La FIFA passe la main

The End. Le feuilleton autour de la main de Thierry Henry a pris fin, hier. L'attaquant du Barça ne sera pas sanctionné. Une non décision assez injuste mais prévisible, qui remet un peu plus en question les compétences des instances internationales du football.

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« Rien dans le règlement FIFA ne permettait de le sanctionner, et la FIFA n'a fait qu'appliquer ses règlements. J'espère que c'est la fin de l'histoire, je l'espère de tout mon cœur » . Jipé Escalettes peut souffler. Hier dans l'après midi, l'épilogue sur l'affaire de la main de Thierry Henry est enfin tombé. La page est tournée. L'anaconda ne sera ni suspendu, ni sanctionné et pourra disputer la Coupe du Monde dès la première minute du match des Bleus face à l'Uruguay, comme prévu. Décision de la commission de discipline de la FIFA. Selon elle, « aucun texte juridique ne permettait de sanctionner un fait ayant échappé aux officiels et la faute de main ne peut pas être considérée comme un fait grave tel que l'exige l'article 77a du Code disciplinaire de la FIFA » .

Il fallait bien deux mois de réflexion et d'observation pour rendre un tel verdict. La commission connaît les règlements et savait dès le début qu'elle ne sanctionnerait pas Thierry Henry a posteriori. Pourquoi alors avoir pris autant de temps pour simplement citer un extrait de règlement comme on récite une poésie ? Peut-être pour que ceux qui étaient venus pleurer au chevet de Sepp Blatter oublient que celui-ci avait alors évoqué une possible « compensation morale » à l'époque. Mais Sepp Blatter est suisse, et il n'aime pas les révolutions. Alors prendre une décision risquant de faire jurisprudence, très peu pour lui... Pourtant, lors de l'Euro 2004, Totti avait été suspendu a posteriori, après visionnage des images, pour avoir balancé un glaviot sur le Danois Poulsen, soit « un fait ayant échappé aux officiels » . Un fait qui n'avait eu, de plus, aucune influence sur le résultat final, contrairement à la main du Blaugrana. Mais tout le monde n'a pas forcément la même notion du fait grave.

Près de deux mois après les faits, le buzz autour de l'affaire Henry est bel et bien retombé, et cette décision, aussi immorale soit-elle, passera comme papa dans maman. C'est tout juste si les médias étrangers y accorderont une brève, eux qui ont titré sur la fameuse main de l'ancien Gunner à l'aide de jeu de mots plus ou moins réussis pendant une semaine. En ne sanctionnant pas Henry, la FIFA s'évite également une procédure en appel inutile qui aurait fait traîner cette affaire sur plusieurs mois. La FIFA était pressée d'en finir, et on la comprend : cette histoire a tout de même un peu sali le football. Bon, une décision infligeant un petit match de suspension au capitaine des Bleus aurait peut-être été plus judicieuse. Explications : la FIFA sauverait la caution morale du foot dont elle prétend se porter garante, la commission de discipline justifierait son existence et son appellation, et la Coupe du Monde de Thierry Riton ne serait pas flinguée pour autant. Et dire que pendant ce temps, personne ne parle du vrai scandale du match France-Irlande. La vraie injustice, c'est que tout le monde croit que William Gallas a inscrit le but de la qualification de la tête. Alors qu'en réalité, il a marqué de l'épaule...

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