1. // Ligue des champions – 4e journée – PSG/Dinamo Zagreb

La gloire de Sammir

Ce soir au Parc comme à l’aller à Zagreb, le principal – seul ? – danger dont devront se méfier les Parisiens s’appelle Sammir. Mais malgré son grand talent et ses jolies stats, le meneur de jeu brésilien naturalisé croate ne fait pas l’unanimité au pays. Les raisons ? Ses frasques nocturnes d’abord, sa récente intégration au sein de la sélection au damier surtout. Lui dit s’en foutre et souhaite répondre aux critiques sur le terrain.

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Sammir n’a rien d’un pionnier. Plus d’un millier de footballeurs professionnels brésiliens quittent chaque année leur pays pour monnayer leur talent à travers le monde. L’exil se fait parfois à l’arrache, à peine la majorité acquise, direction des contrées loin des championnats majeurs. Sammir est passé par là. Malgré quelques sélections chez les jeunes Auriverdes et une formation passée dans deux clubs réputés du pays, l’Atlético Mineiro puis l’Atlético Paranaense. Impatient, il décide en 2006, à 19 ans seulement, de prendre son balluchon direction qui veut bien l’héberger en Europe. Le couchsurfer débarque à Zagreb, où il est dans un premier temps prêté au Dinamo. Une prometteuse demi-saison plus tard, il convainc les dirigeants de le garder.

Vague sosie d’Usher

Bien leur en prenne, à 1,5 million d’euros le transfert, le gamin est une affaire. Meneur de jeu à tendance très offensive, Sammir est un sacré tripoteur de ballon, clairvoyant, opportuniste, doté d’une belle qualité de frappe qu’il exploite sur coups de pied arrêtés, sa spécialité. Les Parisiens ont pu s’en apercevoir l’autre jour lors de la première confrontation entre les deux équipes : le vague sosie d’Usher joue un cran facile au-dessus de ses coéquipiers et semble avoir le talent pour évoluer dans un grand championnat. Le PSG n’a d’ailleurs pas attendu ce match pour s’en apercevoir, puisque des superviseurs du club s’étaient rendus en Croatie à plusieurs reprises en 2010 pour observer le joyau de près. L’affaire ne s’était pas conclue, mais l’intérêt était réel. Tel un marronnier journalistique, la rumeur du transfert de Sammir vers un club plus huppé – Valence un coup, Lille un autre… – vient régulièrement garnir les colonnes des pages transferts lors de chaque mercato. Il est pourtant toujours dans les Balkans, roi d’un championnat mineur, remportant titres à la pelle et distinctions individuelles.

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Depuis quelques mois, ses performances sont encore à la hausse. Il en est même déjà à 11 buts marqués – dont 6 pénos, certes – en Croatie depuis le début de saison, soit une moyenne de près d’un but par match. Parfaitement installé dans un club où il est désormais l’un des plus anciens et l’atout offensif numéro un, le bon Sammir ne fait pourtant pas toujours l’unanimité. Sportivement déjà, les performances sur la scène nationale ne doivent pas faire oublier que le génial meneur est incapable d’enrayer la spirale de défaites du Dinamo en Ligue des champions : 9 d’affilée, série en cours, avec un affreux bilan de 3 buts pour et 28 contre. Sammir ne peut certes pas faire tout seul, mais son implication lors des grands rendez-vous laisse parfois à désirer. Le joueur est accusé de ne pas mettre tous les atouts de son côté, se laissant aller à une vie de fêtard invétéré. Sanctionné une première fois en novembre 2010 par son entraîneur d’alors Vahid Halilhodžić de 10 000 euros d’amende pour être sorti en boîte alors qu’il n’en avait pas l’autorisation, il s’en est repris une méchante de 270 000 euros en août dernier pour être allé en teuf la veille d’un match du tour préliminaire de la C1 face au Sheriff Tiraspol.

Sifflé par ses supporters

Des photos de ses sorties nocturnes circulent d’ailleurs régulièrement sur le Net et il a passé une nuit au poste l’an dernier pour avoir conduit une voiture sans permis et bourré. Toutes ces frasques sont moches et viennent ternir un peu son image. Mais ce n’est rien à côté de la polémique qui a été soulevée au moment de sa première cape avec la Croatie le 12 octobre dernier face à la Macédoine. Doté du double-passeport depuis déjà pas mal de temps, il frappait à la porte de la sélection du temps de Slaven Bilić, clamant son amour pour son pays d’adoption. Mais l’ancien sélectionneur avait toujours refusé de l’intégrer, ce qui lui avait valu d’être traité de « raciste » par le directeur sportif du Dinamo Zdravko Mamić.

Depuis que le nouveau sélectionneur Igor Štimac a décidé de faire appel à ses services, ce sont cette fois les « Sammir-sceptiques » qui protestent. Vexé de s’être fait du même coup éjecter, Danijel Pranjić a décidé de prendre sa retraite internationale. Et l’entrée en jeu du néo international au damier chez le voisin macédonien a été accompagnée d’une bronca issue… du parcage croate. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un Brésilien naturalisé porte le maillot au damier, mais le statut d’Eduardo, arrivé au pays plus tôt, dès l’âge de 15 ans, est perçu comme différent. Toujours est-il que Sammir a déclaré à la presse « ne pas avoir entendu les insultes » à son égard, proférées par ses propres supporters. Que ces derniers le veuillent ou non, le Brésilo-Croate est bien décidé à faire gagner sa seconde patrie, en sélection comme en club. Et puis ce seront autant de bonnes occasions d’aller fêter ça en boîte après.

Par Régis Delanoë
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Jean-Bonbeur Niveau : CFA2
Vu la qualité des femmes Croates, je comprends totalement qu'il passe du temps à brasser la culture festive et nocturne locale!
Pascal Pierre Niveau : Loisir
un moment donné, ça saoule un peu ce genre de vannes sexistes.
Parce que j'ai de sérieux doutes sur la tradition locale croate qui consisterait à aller cueillir toutes les espèces femelles croates attendant jambes ouvertes tout footeux ou touriste. J'ai plutôt souvenir d'un pays qui renferme bien d'autres attributs culturels.
Mais bon, finalement, c'est bien d'imaginer ailleurs ce qui ne t'arrive jamais ici.
Je plussoie à cet article : le seul joueur de foot que j'ai croisé en boite de nuit à zagreb, c'était comme par hasard Sammir...
Un gars doué, pas méchant, qui se la joue un peu , pas très malin non plus, qui aime pas trop se fouler et qui à mon avis n'ira pas très haut.
Eduardo était beaucoup plus talentueux, plus humble et simple, et c'est pour cela qu'il a bien été accepté par l'opinion publique comme membre l'équipe nationale. C'était le premier joueur sans 'sang' croate à jouer pour la Reprezentacija
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