La Ligue des gentlemen extraordinaires

Selon toute vraisemblance, ils ont disputé leur dernière Ligue des champions cette saison, une compétition qu'ils ont remporté plutôt deux fois qu'une, voire même quatre. Van der Sar, Seedorf et Raul, heureux en C1, malheureux en sélection.

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C'était un peu leur drogue. Celle qui les faisait revivre au moins un instant, qui les réanimait lors de leurs rares coups de blues. Ainsi, en 2004, Raul entame une passe délicate dans sa carrière. Mis sur le banc par Aragonès en sélection, il ne fait plus trembler les filets qu'occasionnellement avec le Real. En Ligue des Champions, l'élégant matador se distinguera pourtant avec quatre buts en huit matches, dont un doublé face à la Roma. Même histoire en 2006-2007, avec cinq pions européens, à peine deux de moins qu'en Liga. Combien de fois l'on a aussi vu Seedorf oublier son âge, ou plutôt, l'usure du temps, pour un joueur qui évolue au plus haut niveau depuis ses seize ans, lors de quelques sommets continentaux à élimination directe, où il distribuait le jeu comme un Kasparov avançant ses pions sur un échiquier. Se remémorer notamment sa campagne 2006-2007, la dernière victorieuse.

A un match de remporter la troisième Ligue des champions de sa carrière, Edwin Van der Sar va, lui, raccrocher les gants avant d'avoir entamé son déclin. Ou plutôt, après s'être remis de ses années molles (2001-2005 avec Fulham) pour redevenir celui qu'il avait été à l'Ajax Amsterdam. Pour ceux qui se demandent encore comment Van der Sar peut boucler l'une des meilleures saisons de sa carrière à près de 40 ans, l'hymne épique de la Ligue des champions vient apporter une réponse cristalline. « Quand j'étais à Fulham, j'allais voir Chelsea jouer en Ligue des Champions, déclarait-il. Contre le Bayern, j'observais Oliver Kahn s'échauffer en pensant "Je faisais la même chose avant, que je pourrais-je faire pour rejouer la C1?" » . Une fois transféré à MU, le grand batave retrouva son aphrodisiaque européen et son désir d'étirer son double-mètre.

Des joueurs légendaires ont couru après la C1, jusqu'à modifier brusquement le cours de leur carrière pour soulever les grandes oreilles. Zidane, avec succès. Ronaldo (le retraité), en vain. Pour Van der Sar, Seedorf et Raul, l'affaire fut classée dès les prémisses de leur long bail européen. A 21 ans, pour l'Espagnol, face à la Juventus. En 1995, pour les deux bataves. Il y a 16 ans, le temps d'une carrière, d'une vie de footballeur. Recordman hors-catégorie, Clarence Seedorf est le seul être humain à avoir remporté quatre Ligue des champions avec trois clubs distincts (Ajax, Real, Milan). Golden boy en C1, le métronome milanais se révéla être dans le même temps un effroyable loser en sélection. Comme s'il y avait une contrepartie à payer à tant de lauriers.



Des chats noirs en sélection


En 1996, le jeune Clarence déclenche le cycle infernal qui tourmentera l'une des plus belle générations de l'histoire batave, avec un pénalty stoppé par Bernard Lama en quart de finale de l'Euro. En 1998, Van der Sar se montrera tout aussi impuissant à rafistoler les loupés de ses coéquipiers en demi-finale de la Coupe du Monde. L'acmé de ce drame néerlandais se produira deux ans plus tard, à domicile, avec une élimination toujours au bout de la séance fatale, en demi-finale de l'Euro 2000, face à une Italie réduite à 10 avec deux tirs aux buts manqués dans le temps réglementaire par les Oranje. Ce chemin de croix fut aussi vécu par Raul en sélection, acteur de toutes les désillusions d'une Roja qui montait en puissance, et ostracisé au moment où l'armada espagnole devenait invincible.

A défaut d'avoir soulevé un trophée Jules Rimet, Raul, Seedorf et Van der Sar pourront toujours énuméré les chiffres vertigineux qui certifient le caractère hors-du-commun de leurs carrières : 71 buts en Ligue des champions pour l'Espagnol, 130 capes pour le portier batave, et 147 matches de Coupe d'Europe pour le métronome du milieu. L'année prochaine, sauf revirement de dernière minute de la part de Van der Sar, de Raul, ou de la direction du Milan, la Ligue des champions aura perdu trois de ses acteurs majeurs des deux dernières décennies. Van der Sar se consacrera à sa famille. Seedorf pourrait se retrouver près de Copacabana où il aime taper la gonfle chaque été - Botafogo a contacté celui qui est lié à la ville à une Brésilienne. Enfin, Raul devrait rétrograder en Europa League, sauf terrible faux pas de Schalke 04 en finale de la Coupe d'Allemagne. Pour ce prestigieux trio, les affres du manque risquent de se faire sentir. Pour eux, comme pour leurs admirateurs.

Video : Quand Seedorf et Raul jouaient ensemble





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Autre joueur à avoir gagner la C1 sur le tard, après avoir rejoint une écurie susceptible de la faire: Thierry Henry.

L'age de VdS me fait penser à Zoff, champion du monde à 40 ans. Et qui perdra la finale de C1 lors de son dernier match pro (83, Juve-Hambourg). J'espère que ce sera la même pour le portier hollandais (Oui, je suis pour le Barça, y'a un prob'?).
Petite nuance. Arsenal était pas susceptible de remporter l'europe quand Henry les a rejoints, c'est Henry qui les a rendu susceptible de la gagner.
Et moi, j'espère bien que pour sa der, Van der Sar va écoeurer, une fois de plus, les attaquants adverses.
Après, c'est vrai qu'une page se tourne pour ces trois monstres. Mais quels joueurs, quels parcours!
C'est bien beau d'écrire de belles phrases dans un article qui rend hommage à trois grands mais les écrire sans faute, c'est mieux :

"Combien de fois l'on a aussi vu Seedorf oublié son âge, ou plutôt, l'usure du temps" -> oublier

"Je faisais la même chose avant, que je pourrais-je faire pour rejouer la C1 ?" -> il fait peut-être un double-mètre mais c'est pas pour ça qu'il faut deux fois dire "je". Je est un autre.

Je ne suis pas tatillon sur l'orthographe mais ça devient récurrent dans chaque article (et je ne parle pas des dépêches). Sinon très joli papier-hommage.
ON EST PAS SUR MAITRE CAPELLO .COM VA FAIRE TES MOTS MéLLéS
C'est bien Ruicosta, bel élan de lyrisme. C'est vrai que pour un journaliste, l'orthographe n'est pas importante.La banalisation de la médiocrité orthographique, entre autres, est effrayante. Et on préfère ostraciser celui qui relève l'erreur plutôt que celui qui la commet. Belle mentalité de gros c.on...

Sinon Paul Scholes aussi pourrait rentrer dans la catégorie, même si sa propension à faire du petit bois des tibias adverses colle assez mal avec l'idée du gentleman...
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