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La Juventus s'offre Berlin

Un temps qualifié grâce à un penalty de Cristiano Ronaldo, le Real Madrid ne pourra défendre sa couronne à Berlin. La faute au but de son ancien protégé, Álvaro Morata, qui permet à la Vieille Dame de croire à une troisième coupe aux grandes oreilles.

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R. Madrid - Juve
(1-1)

C. Ronaldo (22') pour Real Madrid , Á. Morata (57') pour Juventus Turin.


L'apnée aura duré vingt-trois minutes, la douche froide une demi-heure. Jusqu'ici transis par un enjeu décuplé par la qualification du FC Barcelone pour la finale berlinoise, le Santiago Bernabéu se libère. Le contact de Chiellini, qui couche tel un petit bonhomme en mousse James Rodríguez, offre à l'antre de Chamartin une remontada express et sans stress. Généreux ou inexistant, le penalty ne tracasse pas Cristiano Ronaldo, pourtant en échec lors de sa dernière tentative face aux Chés, qui se fait un plaisir d'offrir un avantage décisif aux siens. La qualification, en poche jusqu'à l'heure de jeu, change subitement de camp, lorsqu'Álvaro Morata, seul dans les six mètres, fusille San Iker. Le coup est parfait, la finale de Ligue des champions retrouve la Vieille Dame douze ans après. Un laps de temps qu'avait lui aussi dû attendre l'actuel détenteur de la coupe aux grande oreilles, qui ne pourra défendre sa couronne. Par là même, et dans un anonymat qu'il ne mérite pas, Carlo Ancelotti a sans doute connu ses dernières minutes sous la guérite madrilène…

« Juve, Juve, vaffanculo »


Les escalators de la station du Santiago Bernabéu fonctionnent à plein régime. À quelques encablures d'une demi-finale bouillonnante, les badauds aux maillots blancs redescendent sous terre pour arriver à temps devant leur poste. Car, après un appel de la direction blanche, sure de sa communication, les alentours de l'imposante enceinte de Chamartin se sont remplis de dizaines de milliers d'aficionados en délire, habités par le fameux esprit de remontada propre au géant blanc. Sur son trente et un, l'aficion madrilène se mue ensuite en bon élève, récitant les conseils prodigués par un speaker à la voix cassée. Sous les cris de « Juve, vaffanculo » , les vingt-deux acteurs de cette superproduction récitent un script que tout un chacun avait imaginé. Postée dans son camp, la Vieille Dame encaisse, sans broncher, les coups de boutoir des coéquipiers d'un Benzema de retour. Certains de leur force avec leur pointe française, les Madridistas enchaînent des combinaisons fluides. Mais sans tracas pour les Italiens, ce jusqu'au coup de sifflet de l'arbitre suédois suite à la chute du Colombien dans la surface. Au penalty transformé par Ronaldo succède un récital de contres merengues et une Juve égarée et agacée.

Le Bernabéu est italien


Le Real, de par ses chevaux de course aux touchers exquis, offre des rushs que seuls les mains fermes et le petit filet de Buffon peuvent arrêter. Après les trois quarts de cet éliminatoire, les Madrilènes des tribunes ne savent sur quel pied danser. La qualification en poche offre de l'optimisme aux conversations de la mi-temps, beaucoup moins la reprise. Après avoir attendu trois longues minutes les Merengues sur le pré, les Bianconeri imposent leur rythme. Sans envolée mais pas sans maîtrise, ils contiennent le trio offensif adverse. Mieux, ils font trembler les filets d'Iker Casillas. Sur un ballon aérien que Pogba croque devant Sergio Ramos, Álvaro Morata, invisible jusque-là, s'amène le cuir avant de trouver la mire. L'heure de jeu est à peine atteinte que le Santiago Bernabéu est dans tous ses états. Face à des Italiens pas insensibles à l'idée de défendre leur maigre avance jusqu'au coup de sifflet final - même si Marchisio aurait pu et dû tromper San Iker -, le Real s'annonce ultra-dépendante de ses individualités. Et lorsqu'elles ne sont pas au rendez-vous, à l'image d'un Bale incapable d'inscrire le copier-coller de son but lisboète, tout se complique. Pas vraiment poussés par un public qui soupire sur le raté de Paul Pogba, le Real dit adieu à son doublé.


À lire : les notes du match

⇒ Résultats et classement de la Ligue des champions

Par Robin Delorme, au Santiago Bernabéu
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