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  2. // 14e journée
  3. // Real Madrid/Atlético Madrid

Après une saison 2011/2012 record en Liga, le Real Madrid n'est pas au top en ce début de saison. La faute à « pas de chance » et à des imbroglios internes entre joueurs et entraîneur. Le titre domestique déjà aux oubliettes, les Merengues ne misent plus que sur la Ligue des champions...

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Oh, que ce Real Madrid a bien changé ! En l'espace d'un été, la version « mourinhesque » de la Casa Blanca a pris un bien mauvais virage. Un tournant prévisible, mais qui fait mal aux madridistas. Car, après avoir mené une guerre sans relâche – sportive et nerveuse – au Barça de Guardiola, le Real de Mourinho n'a plus la même dynamique, la même envie. Un sentiment humain tant les Casillas et compagnie ont lâché un influx monstre dans cette saison de tous les records (100 points, 121 buts inscrits, 32 victoires). Avec un effectif quasiment inchangé – les seuls Modrić et Essien se sont greffés à une escouade pléthorique – ce millésime 2012-2013 est plus poussif. Tant sur le plan du jeu que de la réussite. Alors que l'an dernier, les petits coups de pouce tournaient en leur faveur, ils esquivent cette année les joueurs merengues. Blessures en pagaille, méforme des uns, tristesse des autres… Ce dernier samedi, la troisième défaite annuelle en Liga face au Betis est l'illustration de cette transition douloureuse. Car si ce Barça est peut-être moins intéressant, on est en droit de se demander quel intérêt a encore la saison du Real ?

Encore un objectif commun

Le grand problème de ce Madrid « mourinhesque » est qu'il se sent d'ores et déjà arrivé. Ou presque. Car le véritable objectif fixé lors de l'intronisation du Portugais est atteint : détrôner ce Barça, auto-déclaré plus grande équipe de tous les temps. Fatigué, Pep s'en est allé en année sabbatique manger de la « Grande Pomme » , et José a perdu son meilleur ennemi. Depuis la prise de fonction de Tito Vilanova, les Blaugrana sont moins flamboyants, mais ont paradoxalement égalé le meilleur départ de l'histoire de la Liga. Pendant ce temps, à Valdebedas, loin du monde « tout beau, tout propre » de Catalogne, l'ambiance est pesante. Les luttes et les règlements de compte se multiplient en interne. Au final, personne n'est dupe : remonter onze points à ce Barça relève du fantasme. Au jeu du chat et de la souris, les rôles se sont inversés. L'an dernier, l'espoir de folle remontée du Barça s'était confronté à l'avance substantielle des Madrilènes (dix points à son maximum). Surtout, il ne reste à l'heure actuelle plus qu'un seul Clásico – en Liga tout du moins. Et dans un championnat où l'écart entre les deux mastodontes et les badauds est abyssal, difficile d'imaginer un retour du Real. Et ce, même s'il reste encore quelque 72 points à distribuer…

Mais le Real ne jure que par l'Europe cette saison. Alors, bon gré mal gré, le vestiaire meringue se retrouve autour d'un point, d'un dernier objectif commun : ramener la Ligue des champions au Santiago Bernabéu. Cette fameuse decima pour boucler une boucle vieille de 56 ans, date du premier titre européen. Dans ce dernier combat, tout le monde y trouve son compte : Mourinho deviendrait le premier entraîneur à réussir la passe de trois à la tête de clubs différents, Casillas entretiendrait un peu plus sa légende, Cristiano pourrait se targuer de devancer Messi, et Sergio Ramos ramènerait sa première coupe aux grandes oreilles. Bref, un contrat partagé mais bien difficile à accomplir. Car, au-delà de la difficulté même de s'imposer en C1, le parcours merengue en cette phase de poules peut inquiéter. Entre un Manchester City toujours pas dépucelé sur le Vieux Continent et un Ajax en mode prépubère, le Real a galéré face au Borussia Dortmund. Une défaite et un match nul face aux Teutons qui lui assurent une qualification, certes, mais comme simple second couteau. Et donc un huitième de finale corsé face à une tête de liste. Le chemin menant à Wembley est encore bien long.

L'ombre de Jorge Mendes

Cette course vers ladite decima suffira-t-elle à en finir avec les guéguerres internes ? Pas sûr. Malgré les discours de surface, le mal est profond. Iker Casillas, en grand professionnel qu'il est, a beau avouer qu'il «  faut prendre la défense de l'entraîneur (…). Nous, les joueurs, sommes aussi responsables, moi le premier » , personne n'est dupe. Forcément, après un début de saison clairement en deçà des attentes, les embrouilles n'ont pas tardé à pointer le bout de leur nez. Dans un vestiaire truffé d'égos, elles prennent même une tournure disproportionnée. Masquées deux ans durant grâce au duel sans merci face au FCB, le Real voit désormais ces luttes faire la Une. En première ligne, la mésentente entre la communauté espagnole (Casillas et Sergio Ramos en tête) et le management de José Mourinho. Un José qui, lors de ses expériences anglaise et italienne, avait les pleins-pouvoirs et qui a du mal à se faire au fonctionnement de l'institution merengue. Une incompréhension qui a déjà conduit au clash avec le boss de la Masia, à l'écart de Sergio Ramos… Pourtant, les quelque onze points de retard sur le leader lui valent encore la confiance de Florentino. Une première dans l'histoire du club centenaire, puisqu'aucun entraîneur n'est resté en poste avec un tel bilan après treize journées.

Dans ce mauvais feuilleton, un homme – toujours le même – tire quand même son épingle du jeu : Jorge Mendes. L'agent star portugais serait au cœur des maux de la direction. Selon Diego Torres, journaliste au Pais – certes en froid avec tout ce qui touche au Portugal, mais toujours très bien informé –, «  pour la direction, la perte de Mourinho ne serait pas un énorme problème alors que perdre Cristiano le serait. Florentino Pérez et Jorge Mendes le savent. Du centre de Valdebebas jusqu'aux bureaux de Bernabéu, on suspecte que Cristiano soit utilisé par ses représentants comme un moyen de pression pour renforcer les revendications de Mourinho.  » Le président de la Gestifute est en effet un gros malin. Un gros malin qui sèmerait même la zizanie jusqu'au sein du vestiaire entre ses poulains (Cristiano, Mourinho, Pepe, Coentrão, Di María) et le reste du groupe. Pis, en cas de départ de la doublette CR7-Mou, le magnat des agents aurait déjà établi un plan : ramener le goleador de l'ennemi local, Falcao, au Santiago-Bernabéu. Un Tigre qui, bien entendu, fait partie de son écurie. Et il est peut-être là, l'intérêt du millésime madrilène : qui va finalement remporter la guerre des nerfs ? UMP, tu as de la concurrence outre-Pyrénées.

Par Robin Delorme, à Madrid
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Hilda de Polaris
Ca sent la fin du Mou à Madrid, comme ca sentait la fin avec chelsea ou l'inter, il est arrivé au bout d'un cycle.
Paris l'attend à bras ouverts !
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