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La danse des Imps

Vainqueur à Burnley samedi lors d’un huitième de finale de FA Cup incroyable, Lincoln City, élève de la cinquième division nationale, a déjà réalisé l’un des plus beaux exploits de l’histoire du foot anglais. Ou comment une institution qui n’espérait plus rien s’est remise à rêver.

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Danny Cowley lévite. Il faut le voir sautiller derrière sa ligne et attendre cette vibration salvatrice. La scène ne dure que quelques secondes, mais le temps, lui, est suspendu. Du haut de ses trente-huit ans, Cowley se contente alors de pointer le doigt vers ses quelque 3000 fidèles massés dans la marmite qu’est Turf Moor. Il vient de comprendre sans vraiment réaliser ce que son armée de rêveurs vient d’achever. Le jeune Sean Raggett n’est plus visible, enfoui sous la masse dessinée par ses potes. Il ne restait que quelques minutes à jouer, une grosse poignée de secondes à tenir pour s’offrir un replay au Sincil Bank avec toute la famille. Pourquoi attendre ? Lincoln City vient d’écrire une ligne majeure de l’histoire de la FA Cup et plus simplement de l’histoire du sport anglais. Simple, le Royaume n’avait pas connu ça depuis 103 ans : une équipe de non-league en quarts de finale de la plus vieille compétition de foot du monde. Sous sa barbe de plusieurs jours, Danny Cowley s’avance et ouvre enfin les yeux : « Peut-être qu’on a redonné un peu de magie aujourd’hui. La FA Cup est une compétition magnifique et toutes les personnes qui expliquent que son esprit est mort n’ont pas mis les pieds à Lincoln lors des six dernières semaines. Elle a galvanisé de nouveau notre club. Un club qui a connu des moments très difficiles ces dernières années et ce parcours l’a fait revenir dans l’esprit des gens de la ville et, bien sûr, un peu dans leur cœur. Il faut savourer. »

Vidéo

Voilà, après Oldham (League One), Ipswich Town (Championship) et Brighton (Championship), les Imps ont découpé Burnley (1-0). En quatre-vingt-dix minutes et grâce à une partition magnifique. C’était samedi. Une soirée qui s’est terminée sur le plateau de Match of the Day pour Danny Cowley, l’homme qui a relevé Lincoln, et son frère, Nicky, qui est son assistant. Un plateau où la doublette a offert un discours fier, expliquant que « les joueurs ne réalisent pas encore totalement ce qu’ils ont fait » , mais où elle affiche également son soulagement de replonger dès mercredi vers l’objectif principal du club qui est un retour en League Two, que les Imps ont quitté en mai 2011. À un détail près : Danny Cowley a fait tomber sa barbe. Pourquoi ? « J’ai pensé que c’était mieux de me raser. Je ne l’ai pas fait pour mon mariage, mais pour Match of the Day, je n’avais pas le choix. »

Deuil et connexion


Il ne faut plus chercher la belle histoire de ce début d’année 2017. Elle est là, sous nos yeux, et il faut en prendre la mesure : une équipe de cinquième division nationale en quart de finale d’une coupe où les exploits existent, mais jamais avec une telle puissance. Samedi, à Turf Moor, Lincoln City a boxé, s’est fait boxer, a failli plier sous les assauts et devant la saloperie théâtrale de Joey Barton, mais a finalement réussi à coucher Goliath sur un coup de tête validé par la goal-line technology. Un scénario plus dramatique est presque impossible, mais cette qualification des Imps est une nouvelle preuve que tout est possible. Tout simplement car il faut regarder dans le rétro et voir d’où revient le Lincoln City FC. Depuis longtemps, le Sincil Bank de la ville n’était plus qu’un lieu de culte où l’on venait se rappeler les premiers exploits de Graham Taylor dans les années 70 – dernier entraîneur à avoir emmené le club en seizième de finale de la FA Cup –, mais pas grand-chose de plus. Surtout depuis que le club a chuté en non-league. Puis, les frères Cowley sont arrivés en mai dernier avec la sensation de se retrouver face à « un club en deuil » . Un club qui n’avait surtout jamais dépassé la treizième place de National League depuis 2011. « Notre premier objectif a alors été de donner une nouvelle vision à ce club, expliquait récemment Danny Cowley dans les colonnes du Guardian. On s’est battus pendant trente-huit ans pour vivre pleinement du foot, donc on est arrivés avec notre enthousiasme et notre fraîcheur. Ce qu’on aime, c’est bosser et ici, on a rencontré des joueurs qui avaient envie de bosser. Moi, je suis supporter de West Ham depuis toujours, donc on voulait aussi faire renaître une connexion forte entre les joueurs, les coachs et les supporters. C’est notre premier succès. »

Reset


Lorsqu’il arrive à Lincoln en mai 2016, Danny Cowley vient alors de quitter son job de prof de sport. Son frère, avec qui il a déjà entraîné à Braintree et Canvey Island, dans l’Essex, aussi. Le premier jour, les deux hommes montrent à leurs joueurs les images de la relégation du club cinq ans plus tôt à l’issue d’une défaite à domicile contre Aldershot Town (0-3) devant près de 8000 personnes. Voilà ce que Danny expliquait au Non League Football Paper il y a quelques mois : « Ce qu’il s’est passé appartient au passé, mais on voulait leur montrer exactement ce que ce club avait été, ce qu’il avait traversé, tout en profitant de ce moment pour leur dire : "C’est parti. Maintenant, on appuie sur le bouton reset." » Cette notion de bouton reset revient souvent dans la bouche des frères Cowley qui ont souhaité bâtir leur propre histoire à Lincoln City en se servant du passé. Simple, en quelques mois, le Sincil Bank a commencé à se remplir de nouveau, notamment grâce au parcours en FA Cup, les Imps sont leaders de National League, et certains supporters – avec au premier rang ceux qu’on appelle les VIP fans qui, moyennant 1200 livres sur cinq ans, ont une voix décisionnaire au club – n’hésitent pas à dire que la paire a réveillé l’esprit de Graham Taylor. Forcément, Lincoln City a déjà soulevé un chèque énorme – estimé à environ un million de livres – qui sera utilisé pour renforcer l’effectif et les infrastructures l’an prochain après avoir épongé quelques dernières dettes il y a quelques mois. Un effectif qui mélange le cœur du capitaine Luke Waterfall, celui du puissant Jack Muldoon devant ou encore du gros Matthew Rhead qui bossait encore à l’usine il y a quelques mois avant de s’embrouiller avec Barton samedi. Les Imps ont retrouvé la vie, la FA Cup avec et ce n’est que le début de l’histoire. Prochain chapitre : le 11 mars prochain.

Par Maxime Brigand
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