1. //
  2. // 6e journée
  3. // Juventus/Roma

La Juventus attend Zeman

Ce soir, la Juventus, co-leader de Serie A, reçoit l’AS Roma. Plus qu’un club, c’est surtout un entraîneur que le Juventus Stadium attend. Zdeněk Zeman, le coach des Giallorossi, est en effet l’ennemi public numéro 1 de la Juventus.

24 11
Le coup d’envoi du match entre la Juventus et la Roma a été donné mercredi soir. La Roma reçoit la Sampdoria au stadio Olimpico. L’entraîneur de la Samp, c’est Ciro Ferrara, un joueur qui a passé plus d’une décennie avec le maillot bianconero sur les épaules. Au début du match, Ferrara et Zeman se retrouvent à quelques mètres l’un de l’autre, mais ne se saluent pas. Ciro avait prévenu : « Zeman a détérioré mon image pendant des années » . En fait, lorsqu’il dit « mon image » , l’ancien Turinois sous-entend « mon image et celle de la Juventus  » . On ne va pas refaire l’histoire. Voilà des années et des années que l’entraîneur tchèque, passé par Naples, Lecce ou encore Foggia, s’acharne sur la Vieille Dame. Son objectif ? Prouver par A et par Z que la Juventus a utilisé des produits dopants. Ces accusations, vieilles de plus de dix ans, ont entraîné des procès auxquels ont participé d’illustres joueurs turinois, parmi lesquels Conte, Zidane, Del Piero, Vialli, Peruzzi et… Ciro Ferrara. Personne n’a finalement été condamné, et l’absolution a été prononcée pour tout le monde, médecins du club compris, en décembre 2005. Mais à Turin, personne n’a oublié. Ce soir, le Juventus Stadium ne veut pas seulement la victoire de la Juventus face à la Roma. Il veut l’humiliation de Zdeněk Zeman. Rien que ça.

Les black-out de la Roma

D’autant que Zeman n’a jamais rien fait pour apaiser les tensions. Il y a quelques mois, lorsque la Juve remporte le Scudetto, une petite polémique éclate en Italie. La Juve se vante d’avoir remporté son 30e titre, tandis que les instances du football italien ne lui attribuent que 28. Zeman, alors coach de Pescara, sort de nulle part et mitraille. « S’ils ont envie d’en avoir gagné 30, tant mieux. Pour moi, ils en ont vraiment gagné 22 ou 23  » , affirme-t-il, faisant évidemment référence au Calciopoli et aux autres suspicions de dopage. Voilà pourquoi, ce soir, les joueurs d’Antonio Conte vont avoir une double, voire une triple motivation pour s’imposer. L’an passé, ils avaient déjà écrasé les Romains, sur le score sans appel de 4-0. Le coach s’appelait alors Luis Enrique. Aujourd’hui, c’est bien Zeman qui est sur le banc de la Louve. Un Zeman dont on attendait beaucoup et qui, pour le moment, n’arrive pas à imprimer sa patte sur l’équipe giallorossa. De fait, si la Roma est actuellement sixième, le classement est légèrement trompeur. En cinq journées, la formation romaine ne s’est imposée qu’une seule fois (sur la pelouse de l’Inter). Son autre « victoire » a été obtenue sur tapis vert, après l’annulation du match contre Cagliari.

Lors des trois autres tours, l’équipe a toujours été victime de black-out incompréhensibles, exactement comme l’an dernier avec Luis Enrique. Face à Bologne, par exemple, la Roma menait 2-0 à domicile avant d’encaisser trois buts dans les 20 dernières minutes. Contre la Sampdoria, mercredi, presque la même histoire. Après avoir outrageusement dominé pendant une heure (but de Totti à la demi-heure), les joueurs de la capitale se sont relâchés et ont encaissé un but-casquette suite à une bourde du gardien Stekelenburg. Depuis le début du championnat, la Roma a donc déjà laissé filer sept points (sur quinze possibles), ce qui est beaucoup pour une équipe qui vise le Scudetto, selon les dires de son propre entraîneur. Évidemment, ce soir, il y a un énorme coup à faire. Zeman rêverait d’être le premier entraîneur à venir s’imposer au Juventus Stadium (la Juve n’y a jamais perdu en 24 rencontres officielles depuis son inauguration), permettant ainsi à la Roma de revenir à deux points de la Juve. Parce que venir lutter pour le Scudetto, aux côtés de la Juve et du Napoli, cela se mérite.

Ils ont osé remplacer Pirlo

Or, la Juventus doit se méfier. De la Roma, oui, mais aussi d’elle-même. Mardi soir, sur la pelouse de la Fiorentina, le champion d’Italie a semblé, pour la première fois depuis bien longtemps, en difficulté. À vrai dire, depuis l’arrivée d’Antonio Conte, les fois où la Juve a été à la peine se comptent sur les doigts de la main (première mi-temps contre le Milan AC l’an dernier, une demi-heure contre le Chievo en mars, à peu près pareil en début de saison à Catane…). Mais là, contre la Fiorentina, il y a eu quelque chose en plus. Jamais, au cours des 90 minutes, la Juve n’a semblé pouvoir reprendre en mains la partie. Les Bianconeri ont subi, remerciant simplement leur bonne étoile (la barre de Jovetić) et la maladresse des attaquants florentins. Plusieurs explications à ce petit moins bien. Déjà, la Juve découvre là le gros rythme de jouer tous les trois jours. L’an passé, elle ne participait pas à la Coupe d’Europe, et hormis quelques fois dans l’année pour la Coupe d’Italie, elle pouvait se reposer toute la semaine pour être fraîche le week-end. Le banc est plus fourni que l’an dernier, certes, mais il faut peut-être un peu de temps pour que l’équipe assimile ce turn-over permanent.

Ensuite, il y a la petite baisse de forme d’Andrea Pirlo. Monstrueux la saison dernière, christique pendant l’Euro, Pirlo est un peu en dessous depuis qu’il porte la barbe. Souvent, lors du dernier exercice, les clefs de la maison lui étaient remises lorsque la Juve n’arrivait pas à faire sauter le verrou. Mais depuis le début du championnat, il est moins décisif (un but sur coup franc et une passe décisive), à tel point que mardi soir, pour la première fois depuis le 18 décembre dernier, Pirlo a été remplacé en cours de match (et c’est la première fois depuis son arrivée à la Juve qu’il sort alors que son équipe ne mène pas au score). À noter d’ailleurs que son remplaçant, le Français Paul Pogba, fait de jolis débuts avec la Vieille Dame. Bon, après, il faut relativiser. Certes, la Juve connaît une petite baisse, mais elle est tout de même en tête du championnat avec treize points sur quinze. L’an passé, au même stade de la compétition, elle affichait onze points au compteur. Pas de quoi s’alarmer, donc. La série d’invincibilité monte désormais à 44 rencontres. Mais pour ce match face à la Roma, la motivation première ne sera pas de s’approcher un peu plus du record du Milan AC. Non. Ce soir, la motivation principale des joueurs turinois fume des cigarettes.

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Une nouvelle fois bravo pour votre pronostic sur Juventus-Fiorentina l'autre jour sofoot!! N'hésitez pas à exprimer vos prochaines certitudes...
Zeman on est pour ou on est contre, mais même en temps que grand tifoso du calcio il faut avouer qu'il y eu des évènements un peu louches lors de ces années là...
Zidane ne dément d'ailleurs pas avoir pris de la créatine durant ses années turinoises.
Donc voilà en Italie la Juve on l'adore ou on la déteste plus que tout, Zeman semble avoir choisi son camp!
au contraire d'une baisse de régime, que la juventus soit deja en tete du classement alors que physiquement ils sont pas à 100 % ben c'est signe que ils sont forts. On ne le dira jamais assez mais tout les gros clubs qui jouent la ldc et qui sont à peu près sur de passer les poules, axent leur préparation physique pour les echeances de mars. à part le bayern quelle grosse equipe a eté impressionante cette année ?
@RonHarris Mon message ne faisait preuve d'aucune animosité et était lui aussi du second degré. La prochaine fois je mettrai un smiley qui sourit pour que tu puisses comprendre sans souci.
Le soucis avec Zeman, c'est qu'il ne s'acharne que contre la Juve alors qu'elle est loin d'avoir été le seul club a utilisé des "vitamines" à l'époque. Me souviens qu'il y a 1 ou 2 ans, Bertrand Crasson (ex-Naples) avait reconnu qu'ils étaient chargés comme des ânes à l'époque.

Bref, la haine viscérale de Zeman me fait plus rigoler qu'autre chose, surtout quand il continue de vomir sur la Juve, par exemple, pour l'affaire de 2006 (dont on attend toujours que les médias spécialisés nous fassent un vrai article pour expliquer pourquoi la Juve réclame son 28e et 29e titre) alors que bizarrement certains autres clubs ayant des cadavres dans les placards (l'Inter au hasard), il n'en parle pas. Non, c'est Juve, Juve, Juve, ça en est devenu pathétique avec les années et comme je l'ai dit sur un autre article, il ferait mieux d'aller voir ailleurs si sa tactique, Ô combien intéressante, de l'attaque à outrance (digne des années 60-70) ne porterait pas ses fruits.
Honte à moi pour mes fautes, ça m'apprendra à ne pas me relire.
declaubianco Niveau : CFA2
J'espère bien qu'après l'abject match mardi de la juve ,ce ne soit qu'une grosse baisse de forme et non le début d'une tendance.D'autant plus que PERSONNE ne semble en mesure de remplacer Pirlo.
Note : 2
Bah, il ne faut pas exagérer à propos du match de Florence. La Juve en difficultés ? Excessif. A moins d'attendre cette saison qu'elle batte la performance de l'année dernière en ne subissant ni défaite ni match nul.
J'ai plutôt vu une équipe qui gérait à l'extérieur un concurrent sérieux en évitant d'y laisser trop de forces. Marchisio sur le banc, Pirlo sorti en cours de deuxième période, une défense calme et appliquée juste ce qu'il faut... 13 points au bout de 5 journées, sans avoir eu à monter en régime c'est tout bon comme le fait remarquer scfcb.
Et Pirlo non aligné, parfait ! Pogba a besoin de prendre ses marques et de gagner en confiance, histoire d'oser jouer un peu plus haut. De toute façon, chaque adversaire à venir va se pointer avec son plan anti-Pirlo, alors autant tenter autre chose et garder Andrea pour des matchs qui soient de son standing.
Note : -1
La rivalité est symbolique, entre un mec qui joue le tout pour le tout, quitte à entraîner des clubs de seconde zone sans jamais réellement briller, mais toujours fidèle à ses idéaux, et une institution comme la Juventus pour qui la fin justifie les moyens (on l'a revu cet été avec l'affaire Berbatov).
"et ont encaissé un but-casquette suite à une bourde du gardien Stekelenburg."

autant dire "suite à une stekelenbourde", ça va plus vite ;-)
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
24 11