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La Lazio sur une pente glissante

Ce soir, la Lazio reçoit Cesena en match avancé de la 23e journée de Serie A. Malgré la quatrième place, l’avenir n’est pas radieux pour les Biancocelesti. Entre blessures, mercato foireux, et entraîneur mécontent, la deuxième partie de saison risque d’être compliquée.

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Au classement, tout va bien. La Lazio est quatrième, ne compte que deux points de retard sur la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions, et s’apprête à disputer les seizièmes de finale de l’Europa League. Un bilan honorable, qui laisse augurer une deuxième partie de saison pleine d'espoirs. Mais en fait, les apparences sont trompeuses. Car du côté de la Lazio, tout ne va pas pour le mieux. L’équipe vient d’être battue sur la pelouse du Genoa (3-2), et personne n’a vraiment digéré la défaite. En effet, Edy Reja, le coach, avait demandé le report du match, pour plusieurs raisons. De fait, à cause des fortes neiges qui se sont abattues sur Rome, la Lazio n’a pas pu s’entraîner en vue de la rencontre.

Certains joueurs, comme Modibo Diakité, ont même dû se rendre au centre de Formello à pied, en marchant deux heures dans le froid. Le bus n’a pas pu aller jusqu’à l’aéroport, et c’est le président Lotito en personne qui a dû aller chercher certains joueurs en voiture pour que personne ne rate l’avion. De plus, la pelouse du stade Marassi était gelée et glissante, ce qui pouvait être dangereux pour les joueurs. Et cela n’a pas loupé : Hernanes s’est blessé lors de l’échauffement, Rocchi s’est claqué au bout de 12 minutes, et Stankevicius s’est fait mal aussi. Trois blessés, une défaite et un exclu : Reja était tellement furax après la rencontre qu’il a préféré ne pas s’exprimer, en signe de contestation. Le directeur sportif, Igli Tare, a quant à lui jugé que le match était « irrégulier » , car « certains matches ont été reportés, et pas celui-ci, alors que nous l’avions demandé  » . Gueule de bois, donc, le lendemain matin, au retour à Rome. Et gueule gelée, aussi.

Quatre départs et deux arrivées

Mais la défaite de Gênes n’est pas le seul facteur de mécontentement à Formello. En effet, Reja doit composer avec une infirmerie pleine à craquer, et qui n’est pas près de désemplir. Outre Mauri, blessé depuis plusieurs mois déjà, le coach ne peut pas compter sur Cana (un mois et demi d’absence) Brocchi (un mois), Andre Dias et Rocchi (20 jours), Radu, Kozak et Alfaro (une semaine). La plupart de ces joueurs sont titulaires, ce qui oblige le coach à composer chaque semaine des formations improbables, en relançant des joueurs tout moisis comme Stankevicius, Zauri, Scaloni ou Garrido. D’autres, comme Ledesma, Lulic et Gonzalez, sont obligés de jouer tous les matches, tous les trois jours. Conséquences : ils sont claqués. Et c’est là que le bât blesse. Les dirigeants de la Lazio étaient déjà conscients de cette situation lors du mercato. Avec un petit effort, l’équipe aurait pu être renforcée, en essayant d’anticiper ces éventuelles absences.

Alors, renforcée, la Lazio ? Pas du tout. L’inverse. Non seulement l’équipe ne s’est pas renforcée, mais, pire, elle s’est affaiblie. Djibril Cissé est parti à QPR, Beppe Sculli est rentré au Genoa, Del Nero a filé à Cesena et Stendardo à l’Atalanta. Quatre départs, et seulement deux arrivées : Candreva, en provenance de Cesena, et l’inconnu Alfaro. Pendant longtemps, le président Lotito a cru tenir en Keisuke Honda le joueur capable de relever le niveau de l’équipe. Le Japonais était d’accord mais pas les dirigeants russes, qui n’ont pas voulu baisser leur prix d’un centime. Du coup, dans l’urgence, lors du dernier jour du mercato, le directeur sportif a tenté de se mettre d’accord avec Nilmar, mais les délais étaient trop courts. Finalement, personne. Ou du moins, personne en mesure de faire faire le saut de qualité à une équipe qui veut lutter pour la C1. Ce mercato raté a rendu fou de rage Edy Reja, qui avait demandé un attaquant et un milieu de terrain de renom. Dégoûté, le zio Edy. A tel point qu’après la défaite contre le Genoa, il glisse le nom de son potentiel successeur à Claudio Lotito. Un certain Gian Piero Gasperini.

Sabotage improvisé

Des blessés, des joueurs fatigués, un entraîneur qui pense déjà à partir à la fin de la saison... Mais alors, cette Lazio a-t-elle encore des aspects positifs ? Oui. Quand même. En premier lieu, Miroslav Klose. Avec les départs de Cissé et Sculli, les blessures de Rocchi, Kozak et Alfaro, l’Allemand se retrouve seul. Seul attaquant de l’effectif, si l’on excepte le tout jeune Rozzi, qui a fait ses grands débuts la semaine dernière contre le Milan AC. Déjà auteur de 12 buts cette saison en Serie A, l’ancien du Bayern porte l’équipe à bout de bras, mais va devoir se préserver sous peine de laisser le secteur offensif romain totalement orphelin. Autre point positif : Senad Lulic, le Bosnien arrivé cet été des Young Boys de Berne. Après des débuts difficiles, le joueur s’est parfaitement adapté au jeu de la Lazio, et semble progresser de semaine en semaine. Quant à Hernanes, même s’il semble moins affuté que la saison dernière, il demeure toutefois décisif. A chaque fois que le Brésilien a scoré (six fois), la Lazio a gagné.

Contre Cesena, ce soir, Reja va donc encore devoir composer avec les moyens du bord. Avec les blessures de Dias et Stankevicius, cumulées à la suspension de Diakité, le technicien va devoir inventer une charnière centrale. Biava en sera. Radu peut-être. A moins que Ledesma ne descende en défense, comme De Rossi l’avait fait à la Roma pour dépanner. Au milieu, Gonzalez et Lulic vont utiliser le peu d’essence qu’il leur reste, tandis qu’Hernanes, même diminué, devrait faire son retour. En attaque, Klose sera aligné seul en pointe, à moins que Reja ne décide de l’associer au « baby » Rozzi. Dans tous les cas, Cesena ne sera pas un adversaire facile à battre, car l’équipe d’Arrigoni, avant-dernière du classement, n’a plus intérêt à laisser filer des points. Sans oublier qu'Adrian Mutu est une véritable bête noire pour la Lazio, puisqu’il a déjà planté six fois contre les Biancocelesti depuis le début de sa carrière. Une victoire redonnerait du baume au cœur à l’entraîneur laziale, et à des tifosi blasés par les récentes stratégies des dirigeants. Une stratégie que certains appellent «  l’art de s’auto-saboter » .

Eric Maggiori
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Rien à voir, mais Shaqiri est au Bayern jusqu'en 2016... La classe!
tutti per la lazio, niente per lotito
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