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La fausse hype Malaga

Malgré les 85 millions d’euros dépensés et les 14 joueurs débarqués en Andalousie, Malaga n’a pas vraiment décollé, et stagne à la 9ème place de la Liga. Trop vite annoncés comme la troisième vitesse d’un championnat coupé en deux et surendetté, les hommes de Pellegrini se contenteraient de l’Europa League. Tout le pétrole du Qatar ne construit pas une grande équipe en un an.

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Début octobre, 7ème journée en Espagne. Malaga s’impose face à Getafe (3-2) et prend virtuellement les commandes du championnat après sa quatrième victoire en cinq matchs. Un parfum de renouveau flotte sur la Liga. Deux semaines plus tard, La Rosaleda accueille le Real Madrid, pour le premier « choc » de la saison. Tous les footeux du pays sont devant leur télé. Personne ne veut manquer ça. A la 37ème minute, le Real mène 4-0, Cristiano Ronaldo a scoré trois fois, Van Nistelrooy a le regard nostalgique depuis son banc de touche et la sensation Malaga prend déjà fin. Les Andalous sont encore loin, très loin, des sommets de la Liga.

L’attraction de l’été

L’histoire commence en juin 2010. Abdullah ben Nasser Al-Thani, richissime cheikh qatari, achète le club de foot de Malaga, passé tout près de la relégation, pour 36 millions d’euros. Soit à peu près le prix d’un très bon joueur de foot aujourd’hui. Au mois de novembre 2010, c’est Pellegrini qui arrive. Le Chilien a été nommé chef d’orchestre de la nouvelle hype de la Liga. En deux mercatos, Al-Thani casse la tirelire qatarie et rameute du beau monde : Julio Baptista, Van Nistelrooy, Joaquin, entre onze autres, débarquent en Andalousie. Un an après le rachat, Malaga a un effectif tout neuf, ses ventes de maillot explosent, les « supporters » s’abonnent massivement, et la presse s’emballe. Dans une Liga coupée en deux et surendettée, Malaga est ce p’tit nouveau, pas comme les autres, que tout le monde regarde bizarrement. Entre méfiance et excitation. Les 60 millions investis en un été contrastent avec la rigueur imposée au reste, plus déficitaire que jamais, à quelques rares exceptions près. « Ça ne m’inquiète pas de recruter dix joueurs pour 60 millions d’euros quand nous avons la capacité d’en recruter un pour plus de 60 millions » . Arrogant, en plus, l’ami Al-Thani. Ça y est, les surpuissants Real et Barca ont affaire à un futur concurrent. Los Boquerones seront la troisième vitesse de ce championnat. La nouvelle attraction. Les plus emballés les voient même titiller les deux géants dès la première année. Pauvres fous.

Parti de zéro

Après six mois de compétition, Malaga est finalement passé presque inaperçu. Neuvièmes avec 31 points, les Andalo-qataris trainent à 30 points du Real, 20 du Barca et 9 du très économe FC Valence. Le Moyen-Orient est en passe de s’offrir la France et l’Angleterre, il n’aura pas l’Espagne. Enfin pas tout de suite. Même Bwin défonce Qatar Foundation. A deux points de la 4ème place, et trois de la 15ème, Malaga est tout simplement à sa place. Car à la différence de Paris et Manchester City, Malaga est parti de zéro. Un club sans histoire et au palmarès quasi vierge, qui avait comme seuls avantages d’être au soleil et dans une belle région. Tout le pétrole du monde ne construit pas une équipe en un an. Depuis l’arrivée des Qataris, toutes les têtes, ou presque, ont changé. Cette saison, Weligton (6 matchs) et Gamez (16 matchs) derrière, et Duda (15 matchs) au milieu sont les seuls survivants. Tout le reste est là depuis 2010 au plus tard. Pellegrini n’a pas fait n’importe quoi pour autant. Son recrutement s’est fondé sur un mélange de joueurs expérimentés (Van Nistelrooy, Demichelis, Mathijsen, Caballero), de bons joueurs confirmés (Cazorla, Joaquin, Toulalan, Julio Baptista) et de jeunes espoirs (Buonanotte, Isco, Camacho). Un peu d’Espagnols, un peu d’étrangers. Pour que la mayonnaise prenne.

Une bonne équipe, sans plus

«  Notre but doit être de démontrer sur le terrain qu’on est une bonne équipe, et être une bonne équipe nous permettra d’arriver le plus haut possible au classement  » , espérait Pellegrini. La mi-saison passée, on peut dire que Malaga est bonne équipe, sans plus. D’abord parce que le recrutement est en partie un échec, particulièrement dans la catégorie « joueurs expérimentés » . Van Nistelrooy était le nom le plus ronflant du mercato malagueño. La preuve, soi-disant, que Malaga passait dans une autre dimension. C’est vrai pour la vente de maillots, beaucoup moins pour son impact sur le terrain. A 35 ans, le Hollandais n’est plus la gâchette qu’il était à Manchester et à Madrid. Il n’a marqué que deux buts depuis le début de saison et Rondon n’a pas trainé pour lui piquer la place. Derrière, les Argentins Demichelis et Caballero (gardien) sont plus lents et maladroits qu’autre chose. Ensuite, il y a ces joueurs fragiles. Julio Baptista, la vraie star potentielle de cette équipe, a tout juste eu le temps de poser un superbe ciseau (ce fameux match contre Getafe) avant de se blesser à nouveau. Il n’a disputé que 4 matchs de Liga cette saison. Joaquin, lui, vient de passer un mois à l’infirmerie.

«  Se qualifier pour une coupe d’Europe »

Les problèmes de Leonardo au PSG, Pellegrini les vit puissance 10 à Malaga. Malgré les millions à disposition, appâter des grands joueurs lui est pour le moment très difficile. Al-Thani se dit prêt à débourser plus de 60 millions pour un seul joueur, mais quel joueur de cette envergure serait disposé à rejoindre Malaga à l’heure actuelle ? Aucun. Cazorla (20 millions d’euros, plus gros transfert de l’histoire du club) a réalisé une belle première partie de saison, Toulalan est très apprécié au club, Isco, Joaquin, Monreal, Eliseu et Rondon sont intéressants. Mais pas de quoi rivaliser avec le tiercé du championnat. «  Notre objectif principal est de se qualifier pour une coupe d’Europe, la Ligue des champions au mieux, sinon l’Europa League  » , rappelait l’ancien lyonnais, entre ambition et mesure. La 4ème place, très convoitée (Athletic Bilbao, Espanyol Barcelone, Atlético Madrid), risque d’être difficile à atteindre. L’Europa League parait en revanche largement dans leurs cordes, à condition de commencer à prendre des points à l’extérieur. Si seuls le Real et le Barca sont venus s’imposer à La Rosaleda, Malaga n’est que la 17ème équipe de Liga hors de ses bases. Avec le retour de Joaquin et prochainement de Julio Baptista, les hommes de Pellegrini ont les moyens de finir comme ils avaient commencé. Fort. Et d’offrir l’Europe à leurs qataris. De quoi commencer à rentabiliser les 120 millions déboursés en un an (club + joueurs). Et faire venir du monde cet été.

Par Léo Ruiz
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quoi ça prend pas à Malaga?? bon ok, l'été y est plus agréable que sous la torpeur estivale du golfe persique, tu peux construire des palais sans trop de permis de construire..mais bon sérieusement! quand t'amares ton yacht à st-tropez, que tu rachètes le club local..faut pas t'attendre à gagner la coupe aux grandes oreilles dans l'année..moi j'trouve cette douce candeur pétrolifère plutôt mignone.
"Le Qatar est en phase de s’offrir la France et l’Angleterre, il n’aura pas l’Espagne"

cher Leo, on dit est en passe et non est en phase et Manchester City n'appartient pas à des qataris mais à des mecs d'Abu Dhabi

voili voilou
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