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La droite populiste allemande à l’assaut de la Mannschaft

De plus en plus présente dans le paysage médiatique allemand, la droite populiste a décidé de s'attaquer à la Nationalmannschaft et ses joueurs issus de l'immigration. Une tactique qui révolte dans un pays où le football (et le sport en général) est intouchable.

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En France, il est de bon ton de critiquer les footballeurs. Passée l'euphorie de France 98, les politiques français s'en sont donné à cœur joie. À peu près tous les footeux du pays ont été critiqués au moins une fois. Souvent car ils sont « trop payés » , « qu'ils ne chantent pas La Marseillaise  » , « qu'ils ne parlent pas bien français » ou « que leurs coupes de cheveux sont ridicules » .
« Aujourd'hui, près de 28 millions d'Allemands sont licenciés au sein d'une Fédération. »
Et ce ne sont pas les dernières sorties de Karim Benzema qui vont arranger les choses. En Allemagne, la donne est normalement tout autre. Outre-Rhin, pratiquer un sport est quasiment obligatoire. « Au sein de la société allemande, le sport joue un rôle prépondérant. Aujourd'hui, près de 28 millions d'Allemands sont licenciés au sein d'une Fédération. Et contrairement à beaucoup de pays, on trouve au sein de ces licenciés des gens de tout âge et de toutes les couches sociales  » , explique Gudrun Doll-Tepper, professeur à l'université libre de Berlin, spécialiste de l'intégration par le sport.


La Fédération de football allemande (DFB) compte à elle seule 7 millions de ces licenciés. Si on rajoute à ce chiffre les footballeurs du dimanche, il est estimé que plus de 10 millions d'Allemands tâtent régulièrement le cuir. Et à la différence de la France, le football n'y est pas un sport clivant, réservé aux classes populaires. Tout le monde (ou presque) le pratique, tout le monde (ou presque) le regarde. S'attaquer aux footballeurs n'est donc pas quelque chose de bien vu. Surtout depuis 2006, et la Coupe du monde à domicile, qui a réconcilié l'Allemagne avec sa fierté nationale. De plus, historiquement, les politiques allemands se risquent très rarement à traiter en public de ce qui ne relève pas de leurs compétences. Mais voilà, depuis quelques mois, en raison de la montée en flèche de la droite populiste, la donne est en train de changer.

Pegida vs Kinder


Des dérapages émanant de certains groupuscules, il y en a toujours eu, surtout depuis l'avènement de la génération Multikulti lors de la Coupe du monde 2010. Pendant longtemps, ces groupes n'ont pas pesé bien lourd au sein de l'opinion publique allemande, peu attirée par les extrêmes en tous genres. Mais depuis presque deux ans et l’émergence du mouvement contestataire anti-islam Pegida, mais aussi du parti populiste eurosceptique et patriotique AfD (Alternative für Deutschland), le paysage politique allemand s'est déplacé vers la droite. La crise des réfugiés, qui secoue l'Allemagne depuis plus d'un an, n'a fait qu'aggraver la situation.


Lors des dernières élections régionales, le parti ultra conservateur a obtenu 12,6 % des voix en Rhénanie-Palatinat, mais aussi 15% des voix dans le Bade-Wurtember, le Land du sud-ouest du pays, de plus en plus conservateur. Et c'est de là qu'est partie la première polémique autour de la Mannschaft. La semaine passée, la section Pegida de la région a fait savoir son mécontentement quant à la présence de Jérôme Boateng et İlkay Gündoğan sur les paquets de Kinder, alors que cela fait déjà quelques années qu'avant chaque compétition, Ferrero remplace les enfants Kinder par des photos des joueurs de la NM lorsqu'ils étaient petits. Le groupe a même appelé au boycott de la marque italienne si jamais des joueurs d'origine étrangère continuaient à apparaître sur les paquets de chocolat.

Message de tolérance


Ce délire n'a évidemment pas plu à grand monde hors de la sphère fasciste. Sur Twitter, les Allemands ont vite affiché leur solidarité pour les stars de l'équipe nationale en postant des photos d'eux quand ils étaient petits et en utilisant le #cutesolidarity.
« L'Allemagne ne doit pas devenir un pays où les remarques racistes sont acceptées. Il faut être ferme là-dessus. » Mohamed Amjahid
Un mouvement lancé par Mohamed Amjahid, journaliste à Die Zeit. « J'étais dans le train au Maroc, le pays de naissance de mes parents, quand j'ai vu l'info sur internet. Je me suis toute suite demandé : "Mais pourquoi tant de haine ?" J'ai alors eu l'idée de tweeter une photo de moi enfant que j'avais sur mon téléphone, pour soutenir les joueurs de la NM qui ont été critiqués. Une amie a répondu en faisant la même chose. De là, nous avons décidé de lancer le #cutesolidarity » , raconte l’instigateur du mouvement.


« J'ai fait ça en tant que citoyen allemand, et non en tant que journaliste. Le but était ne pas laisser passer ça. Si on commence à accepter ce genre de propos, il y en aura tout le temps. L'Allemagne ne doit pas devenir un pays où les remarques racistes sont acceptées. Il faut être ferme là-dessus. » Et des milliers d'utilisateurs du réseau lui auront donné raison en utilisant ce # durant plusieurs heures. « Au début, beaucoup d'enfants d'immigrés comme moi ont posté leur photo, puis ce sont des Allemands dits de souche qui s'y sont mis. Ça m'a beaucoup touché que la plupart des gens adhèrent à ce message de tolérance » , confesse-t-il.

Le mauvais voisin


Mais la vague d'adhésion autour du #cutesolidarity ne décourage pas pour autant la droite populiste allemande. Quelques jours plus tard, c'est Alexander Gauland, vice-président de l'AFD, qui s'en prend à l'équipe nationale et une nouvelle fois à celui dont la couleur de peau est l'une des moins claires. « Jérôme Boateng est peut-être un bon footballeur, mais les Allemands n'en veulent pas comme voisin. »
« Jérôme Boateng est une personne merveilleuse et un joueur exemplaire de notre club, nous sommes fiers qu'il représente l'Allemagne. » Karl-Heinz Rummenigge
Cette déclaration, sortie par la FAZ, n'a évidemment pas manqué de choquer le pays tout entier. S'attaquer à un footballeur lambda dans un pays de foot n'est jamais très malin, s'attaquer à un des sportifs les plus titrés d’Allemagne est tout bonnement stupide. D'autant plus que ce dernier est un des joueurs de football les plus respectables qui soient. Si on excepte sa supposée aventure avec une ancienne actrice porno, le frère de Kevin-Prince n'a pas grand-chose à se reprocher. « Jérôme Boateng est une personne merveilleuse et un joueur exemplaire de notre club, nous sommes fiers qu'il représente l'Allemagne  » , a très vite déclaré Karl-Heinz Rummenigge dans un communiqué de presse publié sur le site du FC Bayern Munich.


Assez discret, Boateng n'est pas vraiment un habitué des tabloïds, à l'inverse de son frère. Comme une grande partie de l'équipe nationale allemande, il est assez insipide en dehors du terrain. En déclarant que Boateng ne ferait pas un bon voisin, Gauland ne se base sur rien d'autre que sa couleur de peau et tombe dans le racisme pur et simple, comme Pegida. Pour beaucoup, c'est la provocation de trop. Le retour de bâton ne se fait pas attendre, puisque #nachbar (voisin en Allemand) prend le relais de #cutesolidarity. Certains internautes n’hésitant pas à rappeler avec humour que vu l'argent que touche Jérôme Boateng et donc l'endroit où il habite (le quartier huppé de Grünwald à Munich), Alexander Gauland serait sans doute content s'il avait la possibilité d'être son voisin. À Berlin, la ville de naissance de Boateng, la colère a été particulièrement perceptible. Le tabloïd berlinois B.Z en a même fait sa une lundi matin.

La DFB contre-attaque


Lors des précédentes grandes compétitions, lorsque certaines voix s'étaient déjà élevées pour critiquer la couleur de peau ou les origines de certains joueurs, la DFB ne perdait en général pas son temps à répondre aux accusations. Mais cette année, les propos racistes ou xénophobes émanant de la droite populiste étant plus nombreux et surtout plus corrosifs, elle n'a eu d'autre choix que de répondre. Il faut dire que la Fédération est très impliquée dans le programme « Intégration par le sport » mené par l'État allemand depuis quelques années. « L'équivalent du CNOSF en Allemagne regroupe 98 fédérations. Toutes ont dans l’obligation de participer au programme "Intégration par le sport" qui favorise l'accès aux sports des familles issues de l’immigration récente, mais aussi aux réfugiés de guerre, depuis quelques mois » , explique le professeur Gudrun Doll-Tepper.


« Comme il n'y a pas d'école maternelle à proprement parler en Allemagne, le sport aide certains à se familiariser avec la langue allemande en passant par le langage universel du sport. » Gudrun Doll-Tepper
La DFB est une des premières organisations à avoir appliqué à la lettre ce programme dont les bons résultats sont reconnus par une grande partie des spécialistes de l'intégration. « Le sport aide souvent les jeunes issus de l’immigration à mieux s'intégrer. Comme il n'y a pas d'école maternelle à proprement parler en Allemagne, le sport aide dès le plus jeune âge certains à se familiariser avec la langue allemande en passant par le langage universel du sport » , déclare l'universitaire. Mais au lieu de sortir un communiqué de presse ronflant, vantant les mérites de ces diverses actions, la DFB a misé sur le poids de l'image pour se défendre. Lundi, la Fédération s'est fendue d'une vidéo où chaque joueur de l'équipe apparaît tour à tour face caméra. À la fin, un slogan : « Nous sommes la diversité. »



Certains joueurs se sont aussi exprimés, alors qu'à l'accoutumée, ils choisissent plutôt de s'enfermer dans leur silence. Benedikt Höwedes, capitaine du FC Schalke 04 connu pour son engagement social, a vite réagi sur Twitter. Pour lui, « si on veut gagner des titres, il vaut mieux avoir Boateng comme voisin » . Mario Götze, coéquipier de Boa au Bayern, y est lui aussi allé de son tweet. Sami Khedira, avec sa franchise habituelle, a lui déclaré en conférence de presse que ce genre de propos étaient « outrageux et complètement ridicules » .
« Je suis né en Allemagne, j'ai grandi ici. Si je n'avais pas envie de jouer pour l'Allemagne, je ne l'aurais pas fait. » Jérôme Boateng
Mais si toutes ces déclarations ont dû faire chaud au cœur de Jérôme Boateng, ce dernier a dû quand même un peu cogiter. Lui qui ne chante jamais l'hymne s'est par exemple subitement mis à l'entonner dimanche dernier. Après le match, le défenseur du Bayern Munich, qui a porté le brassard quelques minutes en seconde mi-temps avant sa sortie au profit de Höwedes, a même tenu à s'expliquer : « Je suis né en Allemagne, j'ai grandi ici. Si je n'avais pas envie de jouer pour l'Allemagne, je ne l'aurais pas fait.  » Le plus triste dans cette histoire est finalement qu'en forçant un homme né en Allemagne, d'une mère allemande, ayant presque tout gagné avec un club allemand et sa sélection elle aussi allemande, à déclarer haut et fort qu'il est un Allemand comme les autres, l'extrême droite a déjà un peu gagné.



Par Sophie Serbini, en Allemagne
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