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La journée vue par Grégory Lorenzi

Son accent fleure bon le maquis et son analyse est celle d’un habitué de la Ligue 1. Pilier du Stade Brestois 29, Grégory Lorenzi (28 ans) espère installer durablement son club dans l’élite. Après le nul obtenu à Reims, il raconte son weekend.

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Premier point pris en déplacement par le Stade Brestois à Reims ce samedi. Ça se fête, non ?
Enfin ! C’est un ouf de soulagement ce nul à Reims, qui luttera avec nous pour le maintien. On avait à cœur de stopper la spirale négative. On est très performants à domicile mais incapables de faire fructifier à l’extérieur. C’est enrichissant et j’espère que ça va nous donner confiance pour la suite.

Le début de saison de votre club est alternatif : invincibles à domicile, vous prenez 16 points sur 18 possibles et, à l’extérieur, jusqu’à ce weekend, vous étiez fanny…
Il peut arriver n’importe qui à Leblé, je sens une invincibilité qui nous habite. Malheureusement, mais heureusement pour le football, il y aura des contre-performances à la maison. Pour les matchs à l’extérieur, je pense que c’est un état d’esprit que nous devons adopter : autant chez nous qu’ailleurs, on est capables de produire du jeu. Il y a eu Ajaccio, où l’on perd 1 - 0 avec le sentiment d’avoir fait notre meilleur match et ensuite Lyon, on défend bien mais on concède un but. Ces matchs nous aident à positiver. On est en progression, on persévère et on a réussi à prendre un point !

Tu as été neuf fois titulaire et tu restes sur ta lancée de la saison passée. Quatre ans après ta signature, te sens-tu stabilisé ? n
J’entame ma cinquième année dans ce club, j’ai pris mes marques. J’ai démontré des choses. L’année dernière, j’avais fait une bonne moitié de saison mais j'ai été freiné par les blessures. Il y a eu un nouveau staff technique, je connais une méthode différente donc on remet les cartes sur table. J’essaye de prouver au coach que je m’investis dans le collectif brestois.

La lutte pour le maintien vous-fait elle plus peur cette année que les autres ?
Par expérience je sais qu’une saison est très longue et difficile. La première année où nous sommes montés, au bout de dix journées, nous étions leaders et on se maintient à la 38e. L’année dernière, on avait un total de 21 points au bout de treize matchs et on se maintient encore à la toute fin. Si je me souviens bien, en 2011/2012, Caen n’a jamais été relégable et l’est à la dernière journée...

Une meilleure gestion s'impose, donc ?
Je pense qu’il y a trois championnats : celui des trois équipes de tête, entre la 4e et la 11e un mini championnat puis le reste avec neuf équipes qui peuvent toutes aussi bien se maintenir que descendre. C’est sûr que l’on peut se mettre à l’abri plus tôt que les autres saisons. À nous d’être vigilants pour vivre un championnat plus serein. Notre bon parcours à domicile ne masque pas notre besoin de point à l’extérieur pour exister. On est un club modeste donc on s’en sortira par le travail.

Ta Corse natale est sous le feu des projecteurs en ce moment. Un mot pour le bled ?
Loin de ce qu'il s’y passe, c’est difficile de porter un regard. Même si c’est dramatique, la presse en rajoute. Nous, les Corses, on a toujours connu ces turbulences sur notre île. Ce sera toujours comme ça. Ce sont des choses qui m’attristent mais comme je ne suis pas sur place, il m’est difficile de commenter la détresse des gens. J’espère que le calme reviendra dans les mois à venir pour que l’on reparle plus positivement de la Corse.

La sélection insulaire, c’est un symbole que tu as dans la peau ?
Au départ, cela part d’une intention de se retrouver entre joueurs corses. On est beaucoup à évoluer à haut niveau. Donc c’est un honneur de mettre notre savoir-faire au service de cette équipe. Les gens sur l’île accrodent beaucoup d’importance à ça. Pour nous, c’est un honneur. Mais c’est difficile de se faire connaître et de revendiquer que la Corse travaille beaucoup pour exister au niveau footballistique. Je ne sais pas où cela nous mènera mais on y répond favorablement et avec grand plaisir.

Ton prono pour le podium de fin de saison ?
Paris, Lyon et Bordeaux. Paris pour ses qualités techniques qui peuvent lui permettre de survoler la Ligue 1. Même si on ne construit pas une équipe en une année et qu’il y a beaucoup d’ego à gérer dans ce club. Lyon parce qu’on en entend moins parler mais c’est une équipe très compétitive, qui a moins de pression en n’étant pas favorite. La défaite à Toulouse ne changera pas grand-chose. Et les Girondins, parfois inconstants mais tactiquement très forts.


Qui, d’après toi, réalise la meilleure opération de la journée?
Évian qui gagne à Rennes, bien que les Bretons étaient dans une spirale positive. Trois points qui les éloignent de la zone rouge.

La pire ?
Lille à Marseille et Bordeaux à Montpellier. Les deux auraient pu recoller à la tête et ont raté la marche...

Ton top-but du weekend ?
(Il hésite)… C’est dommage que Romain Alessandrini n’ait pas marqué ! (rires) Je dirais petit clin d’œil pour le doublé de Wissam Ben Yedder avec Toulouse contre Lyon.

Le joueur du weekend ?
Ben Yedder parce qu’il fait sensation. Il est déjà à neuf buts. Malgré le talent d’Ibrahimović qui est à douze, il lui tient tête.

Propos recueillis par Pierre Girard
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