La L2, une petite L1 ?

La L2 millésime 2011-2012 n'a jamais semblé aussi relevée, avec une palanquée d'anciens pensionnaires de l'élite qui vont se battre pour les trois seuls strapontins à l'accession. Grosse bagarre en vue.

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Généralement, il faut bien le reconnaître, le championnat de Ligue 2 n'a rien d'excitant : des journées disputées le vendredi soir dans des petites villes de province et une couverture télé le lundi soir sur Eurosport, ça ne fait pas rêver. Le prochain exercice ne devrait pas radicalement changer la donne, sauf que les vingt clubs participants forment un ensemble de très bonne facture. Sur le papier, tout du moins. Rayon palmarès par exemple, on note la présence de quatre champions de France, et parmi eux trois des sept derniers clubs titrés (Monaco, Lens et Nantes, Reims étant le quatrième). Autre remarque : dix-huit des vingt participants ont déjà évolué en élite par le passé. Seuls Clermont Foot et Amiens font figure d'exception. Et des dix-huit, ils sont treize à être passés par la L1 au moins une saison au cours des dix dernières années : Monaco, Lens et Arles-Avignon jusque cette année, Le Mans et Boulogne jusqu'en 2010, Le Havre et Nantes jusqu'en 2009, Metz jusqu'en 2008, Sedan et Troyes jusqu'en 2007, Istres et Bastia jusqu'en 2005 et enfin Guingamp jusqu'en 2004.
Résultat, ce cru 2011-2012 de Ligue 2 a l'allure d'une petite L1 vintage, avec d'habituelles grosses cylindrées sur la pente descendante, des spécialistes de l'ascenseur et quelques visiteurs éclairs de l'étage du dessus (Arles-Avignon, Boulogne, Istres). Tout ce mélange hétéroclite permet d'envisager la saison à venir avec pas mal d'optimisme. Il devrait y avoir une belle bagarre pour accrocher les trois accessits à la montée et éviter le bas du classement, synonyme de descente en National et de potentiels gros ennuis (RIP le RC Strasbourg).

Monaco en danger

Parmi les prétendants à la montée, bien sûr, les relégués de mai 2011. Et parmi eux, l'épouvantail AS Monaco qui, après plusieurs saisons indigentes, a fini assez logiquement par se vautrer le printemps dernier. Un mal pour un bien ? Pas si sûr... L'effectif a été pas mal bousculé, avec les départs actés de Ruffier, Bonnart, N'Koulou, Coutadeur, Haruna et ceux à venir de Park, Mongongu et Mbokani. En retour, l'ASM a donné dans le recrutement de profils plus L2 avec les venues de Johan Carrasso, Dumont, Helstad et Marester, ainsi que l'espoir camerounais Edgar Salli. Avec ceux qui sont restés (ou encore ceux qui sont de retour comme l'ancien prêté caennais Yohan Mollo), on obtient un effectif qui a de l'allure, mais qui va devoir s'habituer vite et bien aux difficiles joutes de ce championnat. Un seul match amical (!) a été disputé durant l'intersaison. Il s'est soldé par un résultat nul 2-2 guère encourageant contre Fréjus Saint-Raphaël. Ça ne devrait pas être du velours pour le Rocher cette saison.

Au RC Lens, on semble mieux s'adapter à évoluer à l'échelon en-dessous. L'habitude certainement... Les amicaux d'intersaison ont permis de dessiner une équipe-type avec, ça faisait longtemps, un potentiel offensif prometteur : Eduardo, Toudic, Pollet et Mathlouthi. A voir comment va s'en sortir le nouveau staff composé de Jean-Louis Garcia et Jocelyn Blanchard (directeur sportif).
A Arles-Avignon, on peut se dire que Faruk Hadzibegic a eu toute la saison dernière pour préparer la suivante en L2. Une bonne partie des ratés du recrutement sont partis – Meriem, Pavon, Kermorgant, Dja Djédjé, Ghilas, Planté... –, remplacés par Butelle, Landrin, Pieroni, Dramani (international ghanéen) et peut-être bientôt Maoulida.

Nantes, du neuf avec du vieux

Autre candidat sérieux au podium, Le Mans peut regretter d'avoir laissé filer Ajaccio et Dijon la saison dernière, alors que la montée lui semblait promise. Dans son nouveau stade, l'ex-MUC 72 devenu Le Mans FC a produit du beau football, mais devra cette saison composer sans deux de cadres, Thorstein Helstad et Ludovic Baal. Le FC Nantes est aussi bien sûr intéressé par une remontée en élite, mais l'instabilité reste permanente parmi le staff, avec un nouvel entraîneur (Landry Chauvin) et un énième psychodrame au sein de l'équipe dirigeante, avec le vrai faux départ du directeur technique Stéphane Ziani et la démission, bien réelle celle-là, du coordinateur sportif Guy Hillion, réintégré à la cellule de recrutement de Chelsea. Sur le pré, Rodelin, Capoue et Ndy Assembe sont partis, remplacés par Bessat, Dalé, Rudy Riou et les vétérans Wiltord et Pancrate.

Au rang des outsiders, on peut citer Sedan (qui a recruté Ulrich Ramé), Boulogne (privé de Grégory Thil, parti à Dijon), Le Havre, voire des surprises, sur le modèle d'ETG, Ajaccio et Dijon : Tours et Angers, des trouble-fêtes aux finances incertaines, Reims, à la recherche éternelle de son glorieux passé, Clermont, auteur d'une belle saison dernière et les promus Bastia et Guingamp, qui souhaitent imiter ETG, Arles-Avignon et Valenciennes, trois clubs qui ont réalisé les deux montées successives ces dernières années.

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