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La France s'en sort bien

L'équipe de France a petitement franchi la dernière marche bosnienne, mais elle l’a passée grâce au point du match nul (1-1) dégoté sur un pénalty de Samir Nasri en fin de rencontre.

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France - Bosnie : 1 - 1

Buts : Nasri pour la France. Dzeko pour la Bosnie.


Safet Susic avait tort. « Je ne crois pas qu’il y aura de match nul à l’arrivée  » , avait pronostiqué le sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine. Mais l’ancienne gloire du PSG s’est laissé berner par des symptômes trompeurs. Un Edin Dzeko en grande forme, d’une part. La puissance vocale de ses supporteurs venus en nombre, d’autre part. Celle qui a fait que ce soir, les Bleus n’ont pas joué dans un stade « acquis à sa cause » . Loin de là. Et ce n’est pas Max, ex-Fun Radio, entouré de deux animateurs au pied des virages Nord et Sud et chargés de transformer les spectateurs du Stade De France en supporteurs, qui allait pouvoir y faire quelque chose. Et enfin et surtout, l’histoire de son pays. Celle avec un grand H. Car une victoire ce soir et c’est la première qualification pour la Bosnie-Herzégovine à un tournoi international. Du coup, cela donne une première mi-temps nettement à l’avantage des siens. A attaquer vaille que vaille pour décrocher ce bout de bravoure. Et à l’atteindre sur un but type d’attaquant pivot. L’attaquant citizen de récupérer le cuir dos à la défense. A l’entrée de la surface. Et comme Pauleta en son temps, de se retourner pour l’enrouler du pied droit dans le petit filet opposé (1-0, 40è). Et cela donne une seconde mi-temps à défendre le poignard entre les dents. A mourir pour préserver ce but d’avance. A stopper avec tout ce qui traîne les percées de Jérémy Menez, le meilleur tricolore ce soir. Mais malheureusement pour eux, et heureusement pour Laurent Blanc, les Bleus ont finalement réussi à terminer le travail.

Très pressants dans les premières minutes de la rencontre, les groupies du Pjanic prouvent que c’est eux, et non le 4-2-3-1 à un seul attaquant de Lolo Blanc, qui sont venus pour faire le jeu. C’est sauve qui peut en défense française. Il faut dire que Réveillère (4è) puis Rami (6è) donnent le bâton pour se faire battre. Ils tentent le dribble en défense mais se font chiper le ballon. Sans conséquence. Tout comme cette frappe de loin de Medunjanin (8è) encore dans les premières encablures du match. Conscient de la nécessitée de calmer les chaleurs des visiteurs, Laurent Blanc en vient à ne pas donner le ballon directement à Papac, le latéral gauche, lors d’une touche bosnienne devant le banc gaulois. Mais à trop se projeter, on délaisse forcément la couverture. Sur une action française rondement menée à une touche de balle, Rémy réussit à s’emmener le ballon tout seul au milieu de la défense – comme Pato contre le Barça en C1, toute proportion gardée – mais se cague au moment d’aller affronter le gardien en face-to-face. Le Marseillais pousse trop son ballon. Et l’offre ainsi à Hasagic. L’attaquant de l’EDF vient de louper l'action française la plus chaude du match. Mais l'Olympien le sait encore moins que, malgré un Dzeko par deux fois trop excentré pour viser correctement (17è et 23è) et conclure les chauds contres des siens, les Bleus prennent pas à pas le jeu à leur compte. Allant même jusqu’à marquer en deux temps à la 24ème grâce à une passe décisive du poteau. Mais le premier passeur, Rami, est signalé hors-jeu. Et alors que le retour des vestaires se dirige sagement vers un nul et vierge, c’est le moment choisi par Dzeko pour anesthésier l'enceinte de Saint-Denis.

Le scénario est alors tout écrit. Les Bleus avec tous les fantômes trop récents du passé ne reviendront jamais. Et seront obligés d’en passer par les barrages pour partir en voyage en Europe de l’Est. Mais alors que les ouailles de Susic lève vite le pied pour ne plus qu'opérer en contre, l’équipe de France fait mentir les sceptiques. Notamment grâce aux entrées vivifiantes de Gameiro et Martin. Mais c'est Nasri, pas forcément au top dans le jeu jusque-là, qui est à deux doigts d'égaliser à la 71e minute. Auteur d’un enroulé parfait sous la barre, l'ancien Marseillais oblige Begovic à se muer en sauveur de l’Herzégovine en déviant la gonfle sur la transversale. Mais face aux déferlantes tricolores, ce n’est que retarder l’échéance. Une échéance qui vient sur un coup du sort. Nasri bénéficie, grâce à un contre favorable à l’extrême droite de la surface, d’un penalty. Spahic, le spécialiste, le retient alors que le meneur de jeu français partait seul au but le long de la ligne de corner. L’autre Citizen du soir prend ses responsabilités et envoie les Bleus à l’Euro 2012. Ouf !

Maxime Marchon, au Stade de France
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