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  2. // Inter/Juventus (0-0)

La Juve étouffe l'Inter

La Juventus a livré une prestation remarquable d'application et d'obstination, jusqu'à définitivement éteindre le champion d'Europe sur sa propre pelouse.

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Duel au sommet, entre la meilleure défense du Calcio, l'Inter, et la meilleure attaque, la Juventus. Car, oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, la Juventus possède bel et bien la meilleure attaque du pays en ce début de championnat. Sa principale source d'inquiétude concerne donc sa défense, et plus particulièrement ses latéraux, trop lâches. Ce soir, face à un Inter en pleine forme, la Juventus n'est pas tout à fait sereine, mais déjà sérieuse. Comme elle se doit, elle affiche une volonté de bien faire. Elle regarde le champion d'Europe les yeux dans les yeux et n'hésite pas à attaquer. Toutefois, c'est bien l'Inter qui se montre le plus dangereux en début de match. Huitième minute de jeu, quatrième corner ; ça ne donne rien, mais Eto'o a l'air bien trop en jambes pour Chiellini et compagnie.


Le lion indomptable est à nouveau titulaire en position d'avant-centre. D'ailleurs, Rafael Benitez a intégralement reconduit l'équipe qui a atomisé le Werder en Champion's. Soit Diego Milito sur le banc, Babiany à droite, Coutinho à gauche, Cambiasso et Stankovic au milieu du terrain, et Sneijder, moitié dix moitié neuf et demi, soit trequartista en italien dans le texte. Le Hollandais passe d'ailleurs son temps à se balader entre les lignes de la Juve, trop bas pour Aquilani et Melo, mais trop haut pour que Chiellini ou Bonucci puissent sortir sur lui, d'autant qu'ils laisseraient alors Eto'o en situation de un contre un.


La Juve peut être inquiète, d'autant que sur le cinquième corner de l'Inter, Storari, déjà pas très rassurant contre Palerme, a toutes les peines du monde à capter le ballon. Puis c'est Bonucci qui prend un jaune mérité et petit à petit, la Juve craquelle. Del Neri sent le danger et remobilise son bloc. Le terrain est remarquablement quadrillé, les deux lignes défensives de quatre sont parfaitement lisibles, et les deux attaquants participent bien à l'effort général. Offensivement, c'est un peu plus quelconque, jusqu'à la vingtième minute. Krasic, d'abord d'une belle volée puis sur un débordement-centre qui aurait pu faire mouche, sonne la révolte. Quagliarella commence à prendre le rythme. Son positionnement similaire à celui de Sneijder dans la logique, mais plus haut encore, pose des difficultés à la défense de l'Inter. Une demi-heure de jeu, et la Juve est dans le coup. Babiany, victime d'une bonne vieille béquille, laisse sa place à Milito, et Eto'o retrouve son poste à gauche. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour la Juventus, Samuel est le meilleur ailier du monde.


Pendant ce temps, Iaquinta se voit refuser un but pour hors-jeu, justifié, mais le décalage d'Aquilani pour Krasic puis le service de ce dernier étaient admirables de justesse. Le blondinet serbe continue de faire tourner Chivu en bourrique, le Roumain prend un jaune ; les contacts se font de plus en plus fréquents et virils, il y a un match, un vrai. En cette première mi-temps, la Juve a fait plus que tenir tête à la meilleure équipe d'Europe, même si les coups de pattes d'Eto'o ont fait passer plus d'un frisson.


Pourtant fébrile avant cette rencontre, la défense de la Juve est aussi concentrée que motivée. Si Bonucci est un peu inquiétant, Chiellini tient la baraque pour deux ; Grygera et De Ceglie coulissent bien et n'ont pas fait de boulette ; Melo s'occupe personnellement du cas Sneijder, qui a beaucoup de mal à s'exprimer (sauf auprès de l'arbitre) ; Marchisio, milieu gauche, est au marquage de Maicon et l'Inter ne peut pas compter sur les habituelles montées de son latéral. Offensivement, le principal danger vient de Krasic, mais la partition jouée par Aquilani est très intéressante : dans un vrai rôle de relayeur, l'ex-romain de Liverpool fait preuve d'une vision de jeu aussi séduisante que sa petite amie, Michela Quattrociocche.


La deuxième période reprend les choses là où la première les avait laissées. Iaquinta contrôle du talon ; Bonucci flirte avec le carton rouge ; Eto'o dribble toute la défense turinoise ; l'Inter multiplie les corners ; Krasic passe un, deux, trois milanais ; les deux équipes font plus ou moins jeu égal. Une heure de jeu, Iaquinta, définitivement brouillon, laisse sa place à Alessandro Del Piero. Le match est définitivement équilibré, l'issue, si issue il y a, se décidera sur un exploit, une erreur, ou un coup de pied arrêté. C'est d'abord Storari qui sauve les siens d'un sacré réflexe sur une tête de Maicon, puis c'est Julio César qui vient détourner le tir de Quagliarella, parfaitement lancé dans la profondeur par Marchisio. Les espaces s'ouvrent, les latéraux se font plus offensifs. Chacun veut forcer la décision, et n'a plus que vingt minutes pour le faire, ou pas. Sur une sublime passe de Cambiasso, Milito se retrouve seul, face aux cages, mais rate le but de la victoire. L'Inter domine cette fin de rencontre ; la Juve attend l'ouverture. Del Neri fait entrer Sissoko à la place d'Aquilani, histoire de muscler un peu son équipe, et de lui permettre de remonter de quelques mètres. Il reste dix minutes, le match s'achève et cela se voit. La fatigue augmente, la lucidité faiblit, les erreurs se multiplient, les courses se raréfient. Le match est fini.

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