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La fabuleuse histoire du ballon à la mer

C’est l’histoire d’un ballon passé par-dessus un grillage. Comme chaque jour dans des milliers de stade de district. Sauf qu’au lieu d’être récupéré dans les ronces ou sous une voiture, celui-ci est parti en voyage, seul, à travers la mer du Nord. Une histoire à relancer la mode des bouteilles à la mer, qui a unit deux hommes, un Écossais et un Norvégien.

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Un jeudi d’avril, Nils Hugo, 55 ans, cherche du petit bois sur une plage glacée de Vanna, une île au nord de la Norvège. Au milieu des branches et des pierres, il distingue une forme ronde. Un ballon. Wilson étant déjà pris, nous l'appellerons Wilfried. Impossible que des enfants soient venus jouer dans ce coin abandonné, à une saison où les températures dépassent péniblement les 0°C. En le prenant dans ses mains, il déchiffre une inscription au feutre, à moitié effacée : « BANKS O’ DEE U19’s » .


De retour chez lui, un foyer sans connexion Internet ni réseau téléphonique, il prend la balle en photo et se rend chez un ami. Il soumet l'inscription à l'expertise de Google et découvre qu’elle correspond à un club écossais d'Aberdeen. Le Banks O’ Dee FC. Ni une ni deux, Nils partage sa trouvaille sur Facebook. Émerveillé par cette énigme, son ami Johnny Mikalsen lui demande l’autorisation de contacter le club. Nils accepte et offre même Wilfried à son vieux pote pour son soixantième anniversaire. Dans son petit magasin, Johnny lui trouve une place de choix, le faisant trôner fièrement entre des écharpes de Leeds, Arsenal ou Liverpool. Après s’être baladé sur le site du club, il trouve le contact de Tom Ewan, secrétaire de la formation écossaise. Dans un mail, il relate l’histoire et ajoute : «  Vous avez probablement le plus gros frappeur du monde. […] Le ballon a parcouru une sacrée distance. Nous sommes à 1 800 kilomètres au nord d’Aberdeen. »

Alerte à Aberdeen


Trois semaines après, dans un petit appartement à l’est de l’Écosse, le secrétaire du petit club situé au sud de la ville portuaire n’en revient toujours pas : « C’est fou que ça ait pu traverser une telle distance, dans de l’eau salée ! » Cette histoire folle compense le coût des centaines de ballons perdus depuis l’inauguration du stade, en 1965. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux. « Notre stade est situé en bordure du fleuve, le Dee, qui passe juste derrière les cages, explique Tom Ewan, au club depuis près de 30 ans. On a un grillage assez haut, mais certains se débrouillent quand même pour tirer le ballon au-dessus. On n’a jamais compté combien on en a perdu, mais entre l’équipe première, semi-pro, puis toutes les catégories de jeunes, ça en fait. En match, les gamins en perdent trois ou quatre par mois. Et je ne compte pas les entraînements. » Parmi tous les Wilfried balancés par les pieds mal assurés de jeunes Écossais frappant la balle sur une pelouse laminée par la météo, celui-ci est le premier à refaire surface. « Les autres doivent être à quelques kilomètres sur une plage, imagine Tom avant de préciser : On a seulement retrouvé celui-ci parce que le nom du club était écrit dessus. » Fasciné par l’odyssée de la balle, à mi-chemin entre le drakkar viking et la scène d’intro de Lords of War, le secrétaire du club aimerait en savoir plus. « C’est dommage qu’on ne sache pas quand on a perdu ce ballon. On devrait contacter un océanographe, un spécialiste des courants qui pourrait expliquer le voyage. »


Forcément, retracer le voyage de Wilfried est impossible. Mais le Dr. David Woolf, professeur de physiques marines à l’université Heriot-Watt d’Édimbourg, se permet d’apporter quelques éléments de réponse. Inhabituelle, la traversée de la balle l’est d’autant plus que, d’après lui, elle aurait d’abord plongée dans le sud avant de remonter vers la Scandinavie. Il explique : « Les spécialistes considèrent qu'il existe un "courant résiduel" qui coule contre les aiguilles d'une montre tout au long de la côte de la mer du Nord. Dès lors, un corps flottant à la surface peut voyager d'Écosse en Norvège, mais seulement après être passé par le sud de la mer du Nord. Dans le cas de ce ballon de football, il aura fallu un vent de sud puissant et persistant pour le faire dériver si haut. »

Pêche au saumon, distilleries et coup marketing


Le voyage retour, lui, devrait être plus facile. Au téléphone, John explique : « Mes enfants et mes potes de pêche m’ont offert un voyage en Écosse pour deux. Je vais aller me balader, goûter de bons whiskys et profiter pour trois ou quatre jours. » Tant qu’à faire, il fera un crochet par Aberdeen, à l’invitation de Tom Ewan qui lui promet une réception spéciale : « Si c’est durant la saison, on fera de lui notre invité d’honneur. Du moment qu’il ramène le ballon... » Une requête à laquelle le Norvégien a décidé de se plier. Même s’il espère quelque chose en échange : « J’espère qu’il ne me manquera pas trop. C’est devenu une sacrée attraction dans mon magasin. J’espère ramener une écharpe ou un fanion à la place. Ou peut-être un autre ballon, signé. » Cette belle histoire d’amitié naissante entre deux hommes que rien n’aurait jamais dû rapprocher, n’a forcément pas échappé à la marque du ballon star. Chez Mitre, donc, qui se targue d’être la plus vieille compagnie du genre, fondée en 1817, on a donc pensé à un clin d’œil. Deux semaines après l’événement, Banks O’ Dee reçoit un colis bien rond. Dedans, un Wilfried flambant neuf, accompagné d’un mot : « Celui-ci, ne le perdez pas. » Sauf que pour s'en assurer, c’est un nouveau grillage qu’il fallait offrir. Voire de bons joueurs.



Propos recueillis par Thomas Andrei
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