1. //
  2. // 1/2
  3. // Juventus-Inter

La folle semaine de l’Inter

En l’espace de quelques jours, l’Inter va affronter ses deux ennemis jurés, la Juventus en Coupe et le Milan en championnat. L'occasion de se pencher sur une réelle problématique : lequel est le pire ?

Modififié
2 15
Non pas que les Nerazzurri joueront gros en cette fin de mois de janvier, le championnat est encore long, et la demi-finale de la Coupe d’Italie se dispute en deux manches, mais la semaine va être particulièrement chargée en émotions. D’abord, le déplacement à Turin chez une Juventus qui vient de lui passer devant le nez en championnat alors qu’elle était loin derrière il y a encore deux mois. Brusque retour à la réalité. Puis, un autre déplacement, à San Siro, contre le cousin milanais, une affiche forcément moins glorieuse que par le passé, mais toujours aussi attendue dans la capitale lombarde. Indépendamment de l’état de forme des adversaires, de l’importance du match et de la compétition, deux rencontres qui vont poser le dilemme suivant à tout Interiste qui se respecte : qui haïr plus que l’autre ?

Le Milan, le frère ennemi


« Je suis né à Milan et ai intégré les jeunes de l’Inter à 14 ans. C’est à cet âge que j’ai commencé à disputer les derbys, en face il y avait par exemple Giovanni Trapattoni. J’ai grandi avec cette rivalité qui était également bon enfant, ce n’était pas un foot exaspéré comme aujourd’hui. Il y avait du chambrage, on blaguait. On organisait de fausses funérailles après une défaite. Il n’y avait ni aigreur ni méchanceté, on vivait ça naïvement » , raconte Bruno Bolchi, ex-milieu défensif et pensionnaire de l’Inter de 1956 à 1964 avant d’entamer une longue carrière d’entraîneur. La dimension sociale de cette opposition entre les « casciavit » du Milan (les prolétaires) et les « baùscia » de l’Inter (les bourgeois) a déjà perdu de son sens. La rivalité devient petit à petit une histoire de goûts et de couleurs. Trois décennies plus tard, précisément de 1984 à 1989, Pietro Fanna dispute également des derbys avec le maillot nerazzurro : « Bon, c'était face à Gullit et Van Basten. L’atmosphère de la préparation du match était unique, nerveusement, on y laissait énormément de forces. »

Ce duel voit son apogée au milieu des années 2000 lorsqu’à seulement deux années d’intervalle, les rivaux se retrouvent en demies, puis en quarts de finale de la Ligue des champions, le Milan sortant vainqueur à chaque fois. Les témoignages des protagonistes de l’époque évoquent une tension présente dans l’air et qui n’est pas redescendue d'un centimètre durant la semaine qui séparait les deux rencontres. Toutefois, lorsque l’enjeu sportif est absent d’un derby, il tend à perdre de son effervescence. L’environnement est de suite plus décontracté, facilité également par les bons rapports entretenus par les directions respectives, quelque chose qui se traduit, entre autres, par les multiples échanges actés dans le cadre du mercato.

La Juve, le vrai ennemi


Pour l’Inter, d’un point de vue strictement sportif, le rival numéro un est bien la Juve. « C’est une rivalité plus professionnelle » , analyse Bolchi. Fanna lui fait écho : « Chaque saison, c’est régulièrement l’équipe à battre. Quand on affronte les Bianconeri, on regarde le classement, on cherche à se renforcer psychologiquement. » Cette opposition a connu un tournant dans son histoire en 1961 : « Le fameux match interrompu à cause d’une invasion pacifiste des supporters juventini. J’avais 21 ans et c’était la première fois que je portais le brassard de capitaine. Au lieu de leur donner match perdu sur tapis vert, la Fédération, dirigée par Umberto Agnelli, a fait rejouer la rencontre. L’Inter a eu l’impression que la Juve utilisait son pouvoir pour obtenir ce qu’elle voulait » , raconte Bolchi. En guise de protestation, Angelo Moratti envoya les U19. Résultat : défaite 9-1 pour un match qui n’avait cependant plus aucun enjeu à la date où il a été rejoué.


Également passé par le club turinois, Fanna connaît la musique : « Ce club est soit aimé soit détesté, on part toujours dans l’idée qu’il est favorisé, mais je peux vous dire qu’il remporte les matchs sur le terrain. Néanmoins, un Juve-Inter est médiatiquement plus exposé qu’un Juve-Milan, justement pour cette raison. » Et avant chaque rencontre, c’est la même rengaine, les médias montent la sauce à coups de témoignages sur les plus grandes polémiques ayant émaillé cet affrontement. Ponctuellement, Gigi Simoni sort de son formol et retrace l’histoire du penalty refusé à Ronaldo lors du choc en 1998. L’historique de Calciopoli est refait. Le tout avec un manichéisme particulièrement soigné : l’Inter est la victime et la Juve le bandit. Et au diable les nuances. Un contexte qui a rendu cette affiche un poil malsaine : « Les rencontres les plus tendues restent celles face aux Turinois, c’est là où il y a le plus de coups sur le terrain. L'esprit de compétition est exacerbé » , affirme Fanna.

Amitiés et inimitiés


Le terrain, très bien, mais en dehors ? « Chaque fois que je marquais Sivori, c’était la guerre, mais nous nous sommes connus en sélection et sommes devenus de très bons amis. De toute façon, j’avais et j'ai une réelle admiration envers la Juve, c’est une grande équipe avec de grands champions, depuis toujours. Honneur à eux  » , confie Bolchi. L’amitié entre rivaux est possible, mais pas évidente à cultiver selon Fanna : « À Milan, je fréquentais Franco Baresi, il faut savoir respecter son statut, sortir dans les bons restaurants, ceux qui ne sont pas étiquetés tel ou tel club. » Les supporters, eux, ont fait leur choix, selon une enquête menée par La Repubblica en début de saison, sur 100 Interistes, 76 orientent prioritairement leur antipathie vers la Juventus et seulement 24 vers le Milan. Une proportion écrasante qui ne laisse aucun doute. D'ailleurs, il n'est pas rare de voir milanistes et interistes se lier contre ladite prépotence de la Vieille Dame, d'autant plus en cette longue période de vaches maigres pour chacun des clubs milanais. L'ennemi de mon ennemi est mon ami dit-on, en voilà l'illustration parfaite.

Par Valentin Pauluzzi
Modifié

Dans cet article

Note : -1
Inter ti odio.
Note : 2
Inter... et les autres aussi. La haine est particulièrement vivace à Florence et à Naples. Les tensions se sont accrues ces derniers temps avec la Roma. Au Milan on se souvient du but fantôme de Muntari. Bref, une bonne partie de l'Italie ne peut pas saquer ce club. En fait plus que le club lui-même et ses casseroles, les plus gerbant sont leurs tifosi je dirai. On en a souvent l'exemple ici-même.
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 2
Message posté par kevick
Inter... et les autres aussi. La haine est particulièrement vivace à Florence et à Naples. Les tensions se sont accrues ces derniers temps avec la Roma. Au Milan on se souvient du but fantôme de Muntari. Bref, une bonne partie de l'Italie ne peut pas saquer ce club. En fait plus que le club lui-même et ses casseroles, les plus gerbant sont leurs tifosi je dirai. On en a souvent l'exemple ici-même.


Perso le plus gerbant que j'ai pu lire ici c'est toi avec ta haine primaire de la Juve. Bizarrement on te voit moins sur les autres articles ou les vrais fans de foot italiens discutent tout les jours. Y compris des supps de la Juve de qui personne ne s'est jamais plaint.
Note : 1
Les deux pour moi.

J'ai souvenir des milanisti hurlant lors d'un derby "Zanetti uomo di merda". Milanisti dont une partie ont hué Maldini lors de son dernier match alors que les interisti l'ont toujours respecté et lui ont rendu hommage en 2009. Pour moi, le premier rival de l'Inter c'est le Milan comme tous les clubs qui doivent cohabiter avec un autre dans la même ville. Il y a toujours eu une émulation/compétition entre les deux pour savoir qui était le premier club de la ville. Dans les années 60/70 l'Inter était le premier (avec notamment 4 finales de C1 entre 1964 et 1972) puis le Milan a pris l'ascendant dans les années 80/90. Aujourd'hui la position est figée. Le Milan reste plus connu et apprécié grâce à sa remarquable histoire européenne en C1 alors que l'Inter a connu une période de disette terrible dans les 90's et les années 2000. Mais l'Inter n'a pas grand chose à lui envier avec 3 C1 et 3 coupes de l'UEFA. En tant qu'intériste ça ne me dérange pas d'admettre que le Milan est plus prestigieux dans le monde que l'Inter.

Quant à la rivalité avec la Juve, elle est plus malsaine depuis Calciopoli mais surtout entre tifosi. Je n'ai pas souvenir que les joueurs des deux clubs se rentraient autant dans le lard qu'entre joueurs Romains et laziales par exemple. C'est rude mais ça reste correct. Puis entre temps, tous les dirigeants des deux clubs sont partis. Quand on parle de rivalité Juve/Inter ce n'est plus qu'à cause du Calciopoli. Or il serait temps que cette page soit tournée. La Juve n'a plus rien à voir avec celle d'il y a 10 ans tant dans l'organigramme que dans les structures même du club. Elle a depuis bien rattrapé les années difficile post 2006. Quant à l'Inter, Thohir a complètement coupé les ponts avec les vestiges de la famille Moratti et est complètement étranger avec cette histoire qui appartient au passé. Et même si ça prend du temps, la gestion du club est bien plus cohérente et rigoureuse qu'à l'époque de "denti gialli" (surnom donné par les juventini à Moratti pour ceux qui ne le sauraient pas). Autre chose de positif de la part de Thohir, il ne polémique pas contrairement à Moratti qui avait la sale habitude de balancer des polémiques inutlles.

Bref tout ça pour dire que pour moi, question rivalité, Juve/Milan, même combat. Ca fait partie de la rivalité nécessaire pour donner du piment à un championnat. Tant que les tifosi ne s'entretuent pas...
Message posté par Blatter m'a tuer
Perso le plus gerbant que j'ai pu lire ici c'est toi avec ta haine primaire de la Juve. Bizarrement on te voit moins sur les autres articles ou les vrais fans de foot italiens discutent tout les jours. Y compris des supps de la Juve de qui personne ne s'est jamais plaint.


Bah tu lis pas beaucoup, car il m'est arrivé par le passé d'intervenir bien souvent. La série A étant le championnat qui m'intéresse le plus après la L1. Un championnat dont je ne peux pas saquer la Juve pour des raisons que j'ai déjà exprimé maintes fois. A la tienne.
Blatter m'a tuer Niveau : Ligue 2
Je lis et commente souvent. Pas beaucoup de trace de ton passage. A part quelques messages anti Juve quand l'occasion se presente. Que tu n'aimes pas ce club je peux le comprendre. Que des que possible tu postes de la merde a son sujet deja moins. Que tu insultes les supps de la Juve, et surtout ceux de sofoot, sans aucune raison ca j'ai beaucoup de mal.

Les comms des articles sur la serie A sont souvent très interessants, sans animosite alors qu'il y a des tifosi de tout les clubs. Tu es le seul a dire que ceux de la Juve sont gerbants. Pose toi les bonnes questions.
Note : 1
Je suis un peu d'accord avec Kevick même s'il est excessif parfois. J'ai déjà vu par le passé des zèbres venir à plusieurs troller sur des articles Inter sans raison alors qu'on ne demandait rien à personne. Ce n'est qu'un "bandit solitaire", pas la peine d'en faire toute une histoire.
Note : 1
Je suis aussi d'accord avec Kevick. Je compte plus le nombre d'articles sur l'inter ou j'ai vu des supp de la juve balancer des trolls (parfois quali) hors sujet.
En attendant la juve est en train de mettre une branlée à l'inter sans qu'il y ait rien à redire
3-0 Cuadrado, Morata et Dybala ont nettoyé les intéristes.
Message posté par kevick
Bah tu lis pas beaucoup, car il m'est arrivé par le passé d'intervenir bien souvent. La série A étant le championnat qui m'intéresse le plus après la L1. Un championnat dont je ne peux pas saquer la Juve pour des raisons que j'ai déjà exprimé maintes fois. A la tienne.


Bah c'est pas flagrant... Et pour ma part qui rôde pas mal sur les articles de série a, je t'y ai pas vu énormément non plus... mais peut être qu'on s'est croisé...
http://www.laissemoichercherca.com/?q=kevick%20sofoot

Georges nous le confirmeras, il est omniprésent...
Le derby d'Italia ou le derby della Madonnina? Vaste sujet.
Chaque interista a sa "préférence" en terme de rivalité et la problématique varie selon que l'on parle d'ultras ou de supporters classiques.

Le Milan c'est les cugini (cousins) et ce terme n'est pas choisi par hasard. A Milan, c'est pas comme à Gênes ou Rome, y'a pas des quartiers Inter et d'autres Milan. Au contraire, les gens cohabitent dans leur immeuble, au café, au boulot et se chambrent continuellement avec cet art très italien du sfotto'.
Les clivages droite / gauche ou lombards / immigrés, ça fait au moins 40 ans que c'est plus d'actualité. Les jeunes choisissent leur club sans déterminisme de je-ne-sais-quoi.
Berlusconi a aussi bouleversé les codes, il a "droitisé" le Milan et drainé un nouveau public. Rivera fait une carrière politique à gauche et s'est déjà présenté Berlusca (pour situer un peu l'évolution).
De la même manière, certains anti-Berlusca se sont naturellement dirigés vers l'Inter. C'est mon cas.

Au niveau ultras, bien qu'ennemis il y a un pacte de non agression pour éviter une escalade de la violence dans la vie quotidienne, les deux camps se croisant donc fréquemment en ville. La compétition entre les deux se fait par tifo interposé (et là c'est carrément grandiose). L'avvocato Prisco disait toujours qu'il regardait toujours le classement du Milan avant celui de l'Inter, ce qui résume assez bien la situation. La rivalité n°1, c'est bel et bien le Milan. Mais une rivalité sans réelle haine.

Pour la Juve, c'est l'inverse. Bien que l'on parle de derby d'Italia, la rivalité n'a en réalité pris ces proportions que depuis 1998, car exacerbée par les différentes affaires successives.
Là, point question de chambrage à la machine à café le lundi matin (de toute façon, Milanisti comme Interisti méprisent les milanais qui supportent une équipe qui ne soient pas de la ville - de surcroit la Juve) ou de pactes de non-agression entre ultras (c'est aussi une différence majeure avec les matchs contre le Milan, où même les plus extrémistes ne recherchent pas la violence). A ce jour la Juve est le club le plus détesté par les Interisti.
MacchiaGobbo Niveau : CFA2
Note : -1
Si tu l'as déjà exprimé maintes fois c'est bon tu peux continuer a insulter bon nombres de lecteurs sans donner d'arguments.
Message posté par Blatter m'a tuer
Perso le plus gerbant que j'ai pu lire ici c'est toi avec ta haine primaire de la Juve. Bizarrement on te voit moins sur les autres articles ou les vrais fans de foot italiens discutent tout les jours. Y compris des supps de la Juve de qui personne ne s'est jamais plaint.


Et le message de Kox, ouvrant le bal de façon hautement pertinente, tu en penses quoi?
Juste un souvenir pour illustrer tout ça: le 5 mai 2002. La plupart des bars milanais remplis d'interisti passent le Lazio / Inter devant apporter le scudetto attendu depuis 13 ans. La Lazio gagne, la Juve est championne. Dès le match terminé des petits groupes de tifosi bianconeri vivant à Milan sortent fêter ça et croisent inévitablement les perdants sortant des bars avec 2-3 pintes dans le sang et passablement énervés.
Ces mecs-là pourtant, ne sont pas des chauds. Les ultras, les violents, eux ont fait le déplacement à Rome (ce qui a sans doute évité de véritables incidents). Et pourtant, spontanément dans toute la ville, les mêmes scènes de juventini qui se font insulter, bousculer ou piquer leurs drapeaux par des darons de 40 ans.
Quelques minutes plus tard, les milanisti reviennent de San Siro et ne peuvent s'empêcher de pousser la chansonnette pour se moquer des malheurs des cugini. Là par contre, aucun incident.

Le Kiosque SO PRESS

Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Le spleen de Yaya
2 15