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  2. // Juventus Turin/AS Roma (4-0)

La Juve se délecte de la Roma

Election ou pas, y’avait ce soir un Juventus-AS Roma. Au final, le suspense de ce match aura été aussi intense qu’un premier tour de présidentielle. La Juventus a surclassé la Roma schizophrène d’une telle main de maître (4-0) qu’on a envie de dire que le Scudetto lui tend les bras. Enfin, presque.

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Juventus – AS Roma : 4-0
Buts : Vidal (4e, 8e), Pirlo (29e) et Marchisio (52e) pour la Juve.

Le nul du Milan AC contre Bologne (1-1), celui de la Lazio face à Lecce (1-1), et une phrase, celle de Luis Enrique, coach de la Roma : « Je ne signerais pas pour un match nul. » Le choc de la 34e journée de Serie A entre la Juventus et l’AS Roma a donc débuté bien avant l’heure. Les deux équipes voyaient en ce match couperet l’occasion de se relancer dans leurs luttes respectives : celle du titre pour la Juve, une 3e place synonyme de Ligue des Champions pour la Louve. Un match à enjeux, un vrai. Mais encore fallait-il qu’il y ait un vainqueur. « Pas de problèmes » , ont, semble-t-il, répondu les hommes d’Antonio Conte. Sans sourciller, ils sont allés coller une sacrée branlée à des Romains tout à fait ridicules (4-0).

Après une séquence émotion avec une minute de silence très respectueuse pour Morosini, le match a commencé dans une belle ambiance. Une ambiance « Juve » qui se ressent directement dans le jeu. Les Bianconeri ne tardent pas à poser le pied sur le ballon, et à montrer à la Roma qui est la patronne. Quatre minutes suffisent pour voir un but, l’œuvre de Vidal qui reprend un centre à ras-de-terre de De Ceglie. Tranquille. Faut dire que la défense de la Roma toute entière avait fait le choix de suivre Vucinic, qui a ensuite pu servir son latéral. Bref, 1-0, quatre minutes. Le temps que les Giallorossi engagent, et la Juve s’y recolle. Vucinic à l’initiative, encore une fois, Vidal à la finition, pour une deuxième. A l’entrée de la surface le Monténégrin provoque, et sert son acolyte chilien à droite, qui balance une praline côté opposé. 8 minutes, 2-0. Bon, à ce moment-là, on a juste envie de se foutre de la gueule de Luis Enrique, et de sa phrase à la con.

Complètement sonnée, sa Roma tente de sortir la tête de l’eau. Jose Angel frappe au but, les Giallorossi obtiennent deux corners… Super la réaction. Pendant ce temps-là, une Juventus bien regroupée derrière attend l’erreur adverse. Chiellini foire une tête immanquable face au but, suite à un coup-franc de Pirlo. La Roma repart à l’attaque, semble aller mieux. Mais a décidément oublié de bosser la défense cette semaine. Sur une attaque placée, Vucinic (qui donne vraiment l’impression de vouloir prendre la tête du classement des passeurs sur un unique match) lance astucieusement Marchisio dans le dos de la défense. Le milieu se retrouve seul face à Stekelenburg, qui l’accroche. L’arbitre voit rouge et indique le point de pénalty. Dans les tribunes, Totti pleure. Curci, le gardien fraîchement entré, parvient tout de même à arrêter le péno du grand Pirlo. Pas de bol, ça revient dans les pieds du milieu bianconero, qui n’a plus qu’à pousser le ballon. 25 minutes, 3-0. Et avec une Roma réduite à 10, on voit alors très mal comment la tendance pourrait s’inverser.

Juve, la terre du milieu

La seconde période débute comme la première, c’est-à-dire avec une Juventus opposée à un « no man’s land » désolant. Marchisio, Vucinic tâtent le terrain et testent la qualité des gants de Curci. Avant que le premier des deux cités (servi d’une subtile talonnade par le second) n’aille se satisfaire d’un but avant l’heure de jeu, d’une frappe enveloppée à l’entrée de la surface (4-0, 52e). Comme ça c’est fait, tout le milieu de la Juve y est allé de son petit but. Un moyen comme un autre de rappeler à tous qu’elle possède le meilleur entrejeu de la Botte. Ça déroule tellement tranquillement qu’on n’attend plus que le but suivant. La plus grande attraction en dehors du festival, c’est encore l’entrée en jeu de Del Piero, pour une petite exhibition. Les fans attendaient sans doute un duel à distance avec Totti, mais faudra repasser. Francesco n’avait pas le cœur à l’ouvrage, ce qui est tout à fait compréhensible. Pire, les spectateurs seront restés tout émus devant ce morceau du football italien, assis là, les yeux remplis de larmes…

Si on peut également rester béats devant la médiocrité de la Roma, il faut aussi se rappeler qu’on a affaire à une équipe schizo incapable d’aligner les résultats. La Juve pouvait très bien tomber sur l’équipe qui a admirablement battu l’Udinese la semaine passée (3-1), mais ce soir, elle a affronté la Roma qui s’est, par exemple, écroulée contre la Fiorentina (0-3, match terminé à 9). Une Roma qui ne profitera pas des faux-pas de ses concurrents pour la Ligue des Champions, et qui reste à cinq longueurs de la Lazio. On a envie de dire heureusement, parce qu’une équipe comme ça ne serait pas capable de battre Bratislava (sic).

Mais la faiblesse des Giallorossi n’enlève rien au mérite de la Juventus, qui s’impose avec la manière (4-0, si besoin est de le rappeler). Une Juve qui peut, ce soir, se délecter d’une avance de trois points sur le Milan AC en tête de la Serie A. Au regard des prestations du jour des deux prétendants, autant dire qu’il n’y a pas photo. Certes, il faut encore relativiser à cinq journées de la fin. Mais quand on voit la manière avec laquelle la Juve balaye un gros client, on se demande bien qui pourra venir la chercher.

Par Alexandre Pauwels
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