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La grande histoire du Kaizer de Soweto

De joueur professionnel à président fondateur d'un club de football, il n'y a qu'un pas. Un pas gigantesque, certes, mais un pas qu'a franchi Kaizer Motaung en 1970 en donnant naissance au Kaizer Chiefs Football Club à Soweto. Il s'agit aujourd'hui du club de football le plus populaire d'Afrique du Sud.

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Il n'est pas rare de voir d'anciens joueurs professionnels de football se reconvertir dès la fin de leur carrière dans une autre branche du ballon rond. Zinédine Zidane est devenu entraîneur, Bixente Lizarazu est devenu arrogant, et Christophe Dugarry est devenu le premier commentateur au monde à ne pas voir la même chose que les téléspectateurs, surtout quand il s'agit de matchs impliquant une équipe italienne. Il est en revanche beaucoup plus rare de voir un joueur de football encore en activité préparer sa retraite.

C'est pourtant ce qu'a fait Kaizer Motaung en 1970, à seulement 26 ans, en créant son propre club de football et en devenant le président.
En Afrique du Sud, on a coutume de dire que les Kaizer Chiefs ne jouent pas le moindre match à l'extérieur.
46 ans plus tard, Motaung est toujours à la tête de son club, et peut se vanter d'en avoir fait le club le plus supporté d'Afrique du Sud, à tel point qu'on a coutume de dire là-bas que les Amakhosi (les « chefs » en zulu) ne jouent pas le moindre match à l'extérieur. Jusqu'à son dernier souffle, Kaizer Motaung aura la joie de voir évoluer un club qui porte son nom. La classe.

De Soweto à Atlanta


Né le 16 octobre 1944 à Soweto, Kaizer découvre rapidement une passion pour le ballon rond. Poussé par son père, il intègre les Orlando Pirates à l'âge de 16 ans. En quelques mois seulement, il devient une star de l'équipe première. Buteur hors pair, il est acclamé par le tout Soweto. En 1968, Kaizer a 24 ans. Sur les conseils de son entourage, il part en Zambie participer à des détections organisées par nul autre que Phil Woosnam, ancien joueur de West Ham alors manager de la franchise NASL des Atlanta Chiefs. Kaizer tape dans l'œil des Américains et est finalement recruté par les Chiefs. Il quitte alors la chaleur de l'Afrique du Sud pour l'immensité bien plus froide d'Atlanta, capitale de l'État de Géorgie. Le changement est radical, et son adaptation compliquée, d'autant plus qu'il ne peut pas jouer dès son arrivée : une blessure contractée lors de son match d'adieu aux Pirates le tient éloigné des terrains plusieurs semaines durant.


Le 16 juin 1968, Kaizer Motaung est sur le banc pour la première fois depuis son arrivée à Atlanta. Quelques semaines après avoir battu Manchester City une première fois (3-2, le 27 mai 1968), les Chiefs reçoivent à nouveau les Citizens. Entré en jeu en fin de match, Kaizer marque et offre la victoire aux siens (2-1).
Kaizer Motaung inscrit cette saison 16 buts en 15 matchs et est logiquement élu Rookie of the year.
L'histoire est belle : quelques jours avant cette double confrontation, le coach de Manchester City, Malcolm Allison, avait déclaré que les Chiefs ne tiendraient même pas le rythme en quatrième division anglaise. La saison NASL qui suit (qui est aussi la première) est une partie de plaisir pour Kaizer Motaung et ses coéquipiers. Premier de l'Atlantic Division dans la Conférence Est, les Chiefs démolissent les San Diego Toros en finale retour de play-offs. Kaizer Motaung inscrit cette saison 16 buts en 15 matchs et est logiquement élu Rookie of the year. Félicité à Atlanta, Kaizer Motaung devient un héros à Soweto, où tous n'attendent que son retour.

Naissance d'un club et d'une rivalité


En 1969 et 1970, Kaizer Motaung multiplie les allers-retours dans sa ville natale. C'est à cette période qu'il apprend que d'anciens coéquipiers ont été licenciés par les Pirates. « J'ai alors simplement demandé aux Pirates la permission de recruter ces trois joueurs, Ratha Mokgoatleng, Msomi Khoza, Zero Johnson, et de les faire jouer avec moi lors d'une tournée dans le pays » , explique-t-il dans un article publié sur le site internet de son club.
Nous étions menacés en permanence, nos vies étaient en danger parce que les gens ne pouvaient pas accepter notre départ des Pirates.Kaiser Motaung
Poussé par son père, pourtant grand supporter des Bucaneers, Kaizer décide de monter son propre club. Il le nomme Kaizer, comme lui, et Chiefs, pour rendre hommage à la franchise dans laquelle il évoluera jusqu'en 1971, avant de rejoindre les Denver Dynamos. Il emprunte également le logo à la franchise NASL, et importe donc une belle tête d'Indien d'Amérique en Afrique du Sud. « Nous étions menacés en permanence, nos vies étaient en danger parce que les gens ne pouvaient pas accepter notre départ des Pirates, raconte-t-il. Pourtant, nous, nous étions les garants de la paix et de l'amour, nous avons même fait de ces concepts notre slogan. »


Après sa tournée nationale, Kaizer avait réussi à réunir assez de joueurs pour fonder son équipe. La mayonnaise prend directement entre les vétérans en fin de carrière et les jeunes prometteurs. Les Chiefs deviennent rapidement une grande équipe, la plus grande du pays sans doute, attirant dans leur rangs toujours plus de fans des Pirates. Si la rivalité existe encore aujourd'hui, elle a été le point de départ de l'actuelle South African Premier League (PSL). Sans la coopération de Kaizer Motaung et de son homologue des Orlando Pirates, Irvin Khoza, jamais cette compétition n'aurait pu voir le jour. Tenants en titre de la Premier Soccer League, les Amakhosi sont actuellement troisièmes, huit points derrière les leaders des Mamelodi Sundowns. Les Pirates sont eux onzièmes et ont déjà fait une croix sur la possibilité de rattraper leurs rivaux. Pour Kaizer Motaung, 71 ans, l'avenir semble lumineux, son fils, Kaiser Motaung Junior, étant déjà en place pour assurer sa succession. Et quoi qu'il arrive, son équipe de football portera à jamais son nom.



Par Gabriel Cnudde
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Ce qui est difficile à comprendre, c'est pourquoi un tel club n'arrive pas à s'imposer davantage comme un poids lourd en compétition continentale.

Il y a pourtant tout ce qu'il faut pour y arriver, des moyens financiers importants qui permettent d'attirer et de garder les talents, des infrastructures qui permettent d'évoluer dans de très bonnes conditions, du matériel de qualité pour permettre à l'effectif de progresser, une belle popularité, il y a tout.

Au passage, ce club a des tuniques fort élégantes.
gwynplaine76 Niveau : CFA2
Note : 1
"Il quitte la chaleur de l'Afrique du Sud pour l'immensité bien plus froide d'Atlanta, en Géorgie." Euh vous êtes sérieux les gars?
Ouais, je sais, j'ai l'air d'un nazi du climat. Mais il suffit de se rappeler d'"autant en emporte le vent" pour éviter la confusion avec l'Etat du Caucase.
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
Donc le gars fonde un club qui porte son prénom. OK.
Message posté par Jean Michel Assaule
Donc le gars fonde un club qui porte son prénom. OK.


Encore plus fort : Jomo Sono, en fin de carrière avec les NY Cosmos, rentre en 1983 à Johannesburg et fonde le Jomo Cosmos FC dont il est encore actuellement président et entraîneur.
En effet, en Géorgie, le climat n'est pas tout à fait celui du Minnesota. Quant à l'Afrique du Sud, n'est-ce pas ce pays où un certain Joachim Löw a remis à la mode le pull à col roulé?

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