1. //
  2. // 8e journée
  3. // Juventus/Palerme

La Juve et sa phobie européenne

En perdant en Grèce, mercredi, face à l'Olympiakos, la Juve a réitéré l'exploit de l'an dernier : se mettre en danger dans un groupe où elle semblait presque favorite. Brillant en championnat, désolant en C1, le triple champion d'Italie se pose aujourd'hui comme l'anti-Dortmund. Un drôle de mal qui mérite qu'on s'y attarde.

Modififié
17 17
« Je crois que l'histoire de la Juve a toujours été un peu comme ça, elle fait de bonnes choses en championnat et elle a plus de mal en Europe, mais je suis convaincu qu'avec les joueurs que nous avons, nous pouvons changer cette tendance. Nous avons la mentalité pour la changer. Si nous voulons devenir une grande équipe, nous devons à présent tourner la page. Nous ne devions pas perdre ce match, mais à Athènes, nous n'avons pas vu la vraie Juventus. » Cette tirade revancharde et criante de vérité appartient à Carlos Tévez, prononcée mercredi soir à l'issue de la rencontre perdue par la Vieille Dame sur la pelouse de l'Olympiakos. Car oui, après sa victoire poussive face aux Suédois de Malmö lors de la première journée de Ligue des champions (2-0), la Juve a retrouvé ses vieux démons européens en s'inclinant successivement à Madrid et au Pirée. À chaque fois sur ce score bête et méchant de 1-0. Et à chaque fois sur une erreur de marquage ou d'appréciation de la défense. Comme l'année dernière, puis celle d'avant, puis celle d'encore encore avant, le champion d'Italie se retrouve dans l'inconfort le plus total au terme d'une phase aller maîtrisée par les Grecs et les Espagnols. Impériale en championnat où elle pourrait décrocher cet après-midi sa septième victoire en huit rencontres, la Juve n'est que l'ombre d'elle-même en Europe, en atteste ces deux micro-buts inscrits en trois matchs de C1. Une rengaine qui commence à sérieusement gonfler les tifosi.

Une nation malade


À Turin, les années se suivent et se ressemblent. Un peu trop, même. Vainqueur étincelant en Serie A l'an passé avec un total fou de 102 points qu'on ne se lasse pas de commenter, la Juventus pensait profiter de sa nette domination en Italie pour se refaire une santé (et une réputation) sur la scène européenne. Héritière d'un groupe a priori à sa portée (Atlético Madrid, Olympiakos, Malmö), l'écurie de la famille Agnelli vient de montrer, en l'espace de trois semaines et deux matchs, qu'elle allait de nouveau en baver pour arracher sa qualif en huitièmes. Avec trois points en trois rencontres, deux défaites dans la besace et une différence bloquée à zéro, la Vieille Dame a déjà grillé ses jokers. À charge, maintenant, de faire le taf correctement à la maison pour ne pas sombrer dans les abysses de la médiocrité.

Médiocre, le mot peut sembler fort, pourtant, c'est l'Italie toute entière qui a volé en éclats lors de cette troisième journée européenne. Si le Toro et la Fiorentina n'avaient pas été là pour sauver les apparences en Ligue Europa, le pays aurait pu connaître une semaine cataclysmique, débutée mardi soir par cette volée grandiose du Bayern sur la Roma (7-1). Pour tenter de trouver l'origine de cette malédiction turinoise en Ligue des champions, il faut déjà commencer par se poser les bonnes questions. Et donc, arrêter de se voiler la face. C'est un fait, l'Italie du football a perdu de sa superbe et joue désormais à un niveau nettement inférieur que ses rivaux anglais, espagnols, allemands, voire français. L'indice UEFA des clubs italiens se casse la gueule, les bons joueurs décampent et les finances, elles, restent maigres. Preuve en est ce pessimisme latent échappé de la bouche d'Andrea Agnelli, pas plus tard que vendredi : « Le football italien sera bientôt moribond s'il ne relève pas un double défi. La Serie A générait il y a dix ans les mêmes recettes que la Bundesliga, à peine moins que la Liga et un tiers de la Premier League. Nous étions alors déjà une tortue, nous sommes devenus une écrevisse. Mais personne ne s'est aperçu de la maladie. »

Vers un changement de système ?


Si la Juventus reste prophète en son pays (on a beau dire, 19 points sur 21, ça pèse), on ne peut pas dire qu'elle effraye grand monde à l'échelle européenne. N'en déplaise à ses supporters, ce tout petit départ en C1 n'a malheureusement rien de très étonnant. L'année dernière, déjà, la Juve de Conte avait concédé le nul face à Copenhague et Galatasaray avant de se faire sortir en Turquie (1-0, tiens donc !) au terme d'un match englué dans des conditions météorologiques déplorables. Et déjà, sous Conte, le 3-5-2 qui faisait tant de mal en championnat commençait à être critiqué dès lors que les matchs avaient lieu le mardi et le mercredi soir, et qu'ils débouchaient sur autre chose que des victoires. En reprenant à l'identique le travail entrepris par son prédécesseur, Massimiliano Allegri a également conservé ce schéma tactique qui continue de faire des ravages dans le Calcio... et des craquages en Coupe d'Europe. Qu'on se le dise, face à des équipes comme l'Atlético Madrid, ce module de jeu à trois défenseurs ne fait pas le poids. En prenant les rênes du club au milieu de l'été, Allegri avait déclaré qu'il travaillait sur deux systèmes, dont l'un reposait sur une défense à quatre. Sauf que depuis, Barzagli, Cáceres, Rômulo et maintenant Patrice Évra ont garni les bancs de l'infirmerie sans laisser d'autres choix au coach que de conserver sa défense à trois.

Au-delà de l'aspect tactique, la Juve souffre également d'un gros manque de confiance en Ligue des champions qui se transforme fatalement en un manque de réalisme. À l'image d'un Tévez qui affole les compteurs en championnat (6 buts en 6 matchs) et hiberne en Coupe d'Europe, la Vieille Dame se crispe et change de visage dès qu'il faut s'éloigner des contrées italiennes. Récemment tombée à Madrid (face au Real, puis l'Atlético), Athènes, Istanbul et Lisbonne, la Juventus est devenue une équipe qui ne sait plus voyager et gérer la pression des grandes rencontres européennes. En témoignent les confrontations face à l'Atlético et l'Olympiakos où rien ne fonctionnait, où personne ne se trouvait. Avant de se focaliser sur le Scudetto et, peut-être, de ramener un quatrième titre consécutif dans le Piémont, la Juve doit exorciser ses vieux démons et croire de nouveau en son potentiel. Quitte à jouer à quatre derrière. Quitte à prendre des risques ou un bon coup de pied au cul. Car dans le fond, ne vaut-il mieux pas perdre une fois 7 à 1, que sept fois 1-0 ?

Par Morgan Henry
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

flemmardo Niveau : CFA2
"En témoignent les confrontations face à l'Atlético et l'Olympiakos où rien ne fonctionnait, où personne ne se trouvait"

Pour l'Olympiakos je ne sais pas je n'ai pas pu voir le match. Mais pour l'Atlético c'est n'importe quoi, la Juve avait plutôt bien joué (ou géré) la rencontre jusqu'à la presque unique occasion de l'Atlético où il faut surtout féliciter Arda Turan pour sa finition parce-qu'il était accompagné de Lichsteiner mais il c'était lui le plus rapide.

Faut regarder les matchs un peu. C'était un gros match physico-tactique (lol) où fallait être viril au contact. La Juve défend bien, c'est l'une des meilleures d'Europe. Le plus gros problème de la Juve c'est de marquer ce foutu but !
D'accord, il semble y avoir un gros (et inexplicable) blocage psychologique lorsque la vieille dame quitte le vieux pays mais il y a surtout une baisse de rendement effrayant en ce qui concerne les "leaders" de la formation; si pirlo et vidal avaient l'excuse de revenir de blessure, les deux autres ténors de l'équipe, tevez et pogba n'ont pas été capables de supplanter les carences de leurs équipiers en prenant le leadership de la manoeuvre. Et puis, surtout, depuis deux ans, ce qui saute aux yeux, avant toute chose, à ceux qui regardent ces matchs européens de la juventus, c'est un incroyable ratio négatif dans le domaine de la finition; énormément d'occasions ne débouchant que sur un nombre ridicule de réalisations.

P.S. Contrairement à beaucoup, je pense que la tactique de la défense à trois est loin d'être la responsable première de ces prestations. Si elles sont bien appliquées, toutes les tactiques peuvent être efficaces; il suffit de voir la confrontation roma-bayern pour s'en convaincre; le 3-6-1 de guardiola étouffant littéralement le 4-3-3 de garcia.
avanti partenope Niveau : DHR
voire français niveau coefficient uefa ? stai alla frutta !
le problème chez so foot c'est que vous touchez un public francophone qui est au moins bilingue (quadrilingue pour ma part en ayant vécu dans 4 pays des années) vu la maigreur de l'offre ailleurs et que l'on sent mon cher morgan henry que tu n'as pas l'oeil de l'italiano nato in italia.
si tu avais déjà celui de l'italiano (compromis acceptable pour un italiano nato in italia parlant français du fait d'y avoir vécu des années) né ailleurs jamais tu écrirais une bêtise pareille.

après oui évidemment que la serieA va mal mais c'est bien fait pour nous.

2 choses : la gestion de la tessera del tifoso (les veronesi,supertesserati depuis 5 ans sont interdits de deplacements aujourd'hui a fuorigrotta,rien à rajouter) et l'affichage des 2 scudetti della vergogna sur le stade de la rube sans que personne ne trouve rien à en redire ni à la lega ni à la FIGC.
aucun autre pays civilisé n'accepterait çà.

vous parlerez pas de la gestion de napoli-roma de sabato prossimo.

j'espère vraiment qu'il y aura une finale de coppa napoli-roma cette année pour montrer comment la gestion des problèmes est catastrophique : essayer de tout dissimuler sous le tapis au lieu d'affronter les problèmes.

non ci resta che piangere.

ps : morgan henry change de métier.
Partenope, j'ai du mal avec le frantalien. Ecrit en français ou tout en italien mais pas les deux à la fois. Quel charabia, c'est le bordel dans ta tête.
Il vaut mieux surtout continuer à progresser années après années. Le progrès ce n'est pas seulement passer un tour de plus en LDC, c'est le chiffre d'affaires qui augmente, la formation qui sort des jeunes, les scouts qui trouvent des talents, les sponsors qui versent plus d'argent, la construction d'une zone commerciale, l'amélioration progressive de l'effectif, tous points qui concourent aussi à l'obtention de résultats et à leur pérennité.
La Juve avant Farsopoli c'était une équipe avec 8 finalistes de la CDM plus Ibra et Nedved, faut pas rêver l'effectif et l'expérience sont un rien moindres aujourd'hui.
Message posté par Trap

La Juve avant Farsopoli c'était une équipe avec 8 finalistes de la CDM plus Ibra et Nedved, faut pas rêver l'effectif et l'expérience sont un rien moindres aujourd'hui.


J'aime bien citer un exemple qui m'est cher. Celui de Monaco, qui en 2004 va en finale de C1 avec un effectif quasiment composé que de bleusaille hormis Morientes et Giuly.
Le coup de la France qui rattrape l'Italie ça me fait bien marrer quand même parce que hormis PSG je vois pas quel club français aurait un effectif égal ou supérieur à ceux de la Juve, de la Roma, de la Fio, du Napoli ou même des deux Milan.

Même si j'aime pas trop le dénigrement systématique de la ligue 1 faut rester lucide un peu sur le niveau de chacun.
En même temps, qu'est-ce qu'on s'en branle que les rédacteurs parlent pas l'Italien, l'Anglais, l'Allemand ou encore le Russe..J'ai vraiment l'impression qu'il y a ce petit côté "j'kiff clash le site en étalant toute ma supériorité dans le domaine".

C'est affligeant..
C'est exactement la raison pour laquelle Conte est parti l'année dernière, il s'agit pour moi des erreurs au mercato à plusieurs postes clés.
L'arrivée de Morata a 18 millions n'a aucun sens...
En voyant le match contre la roma, Garcia a plus de cohérence dans ses choix et ça va se révéler cette année ou la prochaine.
Note : 2
Message posté par Taribo West
Le coup de la France qui rattrape l'Italie ça me fait bien marrer quand même parce que hormis PSG je vois pas quel club français aurait un effectif égal ou supérieur à ceux de la Juve, de la Roma, de la Fio, du Napoli ou même des deux Milan.

Même si j'aime pas trop le dénigrement systématique de la ligue 1 faut rester lucide un peu sur le niveau de chacun.


Bah écoute j'ai pas souvenir d'avoir vu la Juve briller contre le centre de formation de Lyon l'an dernier en EL...

Après je dirais pas que la France rattrape l'Italie. C'est plutôt cette dernière qui faiblit petit à petit.
kingarturo32 Niveau : Loisir
Message posté par Sittius


Bah écoute j'ai pas souvenir d'avoir vu la Juve briller contre le centre de formation de Lyon l'an dernier en EL...

Après je dirais pas que la France rattrape l'Italie. C'est plutôt cette dernière qui faiblit petit à petit.


ce que t'ignore c'est qu'à partir du mois de mars l'équipe était totalement cramé physiquement à cause du 3-5-2 + les blessés avec la fin du championnat à gérer et la suite de l'europa tu t'attendais à quoi
Message posté par kingarturo32


ce que t'ignore c'est qu'à partir du mois de mars l'équipe était totalement cramé physiquement à cause du 3-5-2 + les blessés avec la fin du championnat à gérer et la suite de l'europa tu t'attendais à quoi


Ton commentaire fera sûrement plaisir à Conte et son staff de l'époque. Ils savent gérer le truc à t'écouter. Les problèmes que tu cites sont ceux de tous les clubs, même les plus riches.
Je dis pas que Conte saurait gérer la situation mais le refus de la juventus de prendre les joueurs demandés (Cuadrado, Sanchez...) la poussé à partir car il savait que son équipe ferait pas mieux que l'an passé (élimination au 1er tour en CL et le championnat avec record de point)
En même temps quand t'as pas d'argent pour prendre Sanchez et Cuadrado c'est pas compliqué tu les prends pas.

C'est depuis la remontée en 2007, y a un manque criant de confiance en LDC, d'autant plus depuis que les anciens comme Trezeguet et Del Piero sont partis.

Par contre les matchs sont bons dans leur contenu, hormis la finition. Et la défense à trois, obsolète.
volontaire82 Niveau : Loisir
Flemmardo,

T'as trouvé le match de la Juve contre l'Atletico bon toi ?.. ok l'atletico fait pas un grand match, mais bon, la seule action dangereuse de la juve vient d'un joueur d'en face.. sinon énormément de ballons pour rien, absolument rien..
Message posté par Sittius


Bah écoute j'ai pas souvenir d'avoir vu la Juve briller contre le centre de formation de Lyon l'an dernier en EL...


Victoire à l'aller et au retour pour la Juve, hein.

Ensuite cette histoire de 3-5-2 qui serait obsolète c'est une fable.

On peut gagner avec toutes les formations tactiques, à 3, à 4 ou à 5 derrière. La plus belle Juve de Conte est d'ailleurs celle qui jouait en 3-6-1 avec les 4 milieux de haut niveau titulaires (Marchisio, Pogba, Pirlo, Vidal). Conte avait même tenté le 3-7-0 qui était pas mal avec Vucinic en faux attaquant jouant au milieu, c'était intéressant.
flemmardo Niveau : CFA2
Message posté par volontaire82
Flemmardo,

T'as trouvé le match de la Juve contre l'Atletico bon toi ?.. ok l'atletico fait pas un grand match, mais bon, la seule action dangereuse de la juve vient d'un joueur d'en face.. sinon énormément de ballons pour rien, absolument rien..


C'était un match difficile contre une équipe rugueuse sur son terrain. Pas évident de développer un jeu fluide (la pelouse aussi n'était pas terrible si je me souviens bien)

Dans ce genre de match fermé tu peux toujours marquer un but sur une action, sur 90 minutes le moindre relâchement peut provoquer une occasion. C'était pour eux, ils n'ont pas eut beaucoup d'action non plus. C'est les derniers finalistes de la C1, je n'ai pas trouvé que la Juve a fait un bon match mais il l'aurait fait si ils avaient ramené un point.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
17 17