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La Green Brigade, plus toute verte

Au Royaume-Uni, les groupes ultras se comptent sur les doigts de la main. Apparue en 2006, la Green Brigade du Celtic Glasgow est aujourd'hui au plus mal. Retour sur ces quelques semaines qui ont tout changé.

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Ah, le Celtic Park et sa réputation légendaire. Qui ne s'est jamais enthousiasmé devant ces vidéos Youtube (ou en vrai, pour les plus chanceux) avec ces dizaines de milliers de supporters écossais en train de chanter à l'unisson le célèbre You will never walk alone contre le Barça, Liverpool ou les Rangers :

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De charrier ces mêmes supporters des Rangers un soir de victoire face au grand rival ?!

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Ou encore de rendre un hommage appuyé au Bulgare Stiliyan Petrov, ancien joueur du club en plein combat contre une leucémie...

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Une atmosphère « exceptionnelle » et « magique » , tant vantée par les commentateurs à la télévision, dans les journaux et même par des supporters du monde entier.

Pourtant, la réalité n'est pas toujours aussi glamour qu'il n'y paraît. « Si l'ambiance est au top lors de grosses joutes européennes, c'est rarement le cas lors de rencontres anodines du championnat écossais... » , confesse un habitué du stade. Pour remédier à cette situation, quelques fans particulièrement motivés décident, en 2006, de créer un groupe à tendance ultra dans le secteur 111 du Celtic Park : la Green Brigade. Soutien vocal debout, drapeaux, deux-mâts, chants constants et pyrotechnie... Chose quasi-unique dans les stades d'outre-Manche et qui ne s'est pas réalisée en un jour. Mais malgré de nombreux problèmes avec le club et la police au moment de sa création, la Green Brigade est progressivement devenue une valeur sûre pour le public. Et même pour leurs homologues européens avec la réalisation de bien jolis tifos.



Outre le côté festif de leur mode de supportérisme, ces fans s'investissent également dans des luttes politiques chères à leurs yeux comme l'antiracisme (ils sont membres du réseau européen « Alerta Network » ), les causes palestinienne et basque et, bien évidemment, leur « identité irlandaise » (et donc catholique) dont ils sont si fiers. Tout en soutenant fortement le droit de l'Écosse à « l'indépendance et à l'autodétermination » .

IRA, ira pas ?

Or, c'est là que le bât blesse. Car cette identité politique assumée des fans du Celtic a le don d'agacer les dirigeants du club et les instances politiques et footballistiques du pays. Comme lors d'un match contre Aberdeen en novembre 2011 où la Brigade avait déployé un message s'opposant au port d'un coquelicot en soutien aux soldats anglais morts au combat sur le maillot des joueurs du club comme le veut la tradition britannique ou des chants pro-IRA entonnés lors de quelques déplacements.

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Pour y remédier, le gouvernement écossais a introduit le « Offensive Behaviour at Football Act » en 2011. Une loi qui interdit toute offense, insulte à l'encontre de quelqu'un lors d'un match de football. Que cela soit via des chants ou des messages sur des banderoles. « Tout ce qui est exigé, c'est qu'une personne se sente offensée. Et cette personne peut être un officier de police, explique l'un des responsables de la Green Brigade à So Foot. Donc sur le fond, la police est à peu près autorisée à arrêter n'importe qui du moment qu'elle prétend que ce comportement offense quelqu'un. Cette loi concerne tous les supporters de football en Écosse, mais elle a été spécifiquement faite pour cibler ceux du Celtic comme l'ont récemment admis des officiels du gouvernement. Étant donné que la Green Brigade était souvent vue comme la face "hardcore" des supporters du Celtic, nous étions les plus surveillés de tous » . « Le fait qu'il y ait une offense ou non est effectivement laissé à l'appréciation de la police... » , confirme un ancien pensionnaire du Celtic Park.

Le 26 novembre 2013, le Celtic accueille le Milan AC pour une rencontre de Ligue des Champions. A cette occasion, la Brigade décide de réaliser un tifo pour protester contre cette législation qui lui paraît injuste. A l'entrée des joueurs sur la pelouse, elle déploie deux voiles de deux célèbres combattants de la liberté aux yeux des fans du Celtic.


Une légende écossaise (William Wallace) et une figure de l'IRA-provisoire (Provisional Irish Republican Army, groupe indépendantiste irlandais issu de l'IRA prônant la lutte armée pendant une longue période et considérée comme organisation terroriste par le gouvernement britannique, ndlr) mort d'une grève de la faim dans les geôles anglaises : Bobby Sands. Ce qui n'est évidemment pas du goût de tout le monde au Royaume-Uni. « En Écosse, il est légal de célébrer la mémoire de l'un et illégal de célébrer la mémoire de l'autre. Nous savions que ces messages pourraient entraîner beaucoup de controverses, mais nous pensions qu'il était nécessaire de le faire afin de montrer le côté hypocrite de cette loi… » , soutient ce responsable de la Brigade.

Évidemment, l'affaire fait grand bruit et la frénésie médiatique entre en marche. L'UEFA inflige une amende de 50 000 euros au Celtic pour l'affichage d'un message à « caractère politique » , la Green Brigade est ciblée de tous les côtés et le club décide de couper les liens avec les ultras. Malgré sa colère, la direction n'a pas assez de pouvoir pour faire disparaître le groupe. La semaine suivante, les Bhoys se déplacent à Motherwell et les ultras sont du voyage. De nombreux engins pyrotechniques sont utilisés dans le parcage et plusieurs sièges sont détruits.


Des dégâts estimés à 12 000 euros. Les critiques fusent et 128 membres (dont certains étaient absents à Fir Park...) du secteur 111 sont bannis par le club tandis que 250 autres sont déplacés à de nouvelles places dans l'enceinte. « C'est quelque chose que le club ne peut tolérer et nous n'avons donc pas d'autre choix que de prendre cette mesure » , expliquait le Celtic dans un communiqué peu de temps après l'annonce de cette décision. Une décision soutenue par Neil Lennon, l'entraîneur de l'équipe : « C'est très triste car la Green Brigade a apporté quelque chose de spectaculaire au stade en termes d'atmosphère. Mais depuis deux ou trois ans, tu sentais un changement dans l'ambiance... Quelque chose que je n'avais pas vécu avant. Il y a eu beaucoup d'avertissements et le club, poussé dans ses retranchements, a dû réagir » . Si les supporters acceptent une certaine part de responsabilité dans les incidents, ils dénoncent une « chasse aux sorcières publique » aussi « pathétique » que « sans surprise » .

Et après ?

Quelques semaines plus tard, la pression retombe un peu. « Les gens ont commencé à regarder en arrière et à réaliser que cette réaction était totalement excessive » , raconte le porte-parole de la Green Brigade. Du côté de la direction, que So Foot a tenté de joindre à plusieurs reprises, on propose une alternative aux bannis. Ces derniers ont le choix entre revenir dans le stade à une autre place attribuée par le club ou se faire rembourser leur abonnement. Une seconde option privilégiée par la très grande majorité du groupe. Du coup, on s'occupe comme on peut à la Green Brigade en ce moment : « A chaque rencontre à domicile, nous nous retrouvons au Celtic Social Club (un lieu de rencontre des supporters situé juste à côté du stade, ndlr) où nous regardons le match et où nous pouvons aussi vendre notre matériel aux gens. Pendant un moment, quelques-uns de nos membres se rendaient aux matchs à l'extérieur, mais nous n'avons pas de présence officielle en tant que groupe, nous ne bâchons pas. Depuis notre départ du stade, une de nos plus grosses actions a été la collecte de denrées alimentaires pour les pauvres qui vivent autour du stade. Cela a eu un grand retour auprès des supporters du club et le résultat a dépassé toutes nos attentes...  »

Concernant la suite des évènements, le groupe est plutôt pessimiste. « Nous ne pouvons évidemment pas nous contenter de cette situation et nous espérons retourner au Celtic Park bientôt. Cependant il sera difficile d'avoir des tickets et même d'éviter la sécurité qui est déjà vigilante à notre encontre. De nouveaux temps arrivent et les choses ne redeviendront certainement pas comme elles étaient avant... » « Football without fans is nothing » , déclarait Jock Stein, un ancien joueur et entraîneur du Celtic, véritable légende auprès des supporters. Si on se fie aux premiers matchs au Celtic Park sans la Green Brigade, on veut bien le croire.

Par Nicolas Kssis-Martov et Antoine Aubry, avec Lucas Alba et Quentin Blandin.
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