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La croix de Cristiano Ronaldo

Ce soir, Real et Barça refont le monde et Cristiano Ronaldo croise à nouveau celui que les autres préfèrent. Lionel Messi sera encore Ballon d’Or à la fin de la saison parce que c’est la vie. Et la vie est parfois injuste.

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L’histoire est bien trop cruelle avec les rêves d’enfant. Un être peut quitter sa famille à 11 ans, rencontrer son destin à Lisbonne, déménager pour le Nord de l’Angleterre, pleurer tous les soirs dans un lit d’adolescent, devenir l’idole d’un pays, perdre son père à 20 ans, enfiler les buts, s’enivrer de passements de jambes, inventer une façon de frapper les balles et devenir (une fois) le meilleur joueur du monde. Cet homme peut marquer 142 pions en 144 matchs, frapper au but toutes les 13 minutes, renverser Di Stefano, Puskás ou Raúl en marquant 60 buts durant la même année. Mais ce héros aura beau se tuer à l’ouvrage, dépasser les plus vieilles légendes et renverser les plus beaux tableaux de chasse, il ne gagnera jamais les cœurs.

D’ailleurs, dimanche dernier, contre Valence, Cristiano Ronaldo n’y était pas. Ceux qui étaient présents ne l’ont pas vu provoquer, s’engouffrer dans les espaces, frapper au but, avoir l’air furieux après un dribble et juste après être heureux de montrer ses muscles. Cristiano n’a pas cadré une seule de ses 5 tentatives. Sa dernière panne remonte à Santander l’an passé. Ce soir-là, le Sardinero avait maintenu sa cage inviolée et le Real n’avait tiré que deux fois au but. C’était la quatrième journée de Liga, le Real enchaînait un deuxième nul et Ronaldo était en colère. Pourtant dimanche, à la sortie des vestiaires, Ronaldo est un autre. Le Real entame moyennement sa saison, mais Cristiano est souriant et même plutôt honnête : «  Je ne suis pas encore à mon meilleur niveau. » C’est vrai que l’Euro s’est terminé tard pour lui et qu’il a manqué 10 jours de préparation. C’est vrai qu’il faisait 38 degrés à 21h à Madrid et que la défense de Pereira a quelque chose d’oppressant par ces températures. C’est vrai, surtout, qu’être un héros est épuisant.

Concours de Miss

Mais il y a quelque chose de plus grave. Malgré une saison époustouflante, un titre de champion, 60 buts marqués (dont un décisif contre le Barça), une demi-finale de Champions et une demi-finale à l’Euro, le héros portugais a quelque chose de tragique. Cristiano n’est pas un miraculé du football. Sa carrière est le fruit de choix rationnels et d’arrachements personnels, à son île, à son pays, à sa langue, à sa famille. Il en faut pour quitter tout à l’âge où d’autres rêvent d’une nouvelle bicyclette ou d’une partie de foot improvisée sur le bitume. Mais pour être le plus grand de tous, il faut savoir renoncer aux délices de la vie d’enfant. Pour connaître des joies d’exception, il se prive donc des plaisirs de tous. Cristiano sacrifie tout pour provoquer son destin. Il quitte Manchester et signe au Real, pour faire plaisir à sa mère et que les siens soient fiers de lui. Le plus grand joueur du monde signe dans le meilleur club du monde. Il devient l’homme le plus cher de la planète foot et il en est fier, car il réalise son rêve. Tant pis pour la morale.

Mais c’est alors qu’en apparaît un autre. Celui-là est plus petit, plus rapide, plus gentil, plus mignon peut-être. Mais il tient son ballon comme un os, il le ronge, qui sait, comme pour en tirer encore un peu de moelle et la recracher dans les buts adverses. Les gens l’aiment parce qu’il marque et ne parle pas. Le petit Messi ne raconte jamais ses rêves d’enfant. Il faut croire que le silence sied mieux aux héros. Enfermé dans sa villa au bord de la plage, on ne saura jamais rien de ses étés ni de ses conquêtes. Personne ne se demandera s’il sait être décisif dans les grands matchs. Lui, on ne l’a jamais vu pleurer pour un pénalty raté, cracher sur une caméra pour un match perdu ou demander à un stade entier de fermer sa bouche après un but. Cristiano est un sprinter. Messi est un Kényan.


Evidemment

Le petit Léo n’a plus besoin de gagner pour être le numéro un. En 2010, il n’a pas eu besoin de finale de Coupe du monde ou d’autres friandises pour amadouer le jury. Il aura suffi de 34 buts, une Liga et surtout 15 buts en 9 matchs en période de vote pour le trophée pour convaincre les derniers réticents. Le Ballon d’Or était promis aux Espagnols champions du monde, c’est Messi qui a fait l’unanimité. Ce soir, dans les couloirs du Camp Nou, Ronaldo sera le seul à croire encore en ses chances pour le Ballon d’Or, l’objectif de sa vie. Peut-être même le gagnera-t-il sur un coup de dé. Mais peu importe. Cristiano Ronaldo restera le numéro deux. Car même s’il le gagne, la moitié de l’humanité en voudra aux jurés, aux journalistes et à quiconque aura osé discuter l’hégémonie de l’Argentin. Messi est le numéro un parce qu’il a compris de quoi sont faits les génies : d’évidence.

Thibaud Leplat, à Madrid
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