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La France « d'après »

Grande première ce soir avec un match qui compte. Retrouvailles au Stade de France avec un public français qui attend rédemption et humilité après le désastre de Knysna. Face à une Biélorussie qui n'est pas un foudre de guerre, les Bleus ont l'occasion de gagner l'absolution. En plus, Zizou les a super bien motivés. Réconciliation générale ce soir ?

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« La victoire ou le néant » ... C'est signé l'Equipe de ce matin qui en fait toujours des tonnes dans son teasing autour des Bleus. Et pourquoi pas « La victoire ou la mort ? » ... On ne va pas parler de « néant » : même après Norvège-France, avec le match de ce soir ce n'est toujours pas la “vraie” équipe de France au motif qu'il manque encore quelques joueurs de valeur comme Ribéry, Toulalan, Abidal, Squillaci, Gourcuff, Evra, Planus, Lass Diarra ou Nasri, tous suspendus, blessés ou punis. Ceci dit, parmi ceux-là, l'occasion de se faire griller par ceux qui les remplacent est grande : on pense à Toul, Abidal, Squillaci ou Evra (voire Gignac ou Djib Cissé), tous en grand danger de disparaître des “cadres” des Bleus. Pour eux on peut parler du « néant » qui les guette. Car une nouvelle équipe de France est peut-être en train de naître. Et les places vont désormais être chères...


France : le défi des paires centrales...

Au vu des entraînements à Clairefontaine, un onze de départ semble s'être dessiné. Avec des associations-test à suivre de près. Notamment les trois paires axiales. D'abord la défense avec le duo Mexès-Rami. On en a déjà largement parlé ces deux derniers jours pour savoir que les deux larrons seront épiés, soupesés, évalués. En face, il y aura deux clients à prendre au sérieux, le N° 9, Kutuzov (de Bari) et juste derrière lui, Alexandre Hleb. Du boulot en perspective. Mais c'est surtout la paire Alou Diarra-Diaby qui va jouer gros. Donnée pour durable en vertu de sa complémentarité apparente (Alou en sentinelle qui transmet vite et Diaby, plus offensif car plus porté vers l'avant), les deux gars devront compléter leur entente avec les deux de derrière. On le rappelle : les difficultés rencontrées par la charnière défensive à Oslo étaient aussi le fait des insuffisances au milieu. Trop de pénétrations norvégiennes dans l'axe de la défense. Si on pouvait fermer la lourde, on aurait vraiment progressé de ce côté-là. A eux de ne pas se louper : Toulalan, Lassana Diarra, et surtout Mvila sont en embuscade... Enfin, devant, la paire Hoarau-Rémy, intéressante à Oslo et bien nantie de la confiance de Blanc. Ce soir, marquer au moins un but mettrait le duo sur les rails.

Sinon, pour le reste... Dans les buts, c'est OK : Hugo Lloris reste le meilleur et sauf énorme toile, il fera son match. Sur les côtés, en défense, Sagna toujours au poste : il prétend avoir progressé dans son apport offensif, notamment au niveau des centres. On verra... A gauche, Clichy joue plus gros que son pote d'Arsenal : sur deux matchs, il doit prouver beaucoup pour écarter ou tenir à distance une concurrence balaise (Evra, Abidal et Trémoulinas). Au milieu, pas de surprise à gauche avec Super Flo : Malouda, pressenti pour être capitaine et débarrassé de la concurrence avec Ribéry et des consignes absurdes de Domenech, signera sa grande rentrée avec les Bleus. L'homme fort de l'équipe de France, aujourd'hui, c'est lui. Enfin, seule grosse surprise et gros pari, Jérémy Ménez, à droite. Dans ce 4-4-2 avec deux milieux excentrés, Ménez tiendra un peu le rôle de meneur de jeu de Bleus, privés de leurs animateurs habituels, Nasri et Gourcuff. Une tâche pas évidente pour un type qui adore permuter et qui préfère jouer à gauche. Avec en plus un petit défaut, celui d'un peu trop porter le ballon... A 23 ans et pas mal de trains de retard en sélection, Ménez doit faire son trou dans le Groupe France. A lui de jouer : il a deux matchs a priori pour marquer des points. Après, Gourcuff reviendra... Un dernier mot sur les remplaçants : Mvila, Valbuena, Gameiro (une première ce soir ?) ou Saha (le grand retour ?) sont susceptibles d'entrer en jeu. Benzema, touché à la cheville, va sûrement passer son tour en attendant de revenir contre la Bosnie.

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Qui es-tu Biélorussie ?

La Biélorussie, indépendante depuis l'éclatement de l'ex-URSS, figure à la 78ème place au classement FIFA. Pas des killers... Sauf que les Bleus ne le sont plus eux non plus ; quand on est passé à la 21ème position, on redevient humble. La Biélorussie ne s'est jamais qualifiée pour la phase finale d'une compète internationale, en frôlant juste la qualif pour le Mondial 2002 après une courte défaite traumatisante à Cardiff (0-1). Attention ! Ce pays a déjà créé des petites surprises en battant les Pays-Bas 2-1 en 2007 en qualif de l'Euro 2008 et la même année fait match nul 0-0 contre l'Argentine. Pigé ? La Biélorussie se contenterait bien d'un bon 0-0, un peu comme la Lituanie cherchait à nuller pareil contre la France. Pour cela, les coéquipiers d'Aleixandre Hleb, star numéro un de la sélection et de la nation, seront disposés en 4-2-3-1 prudent pour bien résister aux assauts français. Le gros de l'équipe joue au pays, à l'image de l'essentiel de la défense qui joue au BATE Borisov, le club leader présent en phase de poule de Ligue des Champions 2008. Donc un bloc arrière assez expérimenté. Le reste de l'équipe, hormis Kutuzov et Hleb, joue en Ukraine ou en Russie.

Sinon, bien évidemment, la Biélorussie c'est avant tout trois personnalités : Kutuzov, Hleb... et le coach, Bernd Stange. Vitali Kutuzov, pas un super grand buteur, mais costaud et joue à Bari. A 30 ans, il affiche quand même une bonne expérience avec ses 50 sélections et 13 buts. Il y a bien sûr aussi la star, Alexandre Hleb (placé juste derrière Kutuzov). Mais star déclinante, vu qu'après avoir plus ou moins brillé avec Arsenal (pas mal) ou au Barça (échec), il se retrouve aujourd'hui prêté à Birmingham City, après avoir été déjà prêté au VfB Stuttgart (déception, là aussi)... Pas une raison pour le sous-estimer : il a souvent eu le geste juste pour la mettre au fond quand l'occase se présente. Enfin, il y a le sélectionneur allemand, pur produit de l'ex-RDA et ancien agent de la Stasi. Surnommé « l'entraîneur du diable » pour son passé trouble en ex-Allemagne de l'Est, pour son boulot de coach de l'Irak sous Saddam Hussein et pour son poste actuel en Biélorussie, dictature assez sévère, ce qu'on oublie un peu... Coach tout-terrain passé par pas mal de clubs et de sélections (Carl Zeiss Iéna, puis RDA, Irak, Dniepropetrovsk et CSKA Kiev, Perth en Australie, Sultanat d'Oman), Bernd Stange (62 ans) n'a peur de rien et possède un charisme propre à transcender les énergies. Il avait qualifié l'étonnante équipe d'Irak aux JO de 2004 d'Athènes. C'est pas un mec qui a bossé chez Saddam Hussein qui va avoir peur des Bleus de Blanc...

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