. Jamais une surprise, jamais un frisson, jamais une épopée. D'ailleurs, ce sont toujours les mêmes finales. Des Inter-Roma, des Napoli-Juventus, des Lazio-Juventus. Et toujours les mêmes vainqueurs : Napoli, Inter ou Lazio.

La Coupe d'Italie est devenue une compétition dont tout le monde se fout, même ses propres organisateurs. On case les dates n'importe quand, on fait entrer les huit plus gros clubs à partir des huitièmes de finale, et on les fait jouer à domicile, histoire de ne vraiment laisser aucune chance à l'éventuel petit club qui serait parvenu à se hisser jusqu'ici, en passant par 254 tours auparavant. Mais cette saison, enfin, les petits poucets se sont rebellés. Un vrai bol d'air frais, car ce sont des régions entières qui vont désormais soutenir ces équipes, déjà qualifiées pour les quarts de finale. Le changement, c'est maintenant, et ça fait un putain de bien.

Alessandria et Spezia, les épopées


Le premier acte a eu lieu il y a deux semaines. Palerme, actuellement dans le ventre mou de la Serie A, reçoit Alessandria, actuel leader de Lega Pro (D3). Une formalité, a priori, pour les Siciliens. Pas du tout. Alexandrie allume ses phares et éblouit les Palermitains. Un succès 3-2 à l'extérieur qui sonne déjà comme un sacré exploit. Mais cela ne s'arrête pas là. Sur leur lancée, les Grigi sont allés se payer le Genoa, toujours à l'extérieur, sur le score de 2-1. Cette fois-ci, ils ont dû passer par la prolongation, mais avec un cœur gros comme ça, ils sont parvenus à se hisser en quarts de finale. Un véritable événement, puisque la dernière fois qu'un club de D3 (anciennement Serie C1) s'était hissé en quarts de finale de la Coupe, c'était en 1983-84. C'était le Bari de Bruno Bolchi, qui s'était finalement incliné en demi-finale face au Hellas Vérone, champion d'Italie l'année suivante.


Forcément, un tel exploit a donné des idées (et des ailes ?) aux autres petits poucets de la compétition. Ce mercredi après-midi, c'est au tour de Spezia de faire déjouer tous les pronostics. Sur la pelouse du stadio Olimpico, la Roma, toujours à la recherche de sa dixième victoire en Coupe d'Italie, était censé ne faire qu'une bouchée du modeste onzième de Serie B. Avec Domenico Di Carlo, ancien coach du Chievo, aux commandes, Spezia a pourtant réalisé le match parfait, prouvant que le football, même en Italie, n'était pas seulement une question de gros noms et de palmarès. Di Carlo a emmené Rudi Garcia et ses hommes là où il voulait : aux tirs au but. Vu la situation actuelle de la Roma, qui n'a plus obtenu le moindre succès depuis le derby du 8 novembre, le coach savait certainement que les Giallorossi, en plein doute, s'écrouleraient sous la pression. Il ne s'est pas trompé. Pjanić et Džeko ont flanché. Pas les joueurs de Spezia, qui ont tous marqué, façon Italie 2006. Qualification historique en quarts de finale, la première depuis 1940-41. Les supporters du club, présents dans les travées du Stadio Olimpico, n'en croyaient pas leurs yeux. Ceux de la Roma non plus.

Un beau pied de nez


Ironie du tirage, Alessandria et Spezia s'affronteront justement en quarts de finale. L'épopée s'arrêtera pour l'un des deux, mais c'est également la certitude qu'au moins un club de Serie B ou de Lega Pro atteindra les demi-finales de la compétition. Et ça, ça n'est plus arrivé depuis la saison 1993-94, et la qualification de l'Ancona Calcio en demi-finale (et même en finale !). Et en demi-finale, tout devient possible. C'est en effet le seul tour de la compétition qui se joue en matchs aller-retour, et donc le seul tour où les petits ont le droit de jouer devant leur propre public. Car c'est bien là toute l'aberration de cette Coupe d'Italie, qui pénalise en permanence les petites équipes. De fait, ce sont toujours les clubs les plus aisés qui reçoivent. Or, jusqu'aux demi-finales, la compétition n'intéresse personne et les stades sont vides. Alors qu'un Spezia/Juventus, un Pergocrema/Inter ou un Trapani/Lazio se joueraient à guichets fermés.

Qui sait, cette saison 2015/16 sera peut-être enfin celle où une petite équipe parviendra à se hisser jusqu'à la finale. Ce sera peut-être Alessandria, peut-être Spezia, et peut-être même Carpi. L'actuel avant-dernier de Serie A, promu cette saison envers et contre tous, est allé ce mercredi éliminer la Fiorentina chez elle. D'aucuns diront que la formation viola, en lice pour le Scudetto et pour la Ligue Europa, ont préféré bazarder cette compétition plutôt que d'y perdre de l'énergie. Qu'importe. Carpi s'en tape et a composté son ticket sans se faire prier. Au prochain tour, le promu affrontera le vainqueur du match entre la Sampdoria et le Milan AC, qui a lieu ce jeudi soir. Et vu le score du dernier Carpi-Milan AC en Serie A (un bon vieux 0-0), tous les espoirs sont permis. Même celui de s'offrir une demi-finale. Ce qui serait, assurément, un beau pied de nez à tous ceux qui, dans un passé tout récent, ont snobé les performances de cette équipe et des autres petits poucets qui tentent de se faire une place parmi les grands. N'est-ce pas, Claudio Lotito ?



Par Éric Maggiori
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Dans cet article

Allez Georges, c'est bon, tu venir achever Rudi!
Le format ressemble plus une coupe de la ligue, mixte entre le format anglais et français qu'à une véritable coupe nationale, les surprises étant rares effectivement.

Pour revenir à l'élimination de la Roma et à Rudi Garcia, il a quand même fait du bon travail au départ pour remttre l'équipe sur le podium en termiannt 2 fois consécutivement derrière la Juve mais cette saison avec une équipe renforcée et sur le papier compétitive, combiné à une réelle opportunité d'être champion avec une Juve moins dominante (sur ce début de calcio)donc beaucoup plus de pression et moins d'indulgence qu'il avait sur ses premières saisons; on voit clairement qu'il ne peut pas franchir ce palier à son équipe aussi bien lui-même en tant qu'entraineur, ce qui est la différence entre les bons et les très bons. Et plus globalement je pense aussi que c'est le revelateur du niveau des entraineurs français incapable d'ammener et de diriger des clubs au plus haut niveau actuellement (exception Wenger et pour Blanc on verra ça en LDC s'il a franchi le palier).
Sinon les deux pénos frappés par Pjanic et Dzeko... olalalalala ! J'hésite entre le "je menfoutisme" ou la grosse faute professionnelle.
Sa première année à la Roma était surtout l'effet de surprise Gervinho. Les défenses jouaient haut contre la Roma sans se rendre compte du danger, jusqu'à ce que la juve - qui d'habitude domine le jeu - joue la défense collée à Buffon et laisse l'initiative à la Roma qui s'était montrée très stérile.
Et la faille a été découverte (3-0). Concrètement, en deux ans et demi, la Roma a fonctionné la phase aller de la Serie A 2013/2014. Et ils gardent Rudi quand-même, avec une direction très moyenne (Sabatini en tête).
D'ailleurs, les clubs de serie A tâtonnent trop, il n'y en a pas des masses qui planifient correctement (Sassuolo, Chievo, Juve, Torino et Inter).
KingMastre Niveau : CFA2
LE MOU S'EST FAIT VIRER PAR CHELSEA...

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