1. //
  2. // 20è journée
  3. // Juventus/Udinese

La Juve veut gommer l’Udinese

Ce soir, la Juventus, leader invaincu de la Serie A, reçoit l’Udinese, qui s’accroche à la troisième place du classement. Au match aller, disputé fin décembre, les Turinois avaient failli s’imposer dans le Frioul. Ce coup-ci, la formation d’Antonio Conte ne veut pas rater sa cible.

4 0
Mais qui donc fera tomber la Juve ? C’est simple. Lors de la phase aller du championnat d’Italie, personne n’y est parvenue. Le Milan AC ? Couché. L’Inter ? Couchée. La Lazio ? Couchée aussi. L’Udinese ? Couchée, mais à moitié, seulement. Car les Frioulans, à l’inverse de toutes les autres équipes qui occupent actuellement une place européenne, n’ont pas flanché face à la Vieille Dame. Certains diront qu’ils auraient dû. Que Pepe et Matri auraient pu marquer ce but qui aurait permis de violer le stadio Friuli pour la première fois de la saison. Mais non. Si elle n’est pas invincible comme la Juve, l’Udinese l’est encore à domicile, où elle comptabilise neuf victoires et un nul. Problème : ce soir, c’est à Turin que cela se passe. Au Juventus Stadium, très exactement, un stade inauguré au début du mois de septembre 2011, et qui n’a pas encore connu la défaite. Ca sent bon la malédiction vaudou pour tous ceux qui essaient de se frotter à l’actuel premier de la classe. Et ce n’est pas la Roma, terrassée 3-0 il y a trois jours en quarts de finale de la Coupe d’Italie, qui dira le contraire. La Juve fait à nouveau peur, comme à la belle époque, et Antonio Conte, maître marionnettiste en chef, ne peut que s’en réjouir.

Football d’antan et cour de récré

Première chose. En arrivant sur le banc turinois, l’ancien milieu de terrain a remis au gout du jour une vieille recette du football d’antan. Son onze-type est pratiquement toujours le même. Les onze mêmes joueurs à chaque début de match, comme dans une époque où les gamins en short, dans le cour de récré, pouvaient réciter l’équipe du Milan AC ou de la Juve par coeur parce qu'elle ne changeait jamais. Une époque où les remplaçants ne servaient pas à grand chose. Sauf qu’aujourd’hui, Conte a réussi à transgresser cette « technique » (si tant est que l’on peut parler de technique) en 2012. Un onze type, certes, mais où les remplaçants sont omniprésents pour venir filer main forte. Dernier exemple en date : contre la Roma, justement, ce sont deux joueurs d’habitude remplaçants (Giaccherini et – blasphème – Del Piero) qui ont signé les deux buts de la victoire (le troisième étant inscrit contre son camp). Et Conte y tient, à pouvoir s’appuyer sur un banc solide.

En fin psychologue, il a analysé les maux de la Juventus et a bien remarqué que l’an dernier, la blessure de son attaquant titulaire, Quagliarella, a changé le cours de la saison (1,82 points de moyenne avant sa blessure, 1,21 après). Ne voulant pas reproduire les mêmes erreurs, le technicien tient particulièrement à avoir un remplaçant de haut niveau à chaque poste. Dernières « découvertes » en date : Estigarribia, véloce ailier gauche, et surtout le jeune Marrone, milieu de terrain qui peut agir aussi bien à la place de Pirlo que de Pepe. Le fait de ne pas disputer la Coupe d’Europe aide évidemment à cette construction solide. Logique : moins de matches, donc moins de fatigue et moins de risques de blessures. Et cela se ressent : depuis le début de la saison, la Juve n’a connu que 16 blessures, aucune de plus d’un mois (hormis peut-être la dernière en date de Vucinic). On reste loin de la soixantaine de blessures connues l’an dernier.

Bataille tactique

De l’autre côté, l’autre équipe bianconera, l’Udinese, ne peut pas en dire autant. Les quelques fois où Francesco Guidolin a tenté un peu de turn-over, pour faire souffler des joueurs impliqués sur trois tableaux, cela a été un échec. L’exemple le plus cuisant : son équipe presque bis qui était allée se faire démonter par l’Atletico Madrid (4-0). Oui, l’Udinese a besoin de ses titulaires. Car quand ils sont là, la formation frioulane est quasiment imbattable, à l’image de ce qu’elle est capable de faire devant ses tifosi. Neuf victoires et un nul. Contre qui le nul ? Contre la Juventus. Ah, cela se complique pour ce soir, alors. En effet, Guidolin sait mieux que quiconque que la confrontation face aux Turinois, ô combien difficile, peut être un tournant de la saison. Ne pas perdre serait un signal fort pour réaffirmer que l’Udinese peut se mêler à la course au titre (après tout, elle n’a que trois points de retard sur le leader). Et si cela n’est pas la course au titre, ce sera au moins celle à la Ligue des Champions.

En revanche, en cas de défaite, Di Natale et ses potes pourraient revoir leurs ambitions à la baisse, puisqu’ils risquent de se faire rattraper par l’Inter, qui se déplace à Lecce. Voilà pourquoi Guidolin, qui sera privé de sept joueurs (blessés et CAN) se veut alarmiste. « Nous devrons être très concentrés, sous peine de se prendre une raclée. Notre état d’esprit sera de proposer le plus possible nos qualités : rapidité et initiatives pour lancer fréquemment Di Natale » a-t-il assuré en conférence de presse. Une bataille tactique à laquelle Conte, qui ne pourra pas encore compter sur Caceres, arrivé à Turin hier, répond du tac au tac. « C’est un duel qui vaut double. Une victoire contre l’Udinese, c’est pratiquement six points. Je ferai mes choix tactiques en fonction des forces en présence. Avec la Coupe d’Italie, nous jouons tous les trois jours. Si j’ai une formation précise en tête, je suis toutefois obligé de composer avec le calendrier » explique-t-il. Quant aux quatre dernières confrontations entre les deux équipes à Turin, le bilan est en parfait équilibre : deux victoires pour l’une, deux victoires pour l’autre. A vous de vous départager, messieurs.

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
4 0