La dernière papinade de JPP

S'il n'avait jamais pris l'habitude de cirer le banc des remplaçants au cours de sa carrière de goleador, Jean-Pierre Papin a du apprendre la patience en endossant ses habits d'entraîneur. Après son limogeage de Lens en mai 2008, JPP a disparu. Une traversée du désert de 18 mois qui vient de se terminer avec sa nomination à la tête de la Berrichonne de Châteauroux, actuel 16e de Ligue 2. Un cadeau empoisonné ?

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«  Je ne prends pas de risque » . Pour sa première conférence de presse officielle comme coach de la Berrichonne, Jean-Pierre Papin rassure, se rassure et se protège. La phrase est loin d'être anodine : JPP réfute l'idée qu'un éventuel échec dans le club de l'Indre signe son arrêt de mort dans la profession. Le Ballon d'Or 1991 déborde même d'optimisme et en rajoute une couche : « C'est une équipe jeune, de qualité, il n'y a peut-être pas grand-chose à faire pour la remettre en route » . Pas très convaincant quand on s'aperçoit que Châteauroux est tout de même la pire formation à domicile du championnat et que Papin, lui l'ancien buteur marseillais, va devoir sérieusement remanier l'arrière-garde castelroussine, pire défense de L2 (30 buts encaissés). Leader au soir de la 4e journée, la Berrichonne n'a pu surfer sur cette vague de succès et a vu son maître-nageur, Dominique Bijotat, jeter l'éponge à la trêve hivernale. Encore plus beau que David Hasselhoff dans son maillot de bain rouge d'Alerte à Malibu, JPP a été choisi pour remettre le club à flot, avec un contrat qui court jusqu'en 2011.

Le coup médiatique pour Châteauroux, pas vraiment sous les feux de la rampe depuis une décennie, est bien sûr énorme. Plus de 300 supporters ont assisté au premier entraînement dirigé par Papin. Mais si JPP va devoir composer avec la pression du résultat, avec le stress du maintien, il joue beaucoup plus gros. Il n'est pas certain que le milieu ne lui laisse le droit à une deuxième erreur, après le coup de grisou reçu à Lens lors de la saison 2007-2008.

Pas de come-back strasbourgeois

Jean-Pierre Papin n'a pas voulu, ou pas pu, suivre la trajectoire d'un Blanc ou d'un Deschamps. Ce n'est pas à Bordeaux ou à Monaco qu'il a débuté sur un banc mais au FC Bassin d'Arcachon, en Division d'Honneur. Le JPP se fait la main et monte le club en CFA2 à l'issue de la saison 2004-2005. Papin va donc progressivement connaître les joies et les affres du métier, par paliers. Il reprend ensuite une équipe de Strasbourg meurtrie par sa relégation en L2 en 2006 avec pour mission la remontée immédiate. Si les supporters de Bruges, de l'OM ou du Milan sont encore tout émoustillés aux souvenirs des papinades du buteur, ceux de Strasbourg vont un peu déchanter en matant un jeu peu flamboyant mais efficace. JPP s'en fout, il remplit son contrat en accrochant la 3e place, synonyme de retour dans l'élite. Strasbourg refuse mystérieusement de le prolonger ? Pas de problème, Coach Papin s'est taillé une petite réputation. Et c'est vers lui que se tourne le RC Lens pour remplacer Guy Roux fin août 2007. Clap de fin sur une ascension plutôt réussie jusque là.

Car, avec un effectif qu'il n'a pas choisi, Papin ne trouvera jamais la bonne formule. Il va même subir la plus grosse humiliation de sa carrière avec la nomination de Daniel Leclercq en janvier pour « l'aider » . A défaut de trouver la potion magique, « le Druide » devient le vrai patron du secteur sportif. Papin n'est plus qu'une marionnette et se fait virer avec la descente de Lens en fin de saison. JPP jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. Dernier exemple en date : il n'a finalement pas rejoint Strasbourg avec qui tout semblait ficelé en décembre dernier. Pas assez de garanties sportives pour le mercato, pas complètement convaincu par les dirigeants, peur de la décision de la DNCG sur les comptes du club alsacien.

Son choix de venir au chevet de la formation castelroussine, qu'il avait d'ailleurs failli rejoindre en décembre 2008 à la place de Christian Sarramagna, est motivé par la totale liberté dont il disposera. Mais c'est à double tranchant : le succès est, cette fois, impératif. Avec Châteauroux, le président de l'association « Neuf de Cœur » sait, même s'il s'en défend, qu'il abat certainement une de ses dernières cartes.

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